Protéger ses textes

Il ne faut pas avoir inventé le fil à couper le beurre pour comprendre qu’Internet est un formidable outil de diffusion, en particulier pour les auteurs. Aujourd’hui, grâce au Web, n’importe qui un tant soit peu persévérant peut trouver ses lecteurs, peut dénicher un public. J’en veux pour preuve, cher lecteur, que vous ne me connaissez certainement ni d’Ève ni d’Adam, et que vous êtes pourtant en train de lire les quelques lignes de cet article. Cela aurait été tout bonnement impensable il y a des années de cela.

En contrepartie, n’importe qui peut avoir accès à tous les textes que vous aurez mis en ligne, voire les utiliser à ses propres fins pour peu qu’il ne soit pas totalement honnête. Le vol de texte, c’est la hantise de la plupart des auteurs qui se risquent à placer leurs romans ou autres créations littéraires sur Internet, c’est aussi ce qui pousse certains à préférer garder jalousement leurs textes, pour être sûrs de rester à tout jamais en leur possession.

Aujourd’hui, je vais tâcher de m’atteler au sujet délicat de la protection des textes, car c’est une problématique qui touche finalement de nombreux auteurs qui s’essaient à l’Internet. N’ayant pas de formation de juriste à proprement parler, je vais traiter le sujet le plus simplement possible, et j’encourage quiconque de plus informé à enrichir cet article via les commentaires. En attendant, je vais toujours vous raconter ce que j’en sais, ce qui pourra je l’espère vous éclairer si vous êtes vous-même préoccupé par cette problématique !

Le droit d’auteur

Pour commencer le sujet sur les meilleures bases, écrivons quelques lignes sur le droit d’auteur. Une première bonne nouvelle ? Le droit d’auteur vous est dû ! A partir du moment où vous écrivez un texte, vous possédez les droits d’auteur sur ce texte. A condition bien sûr de vous être illustré par votre originalité et la « marque de votre personnalité » (autrement dit, dans les grandes lignes, ne pas avoir plagié ou copié un autre texte).

« Parfait ! » vous dites-vous, réjoui au possible, « J’ai les droits d’auteur sur mon livre, je peux enfin tout balancer sur le net, c’était pas si difficile !« .

Pas si vite l’ami ! Car si vous possédez naturellement les droits d’auteur sur vos textes, encore faudra-t-il être en mesure de prouver que vous êtes bien l’auteur en cas de litige.

Je m’explique : si je copie-colle votre roman, que je m’occupe de quelques démarches pour faire croire à tous que j’en suis l’auteur, puis le fait éditer chez Gallimuche. Vous aurez beau me trainer en justice, je serai le seul à avoir des preuves de « ma » paternité sur le texte, et pourrais vous gratifier d’un rire vil et machiavélique en vous montrant tous les billets que j’aurai amassé grâce à votre travail.

Comment protéger ses textes ?

Vous devrez donc vous assurer d’être en mesure de prouver votre paternité sur le texte. N’importe quel site ou blog destiné aux auteurs vous le dira (à part le souffle numérique avant aujourd’hui…), il existe différentes manières de protéger vos textes.

Dans tous les cas, l’idée est de déposer votre texte pour prouver que vous le possédiez à une date t, qui sera forcément antérieure à celle d’un éventuel litige.

Les solutions qui s’ouvrent à vous sont les suivantes :

Protéger un texte court

Pour un texte court (un maximum de sept feuilles en format A4), vous pourriez utiliser une enveloppe Soleau, qui protégera votre texte auprès de l’INPI, ce qui est donc sûr à 100%.

L’enveloppe vous coûtera 15€, plus les quelques frais d’impressions.

S’envoyer un roman par la poste

Pour des textes plus longs, la vieille combine des auteurs est de s’envoyer à soi-même son œuvre en lettre recommandée, à condition de sceller correctement l’enveloppe.

Le cachet de la poste faisant foi, la lettre pourrait vous aider à prouver votre paternité, même si la méthode n’est pas forcément sûre à 100% !

Avec les frais d’impression, le coût de la lettre et tutti quanti, vous devriez vous en sortir pour une trentaine d’euros.

La protection juridique d’un roman

La méthode la plus sûre pour des textes longs est d’entamer une démarche plus administrative. Vous pouvez par exemple passer par un notaire ou un huissier de justice, ou encore avoir recours à une société d’auteur (comme la Société des gens de Lettres).

Le tarif sera alors nettement plus élevé, je dirai à la grosse louche une centaine d’euros pour couvrir tous les frais.

Pour en savoir plus sur le droit d’auteur et les moyens de protection je vous invite à consulter la page de l’INPI sur les droits d’auteur, qui m’aura aidé à écrire cet article… Article qui n’est pas encore fini !…

Pourquoi ne pas protéger ses textes ?

Comme j’aime m’appliquer à me tirer des balles dans le pied, je suis bien décidé à rendre toute la première partie de cet article inutile, en avançant quelques arguments contre la protection de vos textes. Car avant de sortir la carte bleue, il me semble important de réfléchir à ce que vous désirez protéger, à ce que vous craignez et à combien vous êtes prêts à investir dans la protection de vos textes.

Pourquoi protéger vos textes ?

En premier lieu, il convient de réfléchir à la raison qui vous pousse à vouloir protéger vos textes :

  • Parce que vous les envoyez à une maison d’édition ? Ce n’est pas forcément idiot, mais pour peu que l’éditeur en question soit un tant soit peu réputé, il y a peu de chance qu’il s’amuse à voler vos textes. Et s’il y a une probabilité que votre texte se perde en route et tombe entre les mains d’un voleur de textes, il y a aussi une probabilité que vous trouviez une mine d’or et de diamants dans votre sous-sol, juste au-dessus d’un puits de pétrole.
  • Parce que vous voulez les placer sur Internet ? Encore une fois, il paraît normal de vouloir protéger son texte quand on l’expose à un public inconnu. Mais là encore, votre texte vaut-il vraiment la peine d’être protégé ? Il y a de fortes chances que vous ayez déjà envoyé ledit texte vers des éditeurs, sans peut-être avoir reçu de réponses. Pourquoi un inconnu aurait plus de chances de publier le même texte ? Et quand bien même il y parviendrait, pour quels résultats ? S’il a de la chance, peut-être quelques centaines d’euros. Cela serait prendre beaucoup de risques et employer beaucoup d’efforts pour si peu… Si le vol de romans en ligne était un bon créneau pour les escrocs, cela se saurait !

Pourquoi diffuser vos textes ?

A présent, vous me direz que vous ne tenez pas à ce que l’on s’accapare l’œuvre de votre vie. Soit ! S’il s’agit en effet de l’œuvre de votre vie, votre chef d’œuvre absolu, protégez-la comme un nouveau-né, et n’ayez pas l’idée saugrenue de la diffuser sur Internet !

Si ce n’est pas le cas, que risquez-vous ? Pas grand chose au final. Vous gagnez même à diffuser vos textes sur Internet, ne serait-ce que pour avoir de premiers avis de lecteurs, mais aussi quelques conseils sur votre écriture et vos textes. Car vous avez beau penser tenir un petit bijou littéraire entre les mains, qui vous dit que c’est vraiment le cas ?

Finalement, l’idée de protéger ses textes (ou plutôt de payer pour protéger ses textes) me paraît dangereusement proche du vanity publishing. Pas étonnant d’ailleurs que de multiples services payants vous proposent de protéger votre œuvre, car le créneau des escrocs, c’est bien là qu’il se trouve : l’argent n’est pas dans votre texte amis auteurs, mais dans votre poche…

Voilà donc comment je vous conseille de protéger vos textes : en gardant les mains dans les poches ! Oh, et si jamais votre roman contient la formule qui transforme la boue en or, dans ce cas-là courrez-vite à l’INPI, entourez-vous d’huissiers et de gardes du corps, faites-vous tatouer la formule sur le corps, tuez tous ceux qui seraient au courant, brûlez votre ordinateur,… Dans le cas contraire, libre à vous de faire votre choix !

Crédits photo

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8 réflexions sur “Protéger ses textes

    • Merci de ne pas prendre mes conseils trop au pied de la lettre. La rédaction ne saurait être tenue responsable en cas de dégradation de votre matériel informatique suite à la lecture de cet article ! 😉

  1. Merci pour les bons conseils. j’avais déjà décidé de laisser mon roman pour le soumettre ultérieurement à un éditeur. je ne publie sur mon blog que des textes courts qui ne risquent surement pas d’être volés, mon but c’est d’acquérir une notoriété sur Internet.

  2. J’écris depuis plusieurs années et je protège mes droits d’auteurs en me faisant parvenir par courrier bien celé et recommandé ,une copie de mon manuscrit.

  3. Bonjour ! Merci pour tout ces articles conseils. Alors la question que je me pose c’est : si je met sur mon blog une nouvelle, pourrais-je l’envoyer quand même à un éditeur (et à ce moment là je la supprime de mon blog) ? J’veux dire le texte doit être inédit non ? Merci de votre avis 🙂

    • Difficile de répondre à votre question : tout dépend de la politique de l’éditeur ! À priori on peut considérer qu’une nouvelle uniquement publiée sur votre site reste inédite, parce qu’elle n’aura pas été commercialisée et ne sera plus disponible ailleurs si vous la supprimez du site.

      Malgré tout, si vous souhaitez absolument faire éditer une nouvelle, il peut être plus prudent de ne pas la partager en premier lieu, ou tout du moins de ne pas indiquer ouvertement qu’elle est partagée.

  4. Bonjour !
    Merci pour cet article. Il a un peu déridé ma peur de diffuser mes créations et mes écrits sur le net. J’ai beaucoup aimé le passage avec la mine d’or au dessus du puits de pétrole ^^ Ça représente bien des craintes qui sont souvent plus grosses que nous !
    Je te souhaite de continuer à écrire tes articles, ils sont très agréable à lire !

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