Créer votre univers

Nombreux sont les écrivains à savoir « emporter » le lecteur dans leur roman, à lui faire oublier un temps sa propre existence pour se plonger dans celle des personnages, et les suivre avec passion jusqu’à la dernière page. En tant que lecteur, vous pouvez vous interroger sur ce qui vous a fait entrer avec tant d’enthousiasme dans tel ou tel roman. Souvent, on parlera d’une intrigue solide, ou de personnages attachants. On pense rarement à citer l’univers du roman, tout simplement car ce n’est pas un élément qui saute aux yeux, mais sans lequel nombre de très bons livres ne seraient pourtant que des scribouillardises sans nom !

L’univers, qu’est-ce que c’est ?

J’entends par là tout ce qui sert de toile de fond à votre roman : les décors, les villes, les pays, les personnages secondaires,… Bref, nombre de choses qui sont quais inutiles à la fois pour les personnages principaux et pour la trame, mais qui changeront du tout au tout la qualité de votre roman. Ne commettez pas l’erreur de penser que l’univers n’est important que pour les auteurs de SF ou de Fantasy ! Votre fiction ou votre roman historique ne seront rien si votre univers n’est pas abouti, si vos villes ne sont pas présentées de manière crédible, si aucune présence n’émane des quartiers et autres ruelles que vous dépeindrez. Imaginez une série télévisée avec des acteurs talentueux et un scénario infaillible, mais aux costumes foireux et aux décors minables. Avouez que vous ne mettriez pas une seconde avant de zapper pour une énième rediff’ des Simpsons sur W9 ! Le lecteur fera pareil avec votre roman si vous n’avez pas su étoffer votre univers. Heureusement, voici pour vous quelques conseils pour nous peindre un univers infaillible !

  • 1 – Documentez-vous : Le premier conseil, qui est valable pour tout type de romans. Un bon auteur, s’il veut convaincre, doit savoir se documenter pour offrir une vision précise de son univers. Nombreux sont les auteurs de polars à contacter des médecins légistes ou des policiers pour donner plus de profondeur à leur récit. Si vous donnez dans le roman historique, renseignez-vous comme il se doit sur l’époque décrite, et évitez les anachronismes ! Pour autant, ne vous perdez pas non plus sous des tonnes de documentation, surtout si vous écrivez une fiction. Il ne s’agit pas d’assommer le lecteur par des descriptions savantes au possible, mais de lui montrer que vous savez de quoi vous parlez et de rendre votre univers réaliste.
  • 2 – Visualisez votre univers : Avant de chercher à toucher le lecteur, il faut savoir vous toucher vous-même ! Si cette phrase peut paraître perverse dans l’esprit des plus tordus d’entre vous, c’est également un bon conseil d’écriture. Tâchez toujours de visualiser ce que vous décrivez. Si vous parlez d’une ville existante, essayez de vous y rendre, ou tout du moins de trouver des photos de cette ville. Si vous créez une ville, ou à plus grande échelle un pays ou un monde, essayez toujours de les visualiser clairement. N’hésitez pas à faire des schémas ou des croquis pour appuyer votre pensée. C’est uniquement en ayant une vision claire de votre univers que vous pourrez transmettre cette vision à vos lecteurs !
  • 3 – Gardez le ton : Le ton d’un roman aide grandement à l’immersion du lecteur. Si vous dépeignez un univers décalé pour un livre drôle et destiné à faire rire le lecteur, faîtes de votre narrateur un vrai clown. En revanche, si votre récit est dramatique, gardez un narrateur neutre s’il est externe ou omniscient, et plutôt « torturé » s’il est interne. Vous ne toucherez pas les cordes sensibles du lecteur si votre ton n’est pas adapté, et risquez même de le perdre et/ou de le décevoir !
  • 4 – Soignez les personnages : Ce conseil peut paraître stupide de par son évidence, mais il faut absolument faire attention à créer des personnages crédibles ! Les personnages participent grandement à l’univers. Que ce soit dans leur attitude, leur façon de parler, leurs vêtements, les personnages doivent parfaitement intégrer l’univers. Sachez soigner avec le même scrupule les personnages principaux, secondaires et les « figurants ».
  • 5- Evitez les clichés : Il y a toujours un peu de cliché dans chaque roman, mais il ne faut pas céder abondamment au cliché. Si vous écrivez de la Fantasy ou de la SF, le cliché vous fera paraître comme un pâle copieur sans inspiration. Si vous écrivez un roman « réaliste », le cliché viendra briser toute immersion en rendant vos personnages et votre récit peu crédibles. Qu’est-ce que le cliché ? A vous de voir ! Le cliché peut-être le cruel méchant aux yeux aussi noirs que son cœur, le super gentil sans un défaut, qui ne se cure même pas le nez, l’histoire d’amour sans profondeur qui éclate au premier regard et durera toute une vie, etc. En plus de nuire à votre récit, le cliché pourra nuire à votre lecteur, ce qui serait dommage ! En général, toute scène hollywoodienne ou Walt-Disneysque s’approchera du cliché !
  • 6- Soignez votre vocabulaire : Non, ce n’est pas une remontrance de vot’ maman, mais un conseil d’écriture ! Sachez, dans vos dialogues tout comme dans vos descriptions, adopter un vocabulaire choisi. Si votre narrateur est un alcoolique notoire issu du fin fond des trottoirs (merci pour la rime !), il ne sera pas du genre à utiliser un vocabulaire soutenu ! En tant que narrateur, utilisez donc un vocabulaire précis qui rendra honneur au récit, ce qui passera parfois par certaines recherches, notamment si vous écrivez de la Fantasy ou de l’historique. « Le chevalier enfila ses baskets et passa sa lourde armure au dessus de son T-shirt. Un coup d’œil sur sa montre et il réalisa qu’il était à la bourre pour son tournoi. » sont des phrases qui ne passeraient que dans un roman humoristique ! N’hésitez pas à user et abuser d’un vocabulaire ancien en Fantasy ou futuriste en SF, et sachez jouer avec les mots ! Si vos personnages sont amenés à faire de l’humour, le lecteur appréciera de tomber sur des blagues originales et en rapport avec votre univers.
  •  7- Utilisez vos cinq sens : Certains auteurs se contentent de solliciter uniquement la vue de leurs personnages, et par là même de leurs lecteurs ! Vous conviendrez pourtant qu’il est nettement plus immersif de vivre pleinement un évènement plutôt que de se contenter de l’observer. Sachez donc utiliser les autres sens de vos personnages : l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher. Le lecteur sera plus à même de se sentir intégré au récit s’il peut complètement s’imaginer dans votre univers, ou si, mieux encore, ce dernier lui rappelle des souvenirs, bons ou mauvais.
  • 8 -Soignez l’arrière-plan : Terminons par ce dernier conseil, et non des moindres, pour parachever votre univers. L’arrière-plan, dans votre roman, sera tout ce qui ne sera pas vital à l’intrigue, mais apportera de la matière à votre univers. Votre héros est un inspecteur qui vient rendre visite à un informateur dans le pire bar de la ville, tâchez de rendre l’ambiance crédible ! S’il n’y a pas de la fumée de cigarette partout, un groupe de motards à l’arrière, ainsi que des cris et des chants de truands passablement ivres, personne n’y croira ! La difficulté est toujours de laisser l’arrière-plan… en arrière ! Il ne s’agit pas de noyer votre récit dans des descriptions de choses inutiles, mais de savoir semer ça et là quelques phrases qui plantent le décor ou évoquent des « figurants » qui viennent enrichir votre univers ! Un travail minutieux dont le lecteur ne se rendra pas forcément compte, mais qui l’aidera grandement à être captivé par votre roman !

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23 réflexions sur “Créer votre univers

  1. On pourrait croire que tu as lu les livres sur l’écriture que je recommandais dans un de mes anciens articles ! C’est tout à fait pertinent et ce sont en effet les conseils que l’on retrouve le plus souvent. Concernant les clichés, il me semble que c’est mon cher Orson Scott Card (oui, je sais, il est mormon) qui a dit qu’ils pouvaient être utilisé mais seulement pour les figurants : dans ce cas, ils sont souvent pertinents. Pour éviter les clichés, il préconise autrement de toujours réfléchir à une deuxième possibilité, la première étant bien souvent un cliché.

  2. Je déteste les descriptions… Aaaargh ! Je suis épinglée : voilà, je décris peu mes personnages, je décris peu l’univers dans lequel ils évoluent. Je ne dis pas qu’il n’existe pas, mais comme ce sont des villes connues (de moi surtout, mais bon), je vois pas l’intérêt de ralentir le récit en décrivant une maison en briques de type 1930 comme il y en a des milliers ici ou de décrire un musée comme celui du Louvre.
    J’espère que ce n’est pas trop grave 😉 et on va dire que j’ai envie que les gens découvrent par eux-même (voilà on mettra ça sur la volonté d’inciter la curiosité des gens plutôt que sur ma paresse et mon dégoût des descriptions… 😛 )
    Je le fais aussi parce que 1) les personnages n’ont pas de tête dans ma tête, 2) les lieux ne sont pas si importants en général pour moi, 3) en tant que lectrice, je déteste imaginer une chose qui est contredite par l’auteur par la suite… genre un bâtiment de tel sorte, qui finalement est complètement différent ou pire ! un personnage que je vois brun et qui est blond en vrai XD

    Sinon, pour le vocabulaire, je conseille de vraiment utiliser un vocabulaire adapté autant pour la partie narrative que pour les dialogues. Ca donne de la cohérence au récit (la dissociation de style narration/dialogue est très difficile à maîtriser, laissez tomber si vous débutez ! Tiens ça me donne une idée d’article de blog ça… merci !)

  3. @JBB Alors là je vais rougir, parce que c’est un véritable compliment ! Non, je n’ai pas lu ces ouvrages. Je me suis inspiré de mon écriture, mais aussi et surtout des différentes beta-lectures que j’ai faite. Voir les défauts des autres et la meilleure manière de trouver les siens, et de récolter de précieux conseils au passage ! 😉
    Après, petite note, il faut dire que je suis particulièrement (trop) pointilleux sur l’univers du bouquin. J’aime tout créer, imaginer jusqu’au moindre caillou, et surtout, je déteste l’incohérence !

    @Paumadou Des conseils d’écriture ne sont de toutes manières jamais universels ! N’importe qui pourrait sans doute invalider ces conseils en une seconde, et à chacun de les adapter à son écriture !

    Maintenant que tu me dis ça sur ton style, je vais lire Absences avec plus d’attention encore, et voir quel impact ça donne sur l’histoire. De toutes manières, j’avais déjà remarqué qu’Absences était davantage orienté vers la psychologie des personnages, ce que je trouve très bien !

    Au sujet de l’idée d’article de blog que ces conseils t’ont inspirée, je te prierai de me la rendre immédiatement. Cet article était sous DRM mental, il t’est donc interdit d’exploiter les pensées qu’il aurait pu générer chez toi. 😉

    • Nan ! Je suis une méchante pirate qui vole les idées des autres et les lancent à qui veut bien les attraper ! Mouhahahah !

      J’avoue aussi que quand on me dit « C’était un salon à la décoration chargée » ça me suffit. Pas besoin de me décrire les motifs du tapis, le nombre de coussins sur le sofa, les trois épaisseurs de rideaux et leurs types de tissages (sergés, 1/1 et jacquard pour le plus cossu à fils d’or), ni les dizaines de photos sur le buffet. En fait, j’ai une bonne imagination pour voir les choses avec un minimum de mots, pas besoin de me les décrire (et tant pis si ça ne correspond pas exactement à ce que l’auteur veut m’imposer de son univers : je me suis battue avec idmuse parce que son personnage était blond et que dans ma tête il était brun ! mais j’ai le droit de le voir brun si je veux d’abord ! 😛 )
      Tout le monde sait à quoi ressemble un salon, une chambre, un bureau, un jardin… On a tous sensiblement les mêmes autour de nous ! Après, je n’écris pas de SF ou de Fantasy, je n’ai donc pas besoin de décrire des endroits que personne ne connaît 😉

  4. Pingback: Paumadou » Style de narration / Style de dialogues

  5. Article très intéressant et très pertinent aussi 🙂 Avant j’étais comme Pauline, je décrivais peu mes univers et mes persos, mais après avoir plusieurs fois essuyé la même remarque sur CoCy, je me suis dit qu’il fallait peut-être m’y mettre.

    • Merci beaucoup !

      Pour toi qui écris du fantastique, qui joue sur l’ambiance et les « décors », l’univers joue en effet beaucoup ! D’ailleurs, si tu pouvais écrire ton prochain livre uniquement sur l’asile de fous d’Emily Buckley , je serais fan ! 😀

    • Tu écris de la SF aussi, ça explique peut-être cela. Moi, je me base sur le fait que mon lecteur à en majorité le même style de vie que le mien (vie occidentale) et donc les mêmes références niveau univers/environnement. Mais je ne fais pas dans la SF non plus…

      Je pense qu’il ne faut pas s’y mettre juste parce que le lecteur aimerait en avoir d’avantage. Effectivement si dans l’histoire, les choses doivent être décrites pour que ça fonctionne, c’est un défaut du texte à corriger. Mais si c’est juste parce que d’habitude, dans ce genre de texte, il y a des descriptions, alors ce n’est pas une obligation : c’est au contraire entrer dans les clichés du genre (décrire l’intégralité du mobilier urbain avant d’entrer dans l’action, ça ne m’intéresse pas, même dans le steampunk et ses lampadaires-cadrans solaire-qui font le café. On ne peut pas rivaliser avec le dessin, la photo ou les films, il faut se concentrer sur le propre de l’écriture : décrire ce qui ne peut pas être représentée par les arts visuels ou le décrire d’une manière différente – et là ça peut devenir intéressant !)

  6. Pingback: Ma revue de presse web du 11 au 24 octobre 2011 | JBB, écriture & lecture numérique

  7. je suis un très gros lecteur et c’est avec grande joie que j’ai lus l’article. Je lis des livre comme le Seigneur des anneaux ou encore Eragon. Et parfois je me dis qu’il y a trop de descriptions et c’est ce qui m’énerve justement le trop de descriptions chez certains auteur. Mais bon, heureusement ce ne sont pas tous les auteur qui utilisent les trop de descriptions.

    Sinon si tu as quelque petits conseil pour un bon petit roman policier, je suis preneur :). J’en ai une mais peut-être que l’article va m’aider mais je sais pas comment écrire le dit roman.

    • Merci pour ce commentaire ! 🙂

      Je ne suis pas très roman policier à vrai dire, et il faut dire que ce ne sont pas les textes les plus simples à créer, mais écrire un article à ce propos pourrait être intéressant. Je garde l’idée sous le coude pour les semaines à venir ! 😉

  8. Bonjour,
    Article très intéressant, dont le lien m’a été transmis par ma « Marraine » en écriture 🙂
    Lorsqu’elle me demande de lire quelque chose, je m’exécute 🙂
    Et donc pour revenir à ce que je dis ci-dessus, très chouette article, concis, qui aborde en quelques points, des éléments centraux dans la description d’un univers.
    Ceci étant dit, j’ai toujours été divisé entre le fait de décrire ou de ne pas décrire. Entendons-nous, un minimum de description me parait nécessaire. Ne fusse que pour stimuler l’imagination du lecteur. D’un autre côté, je suis également d’accord avec les propos d’un intervenant précédent, sur ce fil, qui expliquait que pour lui (ou pour elle ?) il n’était pas nécessaire de décrire chaque photo sur le mur, les couleurs des tapis, les motifs des coussins, etc… voir même de préciser la couleur de cheveux d’un personnage. Je pense par exemple me souvenir que dans le roman « Labyrinthe » que j’ai lu l’été passé, les personnages ne sont que grossièrement décrits (grand, petit, enrobé, svelte) et on les « ressent » d’avantage au niveau de leur caractère, qu’au niveau de leur physique. En effet, qu’est ce que la couleur de cheveux du personnage peut-il apporter à l’intrigue ou au plaisir de lire ? Personnellement, je ne vois pas. Sauf si bien entendu, la couleur des cheveux a un sens, une raison d’être.
    M’étant lançé dans l’écriture d’un roman entre Sf et anticipation, je me rends compte que décrire l’environnement, le bestiaire, les bâtiments et ce qu’ils sont devenus, est effectivement un élément important. Mon seul souci est de trouver le juste équilibre sans que cela soit ressenti comme une frustration par le lecteur en donnant trop peu, ou de trop, d’indications. Et parvenir à équilibrer le rythme de la narration en placant les passages descriptifs au meilleur endroit.
    Bref, un jeu d’équilibriste, qui je suppose, je l’espère, devient plus facile avec le temps et l’expérience.
    Merci encore pour cet article.
    Et merci à ma Marraine de me l’avoir conseillé.
    Yves

    • Merci pour vos remarques, et merci à votre marraine d’écriture de conseiller mon site ! 😉

      Vos remarques et questions sont très intéressantes, et elles pourraient d’ailleurs être un excellent sujet d’article (je prends note ! 🙂 )

      À vrai dire, le fait de décrire ou non est un choix purement stylistique. Je pense que certains aiment lire et/ou écrire des récits richement détaillés, tandis que d’autres préfèrent la simplicité.

      Le tout est selon moi de décrire suffisamment pour ne pas perdre le lecteur (c’est en effet essentiel dans un texte de fantasy ou de SF, ou le moindre terme inconnu doit être expliqué), sans tomber dans le cliché de tout décrire. Une description trop précise peut facilement tuer le rythme d’un récit. Au contraire, on peut aussi utiliser des passages descriptifs pour apaiser un peu un récit un peu trop rapide.

      Effectivement, c’est un peu un « jeu d’équilibriste ». L’essentiel est de savoir différencier au final les descriptions superflues des descriptions utiles, et de mettre en valeur les passages qui manquent de descriptions.

  9. Bonjour, après lecture de cet enrichissant article, j’ai une question au sujet du lexique que vous conseilleriez d’utiliser en fonction des univers choisis. Imaginons que mon roman se passe dans une chine d’époque ming. Lorsque je vais parler des vêtement, est-ce que je doit dire directement le nom précis du vêtement (par exemple Zhiduo ou Hanfu) au risque de perdre le lecteur, ou dois-je utiliser un nom plus générique mais aussi plus compréhensible (« robe » tout simplement). Bien sur, je peut également combiner les deux en le présentant une première fois avec une rapide description de l’objet (« Elle portait un Hanfu dont les longues soies colorées dansaient à chacun de ses mouvements »), auquel cas, j’ai peur que le lecteur oublie rapidement de quoi il est question.
    Autre interrogation dans la prolongation de cette dernière; Si on créé un univers fictif mais inspiré d’une civilization réelle. Me conseillez-vous de reprendre le lexique d’origine de cette civilisation ou d’en créer un qui nous soit propre ?
    ( Dans la litterature à ma connaissance, j’ai vu chacun de ces exemples exploité, ce qui ne m’a pas aidé à trouver réponse à cette question…)

    • Tout dépend du type d’ouvrage que vous écrivez ! 🙂 Si vous rédigez un texte avant tout axé sur l’Histoire, libre à vous d’utiliser un lexique très enrichi. S’il s’agit avant tout d’une fiction et que vous ne souhaitez pas effrayer les lecteurs non historiens, mieux vaut ne pas abuser des références trop précises.

      Une alternative peut être d’utiliser des notes en bas de page pour donner la définition d’un mot complexe, la première fois qu’il apparaît. La difficulté étant que si le terme en question n’est pas réutilisé à plusieurs reprises dans le texte, le lecteur pourrait avoir oublié sa signification entre deux occurrences du mot, comme vous l’avez deviné.

      Mon avis sur ce point est de savoir rester simple la majorité du temps, quitte à se permettre quelques détails de temps à autres qui permettraient de montrer votre connaissance du sujet et de renforcer la cohérence de l’univers. Libre à vous par exemple de décrire ce qu’est un Hanfu dans une partie de l’intrigue qui justifierait cette description, puis d’utiliser le terme « robe » le reste du temps. Si vous utilisez peu le terme Hanfu, vous pouvez aussi rappeler brièvement ce qu’il signifie lorsque vous le réutilisez. Exemple : « Il lissa du doigt le pli de soie de son Hanfu. Sa robe cérémonielle contrastait avec les vêtements plus modestes des personnes qui l’entouraient. »

      La seconde question est aussi riche d’intérêt que délicate à traiter ! 🙂 Je pense qu’il est intelligent de conserver des termes connus de tous lorsqu’on s’inspire d’une civilisation de manière évidente (par exemple des mots tels que « katana », « Samuraï », etc.), pour la bonne et simple raison que créer un vocabulaire complet pour tout redésigner va tout simplement perdre le lecteur. Il faut simplement faire attention avec des termes qui seraient trop incohérents (l’adjectif « asiatique » par exemple, n’a pas lieu d’être dans un monde où l’Asie n’existe pas).

      Vous pouvez éventuellement créer de nouveaux mots pour des éléments clefs du récit, et qui seront souvent réutilisés (par exemple un nom de caste, un nom d’animal ou un nom de Dieu).

      Le piège à éviter, vous l’aurez deviné, est que chaque page contienne des dizaines de mots inconnus du lecteur, et que cela le sorte complètement du récit plutôt que de le plonger dans votre univers ! 😉

      • Merci de toute coeur ; Réponse riche et instructive au possible ! Voilà qui me donne envie de quitter le boulot en toute hâte pour me replonger corps et âme dans de fascinantes descriptions 😀

  10. Bonjour, je désire créer un univers fictif autour d’un jeux vidéo : THE DIVISION , d’ubisoft. J’ai plusieurs questions sans réponses : j’ai déjà établi les bases, pour moi, l’histoire que je créerais sera une suite du premier volet et en se sens, je désire dvp une histoire originale Et fidèle au premier volet (avec clins d’œil et fan service ) , si vous le voulez bien, j’aimerais tout d’abord connaître les fautes essentielles à ne pas commettre et les libertés que l’on peut s’accorder par rapport au fait que l’histoire du 2eme ait un lien direct avec celle du premier ( situation politique, économique, géopolitique et leurs évolution etc ……(oui je vais chercher loin –‘)). Pour faire bref, l’histoire se déroulera 5 ans après le premier volet et se situera à Tokyo au Japon (je suis encore à chercher à allier une situation géopolitique sous tension entre ce meme pays et ses grand voisins (Russie et Chine) et une épidémie dévastatrice au cœur de cette même ville sans que tout cela dégénère en guerre mondiale, bref c’est le melli-mello dans mon esprit –‘ ) si il faut apporter des précisions, je le ferais dans un autre comm /ensuite, je vous demande si vous ne connaîtriez pas des sites utiles afin de dvp mon univers (écriture, aspect graphique= dessin) comme des blogs, des sites de partages etc… je vous remercie d’avance .

    • Bonjour ! 🙂 Je dois avouer qu’il m’est délicat de répondre à cette question, d’autant plus que je ne connais The Division que très vaguement.

      D’un point de vue purement univers, je vous conseillerai de vous informer au maximum sur le jeu, par exemple via des Wiki de fans : http://fr.thedivision.wikia.com/wiki/Wikia_Tom_Clancy%27s_The_Division

      D’un point de vue visuel, je vous conseille de faire des recherches Google Image du type « Concept Art The Division », voire d’acheter l’Artbook du jeu vidéo. Comme votre histoire se déroulera au Japon, des recherches telles que « Tokyo Post apo » pourraient également vous être utiles (je pars du principe que l’univers s’approche assez du post-apocalyptique d’après l’idée que je me fais de l’univers de base).

      D’un point de vue scénaristique, la géopolitique n’est pas mon fort ! Bien se renseigner sur l’Histoire du Japon, son système politique, son armée, ses ennemis et alliés historiques et actuels me paraît un bon départ. Gardez par ailleurs à l’esprit que la situation géopolitique du jeu vidéo n’est pas la situation géopolitique actuelle. Ce qui se dit dans le premier volet pourrait donc vous inspirer sur ce point.

      Concernant les erreurs à éviter, c’est difficile à dire. Je dirais de faire attention à ne pas trop « singer » le scénario du premier opus. Si vous souhaitez que le roman soit accessible aux lecteurs qui ne connaitraient pas The Division, il peut être utile de bien expliquer les éléments qui pourraient être difficiles à comprendre pour un profane de cet univers. Pour le reste, les erreurs ne sont pas bien différentes que pour l’écriture de tout ouvrage.

      J’en profite au passage pour vous rappeler que l’univers de The Divison étant probablement sous copyright, vous ne pourrez jamais exploiter ce roman de manière commerciale.

      • Merci beaucoup de cette réponse très complète !!!! 🙂 Je n’ais aucunement l’intention de l’exploiter a des fins commerciales, loin de là puisque mon but est de créer un univers autour d’un jeu que j’adore et de le partager à d’autres personnes sans but lucratif même si je pense que je ne suis pas à l’abri les dérives liés à ce type de projet ou la tentation d’aller loin, voir trop loin….. –pas un roman mais plutôt une bd qui accompagnerait un jeu comme pour overwatch ( à savoir, je crée une histoire sous forme d’un jeu vidéo ou j’installerais des mécaniques de jeu comme par exemple une liste de missions principales/secondaires, le nombre de pv d’une armure etc…..et à côté, je fais une bd basée sur l’histoire pur avec scénario, écriture, personnages principaux etc…..) si l’on veut aller dans l’aspect commercial de l’univers, je sais qu’il faut demander à la compagnie en question une autorisation et sachant que moi, simple citoyen lamba n’est rien face à l’une des plus grosse entreprise de jeux-vidéos au monde, j’aime autant dire que j’ai pas envie d’être mêlé à une affaire de copyrights meme minime….en tout cas merci encore de votre réponse !

      • Je tenais simplement à préciser ce détail sur les droits car il semble que vous souhaitez beaucoup vous impliquer dans ce projet. 🙂 Courage pour sa création ! 😉

  11. Bonjour,

    Je me suis lancé il y a environ un an dans l’écriture d’un roman de SF. L’univers dans lequel les personnages allaient évoluer me paraissait plutôt clair, mais sans que je sois allé pour autant dans les détails.

    J’ai écrit 6 chapitres et puis je me suis arrêté il y a environ deux mois. J’ai senti qu’il était nécessaire de faire une pause pour approfondir certains éléments : le contexte politique, économique, technologique au moment où l’histoire commence au chapitre 1, et surtout ce qu’il en est advenu au chapitre 2 (une quinzaine d’années plus tard), et qui allait déterminer l’univers du roman, et les intrigues principales et secondaires, jusqu’à la dernière ligne.

    Pour ce faire, j’ai réfléchi à cet univers de façon plus précise, en imagineant par exemple comment une personne lambda comme moi y vivrait son quotidien… mais aussi en me renseignant sur internet sur des sujets divers.

    J’ai une question à ce propos : des infos recueillies sur les pages Wikipedia sont-elles soumises à un copyright ? Faut-il citer ses sources ou demander une autorisation, ou peut on en utiliser le contenu et les propos librement ?

    Merci.
    Yves

    • Bonjour,

      Wikipedia opère en licence Creative Commons il me semble. Il est donc possible de réutiliser ses articles, à condition d’en citer les sources. La licence utilisée sur Creative Commons est la suivante : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr Ce lien vous aidera à comprendre vos droits et obligations si vous réutilisez du contenu sur Wikipédia.

      Mais en ce qui concerne l’utilisation des informations, elle est forcément libre de droit.

      À moins que vous ne copiez/collez les articles, il n’y a pas nécessairement besoin de citer vos sources. Ce que vous faites est en effet un travail de recherche et de création, votre texte est donc original et ne viole aucun droits.

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