Peut-on se faire voler son roman ?

Lorsqu’on est un jeune auteur (ou un moins jeune, d’ailleurs !), on se pose toujours la question : faut-il protéger mon texte ? Et pour cause, de nombreux sites internet conseillent à tout prix de protéger un roman, en l’enregistrant auprès d’un notaire ou via un organisme spécialisé.

Il faut dire que se faire voler son roman est une véritable hantise. Qui voudrait voir une personne mal intentionnée s’approprier des mois de travail littéraire ? Seulement voilà, il y a peut-être une question à se poser avant de protéger un livre : est-il seulement possible de se le faire voler ? Posons-nous la question !

Voler un roman

Y a-t-il un risque de se faire voler son roman (Crédits image : elhombredenegro)

Faut-il protéger mon roman ? La question délicate…

J’ai toujours un peu de mal à répondre à un auteur qui me demande s’il doit protéger son texte ou non. Et pour cause, je n’ai jamais été pour l’idée de protéger un roman.

Déjà en 2012, quand je vous expliquais comment protéger un manuscrit, je ne pouvais m’empêcher d’avouer que je trouvais la démarche inutile.

Seulement voilà : puis-je vraiment dire à quelqu’un qui vient de travailler des mois ou des années sur son manuscrit de ne pas protéger l’œuvre de sa vie ? Et que se passera-t-il s’il se fait voler son roman ? Je m’imagine bien bête avec mon conseil à la noix. Et j’imagine déjà la haine de l’auteur spolié envers moi, qui suis en partie à l’origine du vol de son texte.

Alors, par lâcheté et pour me dédouaner, j’ai tendance à conseiller quelque chose du genre « Je ne le ferais pas, mais c’est à vous de voir… ». Mais aujourd’hui, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et d’abandonner cette précaution inutile.

Pour cela, il me faut cependant prouver que la protection juridique d’un roman de fiction est une idée en partie absurde…

Est-il possible de se faire voler son texte ?

Protéger un manuscrit vous permet de prouver que vous en êtes l’auteur. C’est donc en soi un élément indispensable si un autre auteur s’approprie votre prose… À condition qu’un autre auteur veuille s’approprier un roman qu’il n’a pas écrit. Mais est-ce bien plausible ?

La théorie du presse-purée

Quand je vois des auteurs protéger leurs écrits (en passant par différents services, souvent payants), je pense toujours à la blague du type qui plante des presse-purées :

C’est l’histoire d’un homme qui passe la journée à planter des presse-purées dans son jardin. Curieux, son voisin finit par s’approcher et par lui poser la question qui nous brûle les lèvres :

— Pourquoi tu plantes des presse-purées ?

— Eh bien, c’est pour éloigner les girafes !

Un peu surpris, le voisin se gratte la tête et se met à rire :

— Mais, il n’y a pas de girafes ici !

— C’est normal, fait l’autre, j’ai planté des presse-purées !

Dans notre cas, la protection du roman est le presse-purée. À la différence près que tout le monde a tendance à planter des presse-purées. À tel point qu’on ne sait plus s’il n’y a pas de girafe grâce aux presse-purées, ou s’il n’y en a jamais eu.

Avant d’aller acheter des presse-purées, il peut donc être intéressant de se renseigner sur les agissements des girafes…

À la recherche des voleurs de roman

Pour savoir si des romans sont volés ou non, le mieux reste de le demander directement aux auteurs. Mais plutôt que de s’adresser à eux individuellement, le mieux est encore de s’adresser à la place publique. En bref, il nous suffit de demander à Google.

Faut-il avoir peur des voleurs de livres ? (crédits photo : Tristan Schmurr)

Faut-il avoir peur des voleurs de livres ? (crédits photo : Tristan Schmurr)

Je n’ai jamais protégé mes textes, mais si je m’aperçois un jour que quelqu’un s’approprie mon roman, ma première réaction serait de cafter à tout le monde. Protection juridique ou pas, l’injustice serait trop grande pour ne pas être pointée du doigt.

En plus, un vol de roman est un sujet au potentiel viral énorme. Imaginez qu’un éditeur ayant pignon sur rue publie un roman volé, ce serait du pain béni pour n’importe quel journaliste ou twittonaute un peu engagé !

J’ai donc tapé sur Google la requête On a volé mon roman, l’un des titres d’articles qui me viendrait en tête si la situation m’arrivait. Histoire de ne pas être un enquêteur trop fainéant, j’ai aussi pensé à d’autres requêtes, comme roman volé ou roman plagié

Point de voleurs dans le monde des éditeurs ?

Et force est de constater que les voleurs de roman ne courent pas les rues ! Car plusieurs recherches m’ont rapidement fait comprendre que les croustillantes histoires de manuscrits volés et publiés sous un autre nom tiennent plus du mythe que de la réalité.

Et pour cause (et je vous invite à m’en parler si vous en connaissez), je n’ai pas trouvé un seul témoignage d’auteur s’étant fait voler son manuscrit publié ensuite par un autre. Les trois histoires qui s’en rapprochaient le plus étaient :

  • Roman volé : le titre d’un roman de François Nourrissier, auteur qui s’est fait voler une mallette contenant, entre autres, le seul exemplaire de son dernier manuscrit.
  • Roman plagié : l’histoire de l’auteur américain QR Markham, dont le premier roman était composé de différents passages plagiés à droite à gauche, notamment dans des extraits de roman situés dans l’univers de James Bond.
  • Problème d’éditeur : le récit d’une auteure qui a signé auprès d’un éditeur qui refuse de lui répondre et ne lui communique pas les ventes de son ouvrage. L’affaire est curieuse, car l’éditeur semble malhonnête et a même falsifié son contrat d’édition.

Le point commun de ces trois maigres histoires ? La protection juridique du roman n’aurait pas changé grand-chose.

Le vol subi par François Nourrissier concernait sa mallette, dont la perte de son roman n’est qu’une conséquence malheureuse. QR Markham a rapidement été confondu et son roman a été retiré des ventes par l’éditeur. Quant à la dernière auteure, elle est victime d’un contrat falsifié plus que du vol d’un roman. Le problème ne concerne donc pas sa capacité à prouver qu’elle a bien écrit ce roman.

La manuscrit littéraire serait-il le seul bien à ne pas être volé ? (Crédits photo : VeloBusDriver)

La manuscrit littéraire serait-il le seul bien à ne pas être volé ? (Crédits photo : VeloBusDriver)

Voler un roman : une idée absurde

Ce manque de témoignage souligne au final un fait assez évident : voler le roman d’un autre auteur est une idée stupide. Et pour cause, n’importe qui ou presque est capable d’écrire un roman relativement agréable à lire, et qui peut trouver son public.

Y a-t-il vraiment un intérêt à voler un roman ?

La plus grande difficulté est toujours de faire connaître son roman et de le faire éditer, plus que de l’écrire. Quel plagieur serait donc assez fou pour se battre corps et âme à faire connaître ou éditer un livre qui n’est même pas le sien ?

Surtout à une époque où il est si facile de trouver et de diffuser de l’information. Protection juridique ou pas, un auteur a toujours les moyens de prouver en partie qu’il est à l’origine de l’œuvre.

Si un grand éditeur publie un jour sous le nom d’un autre un roman que vous avez écrit, vous pouvez ne serait-ce que publier en ligne votre document Word ou des photos de votre manuscrit. Même si cela n’avait aucune valeur juridique, cela serait suffisant pour mettre le doute dans l’esprit des lecteurs ou des journalistes, et pour discréditer le livre en question.

Au final : le risque de voler un roman est bien trop grand par rapport à la récompense. Surtout que plus un plagieur remporterait de succès avec le livre volé, et plus le pot au roses risquerait d’être découvert !

Pourquoi nous conseille-t-on, alors, de protéger un roman ?

Dans ce cas, on peut se demander pourquoi tant de personnes nous suggèrent de planter des presse-purées pour éloigner des girafes, si girafes il n’y a pas.

Qui a donc un tel intérêt à vendre des presse-purées ? (Crédits photo : Grannies Kitchen)

Qui a donc un tel intérêt à vendre des presse-purées ? (Crédits photo :
Grannies Kitchen)

Mon hypothèse vaut ce qu’elle vaut, mais je pense tout simplement que ce sont les services de protection des romans qui cherchent à montrer à tout prix que votre manuscrit est en grand danger. À vrai dire, qui a plus intérêt à gonfler les statistiques de cambriolages que les sociétés de sécurité ?

Il faut payer en moyenne entre 10 et 50 € pour protéger un manuscrit entre 1 et 4 ans (plus si vous souhaitez passer par un notaire). Et des manuscrits, il y en a des millions de nouveaux chaque année. C’est donc une manne financière assez intéressante, et à côté de laquelle il serait dommage de passer…

Naturellement, tous ceux qui vous conseillent de protéger votre ouvrage ne sont pas forcément de mauvaise foi. Comme de nombreuses personnes s’accordent à dire que c’est primordial, cette précaution est peu à peu devenue une norme.

Et avouez que si tout votre voisinage se mettait à planter des presse-purées, vous seriez tenté de faire de même pour ne pas paraître fou ou inconscient !

Ne pas protéger son  roman : le risque est-il réel ?

Reste à savoir si la protection d’un manuscrit est réellement utile. Car il faut bien avouer que vous n’auriez pas l’idée d’investir dans un système de vidéosurveillance si les cambrioleurs n’existaient pas.

À la vérité, et quitte à rester un peu lâche, je suppose qu’il peut potentiellement exister une infime et hypothétique situation où la protection de votre manuscrit pourrait être utile, tout comme il existe une chance que vous gagniez au loto cette année.

Je dois d’ailleurs avouer que cet article entier est très subjectif, et que je serai ravi qu’on m’avance des hypothèses ou des situations lors desquelles la protection juridique d’un manuscrit a réellement été utile. En attendant cela, je vais continuer à ne pas conseiller de protéger son roman.

Et si vous désirez le protéger malgré tout, et c’est tout à votre honneur, reste à garder en tête une chose : même si votre roman est protégé par un service spécifique, cela ne vous dispensera pas de devoir engager un avocat et de prévoir de lourdes dépenses si vous êtes victime d’un plagiat ou d’un vol de roman…

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33 réflexions sur “Peut-on se faire voler son roman ?

  1. Étant éditeur, je reçois parfois des manuscrits dument estampillés « protégé ». Je sais qu’il sera mauvais ! Pourquoi ? L’expérience ! Les meilleurs manuscrits me sont venus de personnes plus intéressées par l’écriture et le partage que par la protection. Dans un univers où il y aura bientôt plus d’auteurs que de lecteurs, il y a donc peu à gagner.
    Ce qui m’arrive toutefois, c’est qu’un auteur publie un livre sur KDP (Kindle Direct Publishing) et me propose le même sous un autre titre et un autre nom d’auteur. Ensuite, il récupère le texte corrigé et modifie son fichier KDP. Comme il le fait moins cher, j’ai le droit à des engueulades de lecteurs pensant que je suis doublement malhonnête : je pique un texte existant et je le vends plus cher pour gagner de l’argent sans effort.

    • Merci pour ce témoignage. Il est vrai que la protection peut parfois révéler une trop grande confiance dans un manuscrit. « Je protège mon texte car je sais qu’il s’agit d’un chef d’œuvre. ».

      La bonne nouvelle pour les auteurs que vous refusez est que leur texte ne sera sûrement jamais volé ! 😉

      Intéressant cette pratique de se faire éditer en vue de faire corriger son livre auto-édité. Je dois avouer que je trouve la démarche gonflée ! Désolé que vous en ayez été la victime.

      • Osé et flippant. On pourrait presque dire que c’est l’éditeur qui aurait dû déposer son.. droit d’édition 🙂
        Par contre puisqu’on parle de publication directe, et dans mon cas particulier, je peux conseiller aux auteurs de publier en ligne gratuitement les quelques premières pages sur des sites tels google books, l’objectif étant de laisser une trace de sa fabrication. Bon courage au fraudeur (hypothétique je rejoins Pierrick là-dessus) de prouver qu’il s’était lui-même fait volé son œuvre au préalable 🙂

      • Merci pour ce commentaire. Effectivement, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, la meilleure manière de protéger un roman est encore de le rendre public ! 😉

  2. oui, ton argumentaire me parait assez juste, les cas sont rares.
    Mais, écrire un roman représente une telle somme de travail en comparaison du prix pour le protéger – plus d’un an voir deux contre 15 euros pour décourager un vol ou se défendre d’un éventuel plagiat – que ça me semble tout de même raisonnable.

    • Je reste d’accord avec ton point de vue, ou tout du moins je peux le comprendre. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas voulu être trop catégorique (même si cet article l’est sûrement un peu trop !). Je pense qu’un auteur qui passe plusieurs années à écrire un livre songera certainement à le protéger et que ce sera au moins une protection rassurante pour lui.

      Reste qu’il me paraît bon de préciser que la protection d’un roman n’est pas obligatoire pour chaque manuscrit, ni forcément utile. L’auteur qui se met à protéger tout ce qu’il pond va simplement perdre de l’argent, ni plus ni moins.

  3. C’est une question que je me suis aussi souvent posé, car je publie régulièrement mes écrits sur un forum… Mais en fin de compte, comme tu l’as si bien fait remarqué, je crois qu’il y a peu/pas de vols, les auteurs sont plus préoccupés de savoir si ce qu’ils ont écrit est bien, plutôt que de se dire « c’est tellement bien qu’on va me le voler »…

    • Merci pour ton commentaire. 🙂

      À ce sujet, je tiens à rappeler que le simple fait de poster ton texte en ligne peut faire office de protection. L’idée d’une protection juridique d’un ouvrage est de pouvoir prouver que c’est toi qui a bien écrit le texte. On parle de prouver l’antériorité de l’écrit, c’est à dire de montrer que tu disposais d’une version du texte avant qu’il soit utilisé par un autre.

      En bref, le fait d’avoir posté ton texte en ligne avant qu’on ne te le vole est une preuve comme une autre de l’antériorité. Et c’est surtout un argument de plus pour ne pas qu’on te le vole. Si le plagieur sait pertinemment qu’il te suffira de copier/coller une URL pour prouver la supercherie, il comprendra que ça ne vaut pas le coût !

  4. Pour ma part, je craindrait moins le vol du roman, que le picorage d’idées.
    Comme dit dans l’article, pour le coup assez intéressant vu le sujet qui va carrément a l’encontre de ce qu’on a l’habitude d’entendre, le vol du roman ou le plagiat est assez « facile » a déceler.
    Mais le « vol » d’idées, plus où moins original, ça peut être quand même plus compliquer. Surtout si c’est tirer d’auteurs tourner vers l’auto publication avec un public un peu plus confidentielle.
    Si par exemple, je me casse la tête a créé un système de magie un peu original et « crédible » (guillemets, car la magie par définition n’existe pas) ca n’est pas pour le découvrir, par hasard, chez un autre auteur.
    Idem pour des personnages ou des lieux dont on aurait changer que le nom. Ou de morceaux de cette univers si longuement réfléchit dont on aurait piocher dedans en utilisant l’excuse de « l’hommage » si on nous demande d’où ça sort.
    Bref, je ne suis pas du genre a protéger tout ce que j’écris. Mais il reste quand même que, quand je suis fière d’avoir créer une histoire intéressante avec un monde crédible, il ya toujours une petite appréhension d’un risque de se faire spoiler.

    • Merci pour ce commentaire riche d’intérêt.

      Pour être franc, je pense qu’il s’agit d’une hantise injustifiée, et certainement motivée par nos sociétés trop procédurières et individualistes. Le vol d’idée n’existe pas, car une idée n’appartient à personne. Il serait totalement illogique pour un auteur de chercher à protéger un système de magie, alors qu’il emprunte lui-même une idée qui ne lui appartient pas (à savoir l’existence de la magie).

      Au risque de paraître un peu brut, aucune des idées que tu as créé ne t’appartient pleinement. Tu les a toi aussi picorées à droite à gauche, et il serait injuste de refuser ce privilège à de futurs auteurs.

      Bien entendu, il faut différencier le picorage d’idées et le plagiat. Le plagiat va être une reprise systématique de passages et/ou de parties clefs du récit. Maintenant, ce n’est pas parce que tes personnages peuvent cracher du feu en buvant des potions que nul autre que toi n’a le droit d’exploiter l’idée de personnages qui crachent du feu en buvant des potions.

      Et pour revenir au sujet de la protection du roman. Tu n’arriveras jamais à faire valoir tes droits (même en disposant d’une protection en bonne et due forme) sur du « picorage d’idées », à moins que le plagiat soit évident. À partir du moment où l’auteur qui a emprunté ton idée fait preuve d’une véritable originalité sur le fond ou la forme, il n’est pas question de plagiat.

      Je pense revenir sur le sujet dans un prochain article, car cela reste une thématique pleine d’intérêt ! 🙂

      • Aller, encore une intervention et j’arrête.
        Je m’étais fait l’echo sur un site de SF que je trouvais bizarre que deux séries connues (  » l’assassin royal  » de Robin Hobb et  » Games of Throne  » de George R. R. Martin) parlent tous deux de fantaisie « sourde », mais avec des dragons et des zombies, des gens qui parlent aux animaux, le tout au milieu de guerres de successions.
        On m’a gentiment répondu ceci :  » Là, tu cites des trucs qu’on trouve un peu partout et nettement avant Robin Hobb. (…) Par contre, les connaisseurs repèrent rapidement dans la série de Martin l’inspiration des Rois Maudits de Druon, totalement reconnue et assumée par Martin, ainsi qu’une inspiration du côté de la guerre des Deux Roses.  »

        J’ai été totalement refroidi, d’autant que mes propres écrits n’étaient pas exempts d’inspirations multiples.

      • Je dois avouer ne pas avoir compris ton commentaire. Tu as été refroidi par L’assassin royal et Games of Throne parce qu’ils s’inspirent directement d’autres récits ? Si c’est le cas, il ne faudrait surtout pas ! Tous les auteurs s’inspirent d’autres écrits, c’est une chose à la fois saine et naturelle. Je pense revenir bientôt avec un article dédié à ce sujet.

      • oui en gros c’était cela. Disons surtout que quelque chose qui me semblait très original s’est en fait révélé « presque banal ». Où l’on découvre que la manière de raconter quelque chose est souvent plus intéressante que le propos en question (ici l’idée de mixer dragons et zombies par exemple)

      • Je pense que cela ne devrait pas te refroidir. Comme tu le dis, la manière dont on présente les choses est bien plus importante que l’idée en elle-même. Les idées sont rarement originales, et la littérature est si vieille qu’il est impossible aujourd’hui d’inventer quelque chose de réellement neuf. L’important reste que le résultat final te plaise. Le fait qu’il était inspiré d’autre chose ne change rien à cela.

  5. Bonjour,

    Article très intéressant sur lequel je suis tombée par hasard. Toutefois, si les arguments paraissent logiques en eux-mêmes, je dirais méfiance en de tels raisonnements.

    Vous avez pris un exemple par l’absurde, les girafes et le presse-purée. Mais nous pourrions tout aussi bien prendre un exemple du même acabit qui montrerait le contraire : il n’y a pas de rage en France car il fut un temps tout animal carnivore domestique était (ou devait être^^) vacciné contre la rage. Un des débats actuellement est justement de savoir si le vaccin antirabique sert encore : il parait évident qu’il n’y a plus de rage parce que tout le monde vaccinait (ou presque) mais doit-on continuer à vacciner même s’il n’y a plus de rage ? (doit-on utiliser des presses-purée même s’il n’y a pas/plus de girafes ? doit-on protéger son roman même s’il n’y a pas/plus/pas encore de voleurs de romans ?).

    Alors certes, le reste des arguments se tient aussi… tout comme les arguments pro-protecteur de romans. N’oublions pas d’ailleurs qu’il y a tout de même quelques antécédents historiques connus de vol d’oeuvres (des Molière ou des Corneille doivent se retourner dans leur tombe^^), de plagiat et compagnie. Rien ne nous dit d’ailleurs que certaines affaires n’ont pas été étouffées également, réglées à l’amiable ou autre. Les réactions d’un auteur se sentant plagié ne sera pas forcément les mêmes que vous, à s’écrier au scandale directement sur le net… Donc méfiance en tout argument d’un côté comme de l’autre.

    Fondamentalement, je pense du coup que ces questions de protection ou non protection tiennent aussi à des questions d’idéaux. Le creative commons, le partage d’idées, ou la protection de la propriété intellectuelle…

    Article toutefois très intéressant encore une fois, qui a le mérite effectivement de prendre des risques^^

    Bien cordialement

    • Merci pour cette réaction, dont je salue la conclusion. Effectivement, l’idée de protéger ou non son roman est avant tout une question personnelle, et je pense effectivement qu’elle a beaucoup à voir avec la perception de chacun des licences et des droits d’auteur. Il est quasi évident, selon moi, qu’un auteur qui utilise des licences Creative Commons ne va jamais payer pour protéger ses textes.

      Pour le reste, je continue de préférer ma métaphore du presse-purée. Il y a eu un cas de rage en France en 2015. Tout le monde sait que la rage existe et qu’elle peut se propager rapidement. L’idée de ne plus vacciner son chien contre la rage tient aussi du fait que la survaccination peut avoir des effets néfastes, et que le consommateur ne sait plus si les vaccins du chien (et surtout ses rappels) sont réellement nécessaires ou imposés par le milieu vétérinaire dans le but de faire du profit.

      Maintenant, je ne dis pas que le vol de roman n’existe pas (il y a sûrement une girafe ou deux qui se baladent de temps en temps en ville, échappées du zoo ou de je ne sais où), mais simplement que le risque de se faire voler un roman est infime par rapport à celui de contracter la rage (les conséquences sont d’ailleurs bien moins graves).

      Et à une époque où l’on commente les programmes de télé-réalité sur Twitter, j’ai bien du mal à concevoir l’histoire d’un auteur plagié qui n’utiliserait pas l’immense place publique qu’est internet pour faire entendre son histoire. Bien entendu, il se peut que la première réaction de l’auteur soit de contacter l’éditeur/l’auteur qui l’a plagié et de régler la solution à l’amiable.

      Dans ce cas, si on n’entend pas les auteurs plagiés, c’est qu’ils trouvent systématiquement une solution à l’amiable. En conséquence : il est inutile de protéger son texte. Cela n’a protégé personne du plagiat, et ceux qui en ont été victimes ont fini par trouver une solution.

      Bon, j’exagère comme toujours (avec un peu de mauvaise foi ! 🙂 ) et souligne ainsi le fait qu’il s’agit avant tout d’une opinion personnelle ! Malgré tout, je pense qu’un auteur qui craint de se faire voler ses textes peut (si ça le rassure) déposer une protection. Il doit juste comprendre les limites de cette protection et savoir qu’elle n’est pas obligatoire…

      • Oui l’exemple de la rage était juste un exemple parmi tant d’autres pour tenter de faire comprendre ma pensée. Mais nous tombons au moins d’accord sur la même conclusion^^
        Et cela fait plaisir de lire quelqu’un qui accepte aussi les commentaires et les arguments plus ou moins opposés.

        En tout cas joli site très intéressant et enrichissant.

  6. Bonjour.
    Tout d’abord, merci pour vos articles que je trouve souvent très intéressants.
    J’espère ne pas être hors-sujet, mais j’aurais une question concernant la « propriété » justement.
    Vos lumières pourront peut-être m’éclairer.
    Qu’en est-il des nouvelles qu’une personne publie sur un blog littéraire par exemple? Est-il utile de faire apparaître un texte rappelant que ces écrits sont la propriété de l’auteur ou est-ce parfaitement inutile?
    Merci pour votre réponse.
    Cordialement
    Minsky

    • Comme toujours, tout est relatif à ce sujet. En principe, le droit d’auteur est inné. Quand vous écrivez un texte original, il vous appartient de droit. Il est donc en principe inutile de rappeler quoi que ce soit sur votre blog.

      Après, si ça peut vous rassurer, vous pouvez tout à fait rappeler que les textes sur votre blog ne sont pas libres de droit. Mais ce rappel n’a aucune valeur juridique en lui-même. Il informera les visiteurs que votre texte n’est pas libre de droit (ce qui est en général évident quand il n’est pas précisé le contraire), mais ne les empêchera pas de le voler s’ils le veulent !

      Pour ma part, je trouve toujours ce genre de rappel un peu agressif, surtout s’il est placé sur chaque page du blog. À la rigueur, précisez que vos textes ne sont pas libres de droit dans la page « à propos » de votre blog ! 😉

      • Merci beaucoup!
        C’est exactement ce que je voulais savoir.
        Je trouve aussi, lorsque je visite certains blogs, que la formulation est « agressive » et parfois, certains le signalent avec beaucoup d’humour et c’est bien plus agréable.
        Personnellement, je suis très souvent tentée de m’en passer, d’autant plus si vous me confirmez que ça n’a aucune espèce ce valeur légale.
        Merci d’avoir pris le temps de me répondre.
        Au plaisir de vous lire.
        Minsky

      • Disons que ça a autant de valeur légale que de laisser une voiture avec les clefs sur le contact et un panneau « Merci de ne pas voler ». Cela insiste sur le fait que le vol est illégal, mais ça n’empêche pas forcément de le faire.

        C’est à une personne qui « emprunte » un texte de vérifier que ce texte est libre de droit, et l’absence de mention n’indique pas nécessairement qu’un texte est libre de droit.

    • Bonjour,

      Pour l’anecdote eu l’an dernier un cas de vol massif de nouvelles et de fanfictions (je ne me souvient malheureusement pas du nom de l’auteur du vol) la majorité des oeuvres n’était effectivement pas protégé, or il a suffi d’un peu de bruit sur internet pour que le vol n’ait pas d’effet. (il avait posté les écrits sur les plateforme de livre numérique).

      En revanche, la démarche de rétraction des ouvrages auprès des plateforme c’est avéré plus simple pour les auteurs qui avaient au minimum protégé leurs écrits par Creative Commons et fournissait le lien d’origine des écrits.

      Donc si jamais vous voulez protéger un écrit en ligne sans paraitre agressif une mention Creative Commons de la licence de votre choix me parait être une bonne idée. Mais concernant les plateforme de livre numérique elles prennent rarement le risque de garder un ouvrage qui est signalé comme étant volé, même si il n’est pas protégé à l’origine.

      En tout cas merci pour l’article

  7. Merci pour cet article, très intéressant. Je n’ai jamais vu l’intérêt de protéger mes textes, mais devant le nombre croissant de personnes qui signalent la propriété individuelle de leurs textes sur le blog, j’ai commencé à me poser des questions … Après lecture de votre article, je vais continuer à écrire et diffuser mes poèmes librement !

  8. Bonjour
    La question de se faire voler son roman me semble plus celle de se faire voler le thème ou le synopsis de ce roman que l’objet roman lui-même. Contre cela, aucune protection juridique n’est vraiment fiable: la question vol ou pas ne trouve de réponse que devant les tribunaux. Comme pour les brevets, ce que la plupart des gens ignorent. Ce qui compte dans le cas d’un litige de ce type, c’est de pouvoir fournir une preuve d’antériorité; le moyen le plus simple pour cela est de s’adresser à soi même en recommandé une épreuve du texte. Ne surtout pas l’ouvrir! Si un jour vous avez besoin d’établir votre antériorité, vous allez voir un officier de police judiciaire et vous lui demandez d’ouvrir l’enveloppe et d’établir un procès verbal. Il est nécessaire de s’arranger pour que l’enveloppe soit inviolable sans laisser de traces: veillez à ce que le formulaire de recommandé soit collé sur le rabat collé de l’enveloppe. Vous pouvez éventuellement apposer votre signature sur les 4 bords sur chaque face.
    Coût :celui de l’envoi, durée: illimitée!
    Cordiales salutations.

  9. Article très intéressant.
    Il est vrai que j’ai tendance à partager mes écrits sans trop y penser, pour recevoir des critiques constructives et continuer à m’améliorer. Je ne me suis que rarement posé la question du plagiat, et cet article n’a fait que me conforter dans l’idée que je peux continuer à partager.
    Alors merci à vous ! 😀

  10. Bonjour

    Pour ceux qui craignent de se faire voler leurs idées, je ne répondrais qu’une seule chose : Les idées sont copiables, mais pas le « savoir faire ».

    En effet vous pouvez peut-être avoir les meilleures idées au monde que vous ne pourriez rien en faire si vous n’avez pas le savoir faire pour les utiliser. Sans talent pour mettre ces idées sur papier de façon élégante et compréhensibles ces belles idées ne feront qu’un roman insipide. Je dirais même que souvent le savoir faire des auteurs leurs permet de mettre en valeur des histoires qui n’aurait rien d’intéressantes si elles n’étaient pas racontées avec talent.

    Exemple : Combien de romans sur les vampires ont été écrits ? Combien ces personnages immortels ont été décris sur tous les tons et de toutes les façons. Combien de fois leurs histoires ont été déclinées. Combien d’auteurs à la petite semaine ont réalisé leur propre roman. Pourtant de nos jours il existe encore des best-seller sur le sujet.

    Bref, il est possible de se faire voler ses idées. Mais si le voleur en fait un best-seller et vous rien, tirez-en un enseignement utile… Et si vous pensez avoir un réel talent, vous ne devriez pas avoir peur de vous faire voler vos idées.

    Par ailleurs, excellent article qui résume bien le sujet sauf pour un point. Le vol de manuscrit réalisé par un voleur à la petite semaine à la recherche d’argent facile. Il vole le texte sur internet et le publie sur KDP ou une autre plateforme, peu regardante sur la préservation des droits d’auteur, prête à verser des commissions sur la vente d’ebook.

    Dans ce cas là, aucun talent. Juste une opportunité de faire de l’argent facile pour un voleur sans scrupules.

    • Merci pour cet avis détaillé et ô combien juste ! Effectivement, une idée n’appartient à personne et n’est en rien la gage de qualité d’un ouvrage.

      Concernant les personnes qui publieraient des textes volés sur Amazon… Elles doivent exister. Il n’empêche que c’est loin d’être une opportunité grandiose pour faire de l’argent. Un auteur inconnu a toujours du mal à vendre ses livres, et mettre en ligne les livres des autres ne les rendra pas plus faciles à vendre, sauf si « les autres » en question sont déjà des auteurs reconnus.

  11. J’ai énormément apprécié la lecture de vos échanges. Ceux-ci sont d’une telle pertinences qu’ils m’ont énormément rassuré. Merci infiniment à chacun des actuels intervenants et longue vie à vos futurs écrits.

  12. Personnellement ça fait 7 ans que je suis sur mon roman et je l’ai enfin fini. Même si cela me coûte de le protéger je compte bien le faire. Que ce soit un navet ou non ! Même si le cas est rare je préfère ne pas faire parti de ces cas ! Y a rien qui me ruinerait plus, financièrement et moralement que de voir mon « œuvre » ou plutôt mon travail être pompé par un hurluberlu. De plus protéger son roman ne coute pas forcément des milles et des cents. On est pas obligés de passer par un notaire ou un site ultra cher. Envoyez vous votre roman avec accusé de réception et cacheté. N’ouvrez jamais l’enveloppe. Devant un juge vous aurez la preuve d’être l’auteur et ce pour peut être moins de 10/15 euros.

    Le plagiat est rare. Mais à l’air du numérique… Nous avons souvent à faire la promo de nos manuscrit sur les réseaux sociaux (mon dieu ce que je hais ces sites… Mais pas le choix) et ne pas protéger son roman alors qu’on l’expose H/24 à des millions de personnes… Hum… Perso je protège. Les plus grands ont étés accusés et victimes de plagiat publiquement. Alors les plus petits…

    Cependant c’est un bon article ! Il met l’accent sur le faire qu’il ne faut pas forcément avoir peur du plagiat. Car même s’il existe il est (heureusement ?) très vite dévoilé au grand jour par les passionnés et les médias (pour les plus grands).

    Bref ! Moi je vais finir de corriger le mien, le protéger comme je peux et le mettre en vente (si je peux :p) et prier pour que les gens aiment et lisent. Tant que les gens aiment, moi je serais heureux !

  13. Bonjour
    Cet article particulièrement intéressant a plus d’un an mais le sujet est toujours d’actualité alors je me permets un commentaire. J’écris un roman biographique et au delà du scénario basé sur la vie du personnage principal je pioche des anecdotes dans les livres et rapports de l’époque pour étayer mon script. Je pense que c’est un peu au delà de l’inspiration mais je ne suis pas entièrement convaincue que ce soit un plagiat.
    Votre avis ?

    • Bonjour. 🙂

      C’est franchement difficile à dire ! Je pense que si vous soupçonnez vous-même qu’il s’agit de plagiat, ce n’est pas un bon signe… Néanmoins, on pourrait tout à fait considérer cela comme un travail de recherche, qui viserait à ancrer davantage votre roman dans la réalité de l’époque.

      Tout dépend de la manière dont vous reprenez ces anecdotes, et si vous les utilisez telles quelles ou si vous vous contentez de vous en inspirer pour en créer d’autres. Créer une histoire à partir d’anecdotes vécues ou non, c’est un peu ce que font tous les auteurs.

      • En début d’année, j’ai écrit une séquence qui se passait à la suite d’un attentat. Pour « inventer » les témoignages des victimes, j’ai simplement recherché sur Google une centaine d’histoires racontées suite à ceux ayant eu lieu en France ces deux dernières années. Au-delà du coup au moral que vous pouvez imaginer, le résultat fut particulièrement émouvant et en aucun cas je ne me considère comme un plagiat. 🙂
        Pour répondre à Marieff, tout ce qui est rapports et documents publics n’est absolument pas soumis à licence, bien au contraire (comment travailleraient les historiens ?) et dans cette optique, un livre autobiographique d’une personne ayant vécu dans l’époque et l’endroit que vous recherchez… je dirais que ne pas l’avoir lu aurait été, là pour le coup, une erreur.

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