Deux semaines de NaNoWriMo

Nous voilà presque à la mi-novembre, soit à la moitié du NaNoWriMo pour les fiers nanoteurs à travers le monde. Fiers ? Pas tant que ça, à l’heure où j’écris ces lignes, certains prient encore leurs Dieux à la recherche d’inspiration, d’autres commencent à céder à la tentation de la procrastination, d’autres ont déjà abandonné, trop alourdis par la tâche qui leur incombait. Bref, c’est le moment idéal pour faire un point mi-NaNo, pour moi qui participe pour la première année et découvre ce concept d’un œil neuf, tant au niveau de l’expérience d’écriture qu’au niveau humain.

Humain pour commencer ? Parce qu’il s’agit véritablement d’une expérience commune, certes l’écriture se fait seule, mais les nanoteurs comptent beaucoup les uns sur les autres pour s’entraider. Des mots d’un participant rencontré à la Kick-Off 2011*, le fait d’être toujours en compétition avec les autres « vous fout un vrai gros coup de pied au cul. » (Oui, les nanoteurs sont parfois vulgaires). Et en effet, il peut être motivant (ou non) de voir que certains ont déjà presque fini quand vous n’êtes pas encore à la moitié. Par ailleurs, la participation à des Write-in** permet de recevoir l’expérience des autres participants, et de se pousser à écrire l’espace d’une heure ou deux. L’expérience m’aura permis de rencontrer l’auteure auto-publiée Pauline Doudelet, qui aura été de très bon conseil, mais aussi de découvrir pour la première fois l’expérience quasi mystique de voir plus de trente personnes pianoter en même temps sur leurs claviers de manière frénétique.

Au niveau de l’expérience d’écriture, j’attendrai certainement la fin du NaNoWriMo pour écrire un billet plus complet. Ce que je peux dire actuellement, c’est que les 50.000 mots sont réalisables. Je dirai qu’il faudra en moyenne une heure d’écriture par jour pour y arriver, peut-être une heure trente, à condition de ne pas être trop enclin aux pannes d’inspiration. Certes, ce n’est pas négligeable, mais avouez que ce n’est pas non plus la fin du monde. En oubliant l’aspect défi et ludique du NaNoWriMo, je dirai que c’est un excellent exercice pour s’imposer une routine d’écriture. En vous rendant compte que vous êtes capable d’écrire une heure par jour durant un mois, vous réaliserez peut-être que vous pourrez faire de même le reste de l’année… Et, répétons-le : un écrivain se doit d’exercer sa plume à rythme régulier !

Au niveau du récit, je remarque déjà que le NaNoWriMo a cela d’amusant qu’il donne l’impression à l’auteur de perdre un peu de contrôle sur les personnages. Je ne suis pas du genre à planifier mes récits à la virgule près, mais mes personnages n’ont jamais été si peu obéissants que durant cet exercice. La limite de temps impose en effet de ne pas trop plancher sur l’avancée du récit, et d’y aller à l’instinct. Certes, ce n’est pas forcément une excellente chose pour l’intégrité du récit, mais l’expérience est intéressante.

Pour être franc, je n’ai pas l’impression, pour le moment, que le NaNo oblige à écrire mal ou n’importe comment. Ce sera sans doute le cas pour ceux qui se laisseront emporter par son côté ludique et voudront le terminer en moins d’une semaine, mais pour les autres il n’est pas exclu de produire quelque chose de lisible, même si une bonne relecture sera nécessaire… comme toujours ! Ceux qui l’auront correctement préparé (je n’en ai rencontré aucun pour le moment !) pourront même, à mon avis, écrire en un mois ce qu’ils auraient écrit en six sans la motivation ludique générée par cet évènement.

Enfin, pour les curieux qui voudraient savoir où j’en suis pour le moment, j’approche des 17.000 mots. Je suis donc un peu en retard, mais je suis aussi du genre à faire mes devoirs au dernier moment. Mon récit a un peu dévié du synopsis original, mais je garde sa trame générale et devrait réussir à continuer sur la bonne voie. Seule incidence visible du NaNoWriMo sur mon écriture : mes personnages me semblent particulièrement vulgaires, mais pour leur défense : ils sont jeunes, ça leur passera. J’attendrai la première relecture pour vous dire si ce projet vous tombera un jour dans les mains… ou non ! A suivre comme diraient d’énervantes séries télé…

*Kick-off : sorte de cérémonie d’ouverture du NaNoWriMo, qui a lieu le 31 Octobre au soir et consiste en une nuit non-stop d’écriture. Cette année, le Kick-Off Parisien se déroulait à la Cantine, et votre serviteur a eu la chance d’y participer. N’écoutez d’ailleurs pas les mauvaises langues qui vous diront qu’il a dormi presque toute la nuit, ce n’est que pure diffamation.

**Write-in : Petite rencontre entre nanoteurs, organisée par les participants dans de nombreuses villes de France (et d’ailleurs je suppose)

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5 réflexions sur “Deux semaines de NaNoWriMo

  1. « Pour être franc, je n’ai pas l’impression, pour le moment, que le NaNo oblige à écrire mal ou n’importe comment. »

    HA !! ENFIN !!
    MERCI !! Ha merci, ENFIN quelqu’un qui ne soutient pas que « écrire en NaNo = écrire de la m*rde »
    Tu n’imagines certainement pas combien tu me fais plaisir en écrivant ça !! Parce que même si effectivement, une bonne relecture ne fera pas de mal derrière, ce n’est pas parce que l’on écrit un peu plus vite que d’ordinaire que le résultat est forcément médiocre…
    Mais tout le monde n’est pas tout à fait d’accord là dessus…
    Merci du fond du cœur ! ^^

    Angel (ou « ouvreuse à la kick off »)(ou encore « nyrelis » sur twitter ^^)

    • Ravi d’avoir pu te rendre ce plaisir ! 😉

      Avant de tester par moi-même, je prenais des pincettes en rappelant que c’est avant tout un jeu, car j’ai conscience qu’il est assez délicat de faire passer le conseil « écris le plus vite possible » comme un bon conseil d’écriture.
      Maintenant que je suis en plein dedans, je me rends compte que les impératifs du NaNoWriMo ne sont pas si dingues que ça, et qu’il est possible d’écrire un roman certes imparfait, mais tout de même exploitable.

      Par ailleurs, je trouve que c’est une très bonne manière de s’inciter à écrire, ce qui dépasse nettement le simple cadre du jeu.

      Après, comme je le rappelle, ceux qui l’écrivent en une semaine écrivent certainement quelque chose de très mauvais ! Mais je pense que l’objectif de ceux-là n’est pas d’écrire bien !

      • Attention, tu vas subir les foudres de certain(e)s qui écrivent en une semaine mais ne sont pas si mauvais(es) que ça 😉 (bon y’a de tout dans toutes les durées, de l’excellent, du bon, du mauvais et du très mauvais, comme partout)

        Il y a quelques personnes qui débitent énormément et qui préparent aussi énormément (un an de préparation avec un plan au paragraphe près et c’est plus facile d’écrire vite 😉 ) et il y en a qui ont les idées qui s’enchaînent vite avec une bonne vitesse de frappe, et du temps pour le faire sans distraction… Comme tu le dis 1700 mots par jour, c’est jouable même en travaillant en une bonne heure par jour, donc imagine ceux qui ne travaillent pas: en 30-40 heures, c’est faisable en moins d’une semaine 😉

        Bon j’y retourne quand même parce que moi, les 20k je ne les ai pas encore ! 😛 (mais c’est normal, j’ai un plan qui tient en deux lignes… à développer sur 20 chapitres, j’ai l’impression du diluer)

  2. Je pense qu’il faut aussi se pencher sur ce que veut dire exactement « écrire vite ».

    Pour ma part, je n’écris pas plus vite que d’habitude, j’écris même plus lentement, ce qui m’inquiète. :-\ Je m’étais calculé une vitesse moyenne d’écriture de 500-600 mots/heure sur la base de plusieurs expériences. Or depuis le 1er novembre, j’écris de 200 à 500 mots par heure…

    Pour ma part, le NaNo a tendance à me faire prendre mon écriture plus au sérieux. Avant, j’écrivais quand je voulais, quand ça me tentait. Désormais, avec l’échéance et les 50 000 mots à atteindre, j’ai l’impression d’être dans un contexte de travail (scolaire ou professionnel). Du coup, le temps que j’ai besoin, eh bien je le prends.

    C’est rigolo qu’on parle de bâcler ou bien d’écrire « n’importe comment », parce que quand ton prof te donne un devoir de tant de pages à rendre pour dans une semaine/un mois, ou que ton patron veut telle chose faite d’ici tel jour, on ne leur répond pas: « Trop ludique, votre concept; je vais le faire même si c’est n’importe comment… » 😉

  3. @Paumadou Oui, quiconque écrit vite va désormais m’accuser d’insulter son style ! Je critique surtout ceux qui ne se regardent pas écrire. Je pense que certains peuvent écrire bien et vite, mais il y a des limites. J’essaie d’écrire vite sur le NaNo, mais je garde tout de même un regard critique sur ce que j’écris. Si je repère une faute ou une erreur de syntaxe spontanée, je la corrige. J’essaie également de garder du sens dans le récit. Je pense que ceux qui écrivent d’un trait, à moins d’avoir tout préparé des mois à l’avance (et encore) ne font aucune attention aux détails et laissent tout passer.

    Courage pour ton NaNo, c’est pas le moment de se décourager. Même si j’ai l’impression que tu ne dois pas te sentir productive à diluer les choses, quoi que ça peut-être un bon exercice.

    @Asia Très bonne analogie. Comme quoi on gagnerait à prendre la vie d’un côté plus ludique. « Un dossier impossible à finir à rendre pour ce soir ? Challenge Accepted, j’ai fait le NaNo moi monsieur ! » 🙂

    Merci pour vos commentaires !

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