Méthodologie de l’auteur étudiant

Aujourd’hui, j’ai décidé d’instaurer une petite pause « personal life » sur ce blog, mais sans pour autant dévier de mes sujets habituels pour ne pas vous décevoir cher public d’auteurs talentueux et perfectionnistes. Comme vous le savez peut-être (par exemple si vous avez lu la section « A propos » de ce blog), je suis encore un triste étudiant, qui observe avec envie et jalousie la vie active des vrais gens. J’ai pris la sage décision, en cette année scolaire qui avance plus vite que jamais, d’opter pour une année de césure professionnelle. J’ai donc mis entre parenthèse ma carrière d’étudiant pour commencer ma vraie carrière, comme un grand.

Si je découvre la joie du travail en environnement réel, je ne suis pas pour autant exempt de basses tâches étudiantes, et me voilà soudain chargé de rédiger une dissertation sur un sujet d’intérêt, pour moi comme pour d’autres, qui aura pour vocation de montrer à mon école que mon année de césure ne m’aura pas fermé sur le monde et que je suis toujours capable de disserter, fièrement et librement. Me voilà donc avec une moitié de semaine pour rédiger, un peu au dernier moment certes, un travail d’une quinzaine de page que j’ai choisi de dédier aux réseaux sociaux, par facilité.

Bref, voilà pour la petite introduction, passons aux choses qui pourraient vous intéresser. En reprenant la plume pour motif non fictionnel, je découvre avec une fierté mêlée de terreur que mon formatage étudiant reprend le dessus, et que j’applique une méthode rôdée par les années avec l’application et la ferveur de l’un des robots d’Isaac Asimov. Cette méthode, qui n’a rien de complexe avouons-le, me paraît finalement aussi efficace pour un devoir étudiant que pour un livre, si bien que j’ai décidé de vous la partager ici, expliquée en six points :

  • 1. Le brainstorming :

 Tout commence par une idée, un petit brainstorming en solitaire. Trouver le sujet d’une dissertation revient à se poser une série de question : « Qu’est-ce que l’école appréciera ? », « Quel sujet m’intéresse suffisamment pour lui dédier 15 pages ? », « Si je choisis ce sujet, que pourrais-je en dire ? » , etc. Dans mon cas, je choisis d’évoquer les réseaux sociaux car je m’intéresse doucement au web, au marketing et au webmarketing, que je connais certaines choses sur le sujet, qu’il est aisé de trouver de la documentation dessus, que le sujet peut directement toucher le correcteur d’une école de commerce, etc.

Pour un livre, la démarche est finalement la même. Tout part d’une idée, ne serait-ce qu’une scène, un personnage ou un genre. Vous vous demanderez sûrement quel genre vous maîtrisez le mieux, quel sujet vous met le plus à l’aise, sur quelle thématique vous pourriez être le ou la plus intéressant(e). Si vous êtes un auteur malin ou vilement attiré par le marketing, vous réfléchirez peut-être également à ce qui se vend le mieux, à ce qui attire le plus, à ce qui est le plus rapide à coucher sur papier…

  • 2. L’introduction :

Petite tradition personnelle, j’aime commencer un travail en rédigeant ce qui pourrait être une introduction, à partir des premières idées issues du brainstorming. Pour ceux d’entre vous qui sont encore étudiants, ne suivez jamais ce conseil : mieux vaut écrire introduction et conclusion en dernier lieu, mais c’est une autre histoire ! Cette étape me permet personnellement de tâter un peu le terrain, de réfléchir à comment orienter la dissertation…

 Cette étape pourrait être la bienvenue pour les auteurs. Commencez par écrire le début du livre, ou une scène au hasard, qui vous inspire. Cela vous permettra de tester votre style, de voir s’il s’adapte à votre histoire, et si vous vous sentez capable de continuer. N.B : Cette étape est en vérité un piège pour les auteurs qui n’osent pas se lancer. Ils rédigeront les premières pages en croyant ne faire qu’un test, et se rendront finalement compte qu’ils ont commencé leur roman, qu’ils ont enfin passé ce cap !

  • 3. La recherche documentaire

Rien n’est plus satisfaisant que d’écrire sans avoir besoin de sources… mais rien n’est plus rare ! Personne ne connait tout sur tout, et il est bien souvent indispensable de dénicher l’information, où qu’elle se trouve. Certes, je  connais quelques réseaux sociaux, quelques tendances et infos, mais j’ai intérêt à donner du détail croustillant pour impressionner mon correcteur, j’ai aussi intérêt à lire ce qui se dit pour ne pas taper à côté, surtout en évoquant un sujet si mouvant que le Web social : il ne s’agirait pas de dire que MySpace est le dernier réseau social à la mode !

Encore une fois, l’auteur est face à la même problématique. Si vous êtes commissaire de police à Paris depuis trente ans, vous n’aurez aucun mal à écrire un polar qui se déroule à Paris. Si votre polar se déroule à Marseille, vous aurez intérêt à étudier Marseille. Si vous n’êtes pas commissaire, vous aurez intérêt à étudier la criminelle ! Pour faire court : renseignez-vous ! Il est toujours bon d’impressionner le lecteur, de lui prouver que vous maîtrisez votre sujet. S’il voit des incohérences dans votre récit, il ne se sentira plus impliqué et perdra le fil.

Pour autant, que vous soyez auteur ou étudiant, tâchez de ne pas faire de gallimardise ! Il ne s’agit pas de plagier honteusement, mais bien d’utiliser la documentation pour écrire quelque chose de nouveau et d’original.

  • 4. Le plan

Formaté que je suis, je décide toujours de placer le plan de ma dissertation sur papier, plan en trois parties qui plus est, comble du robotisme. Je me contente bien souvent de dresser un plan vide sur ma feuille, et renseigne tour à tour les titres des trois parties, voire des trois sous-parties de chaque partie. Cela me permet de tester la cohérence du plan sans perdre du temps à commencer la rédaction, mais aussi d’ordonner mes différentes idées issues du brainstorming et de la recherche documentaire.

L’auteur que vous êtes se demande alors en quoi cette partie pourra l’aider, lui qui n’écrit rien en trois parties… Qu’il se détrompe ! Un livre est au final aussi ordonné qu’une dissertation : on ne place d’ailleurs pas des chapitres pour rien. Si vous étiez attentif à l’école, un autre formatage doit vous rester de cette époque, les cinq situations du récit : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement, situation finale. Certes, il est un peu simpliste d’écrire son récit à partir de ce schéma réducteur, mais il s’agit d’une très bonne trame pour ordonner ses idées et avoir les premières pistes. Difficile de créer un récit cohérent à partir de votre brainstorming ? Faîtes comme moi : notez ces cinq situations sur une feuille blanche et tâchez de trouver les titres qu’elles auraient dans votre livre.

  •  5. La rédaction

La rédaction d’une dissertation est toujours frustrante. Si on a bien dressé le plan, la dissertation est déjà écrite dans la tête : 99% du travail est donc déjà fait ! Néanmoins, la rédaction est un très long pourcent à passer, qui est tout aussi primordial que le reste. Un bon plan peut facilement être gâché par une mauvaise rédaction, mieux vaut donc ne pas se relâcher sur cette partie. D’autant plus que la rédaction permet parfois de faire germer des idées nouvelles, et de rendre le plan plus riche qu’il ne l’était sur le papier.

Auteurs, pas besoin de vous faire un dessin sur cette partie : votre livre, vous devez l’écrire ! Soignez votre style, pensez aux détails, et n’hésitez pas à développer vos idées tout en rédigeant. Parfois, les scènes et les personnages prennent un peu le dessus sur votre idée initiale, et c’est souvent une bonne idée de les suivre…

  • 6. La relecture

Ma dernière étape, souvent avant d’envoyer ma dissertation à la dernière minute, consiste en une relecture attentive. Fautes d’orthographes, de syntaxe, énormités, oublis de mots,… Les correcteurs ne sont pas des tendres, mieux ne vaut pas leur offrir des bâtons pour me battre. Je ne commets donc jamais la bêtise de zapper la relecture.

Malheureusement pour vous auteurs, les lecteurs (encore plus ceux qui s’occupent de trier les manuscrits reçus par les maisons d’édition…) sont plus durs encore que les correcteurs, alors ne flanchez pas non plus sur cette dernière étape, car si elle est plutôt contraignante, soyez sûr qu’elle paiera. Votre texte peut-être le meilleur du monde, si des fautes agressent le lecteur à chaque mot, il s’en moquera bien.

Nous y voilà, vous connaissez à présent mes secrets ancestraux de rédaction de dissert’ ! J’espère sincèrement qu’ils pourront vous être utiles pour mener à bien votre carrière d’auteur.

Les plus fins et critiques d’entre vous pourront se dire « mais si ce mec a une dissertation de 15 pages à faire dans la semaine, pourquoi il perd son temps à rédiger un tel article ? ». Juste remarque ! Je leur répondrai donc, ainsi qu’à mon futur employeur qui passerait par ici dans un improbable futur, que cela n’illustre pas mon étonnante capacité à être distrait, mais avant tout mon attrait sans faille pour le défi, et ma faculté innée à gérer les dossiers urgents et à traiter en catastrophe !

Crédits photos : Paumadou, qui a immortalisé ma si belle écriture…

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4 réflexions sur “Méthodologie de l’auteur étudiant

  1. Je ne suis pas d’accord pour l’intro! Je suis comme toi, je l’écris tout au début, quitte à revenir dessus après (c’est souvent inévitable). J’en discutais justement avec mon directeur de mémoire la dernière fois qu’on s’est vu, et il m’appuyait là-dedans… Il ne comprenait pas les étudiants qui pouvaient laisser leur intro entièrement pour la fin.

    Pour le reste, je privilégie un mélange bordélique. Écrire m’aide beaucoup à penser, donc j’évite de tomber dans le piège de « tout faire avant de me mettre à écrire », puisque cette dernière étape pourrait me faire comprendre beaucoup plus de choses que n’importe quel plan/réflexion abstraite… De plus, écrire prend toujours plus de temps qu’on ne le croit! 😉

    Je commence aussi par un brainstorm sur brouillon et une ébauche de plan, par des recherches clés, mais je ne m’apesantis pas. J’essaie de me mettre à écrire le plus vite possible, et à partir de ce moment-là, je fais des allers-retours entre écriture et recherche, écriture et plan, aussi souvent que c’est nécessaire.

    Un peu pareil quand j’écris de la fiction, mais je ne fais pas toujours de plan ni de recherche. L’écriture, ce n’est pas juste le support, le contenant; ça détermine le contenu également.

    • Disons qu’écrire l’intro en final te permet de ne pas faire d’intro hors propos puisque tu as tout le reste en tête, mais c’est vrai qu’il vaut sans doute mieux commencer par là, quitte à la rédiger à nouveau à la fin !

      Et bien d’accord avec toi sur l’écriture « en bordel ». Pour moi, mettre deux ans à préparer ton plan, c’est surtout repousser le début de l’écriture. D’autant plus que je trouve ça frustrant de devoir écrire quelque chose qui est déjà finalisé à 100% dans ta tête. Et puis, « l’appétit vient en mangeant », l’écriture apporte de nouvelles idées, permet de délayer le scénario presque naturellement, même si cela implique souvent plus de relecture.

      J’évite simplement de ne pas écrire l’histoire dans l’ordre. Certains commencent par écrire les passages auxquels ils ont pensés, et qui les inspirent, et je pense que le risque en faisant cela est de se contenter de ces passages sans jamais chercher à écrire l’histoire au complet.

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! 😉

  2. Aura-t-on le plaisir de lire cette prose sur les réseaux sociaux ?
    Je suis curieuse (et le faire au dernier moment, c’est normal, on l’a tous fait 😛 )

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