Présentation de l’auto-édition

Les quelques articles publiés jusque là ne l’ont peut-être pas fait comprendre, mais le Souffle Numérique (comme son nom ne l’indique pas forcément) ne se limite pas qu’au seul sujet de l’édition numérique. En parallèle, ce blog est aussi destiné à donner des conseils et informations je l’espère utiles sur l’écriture d’une part et l’auto-édition d’autre part. C’est ce second thème que j’ai décidé d’aborder aujourd’hui, et rien de tel, pour ce faire, que de vous donner un rapide résumé de ce qu’est (ou représente) l’auto-édition en France.

L’auto-édition est tout d’abord sujette à un captivant débat orthographique, qui risque d’opposer de nombreuses écoles de pensées durant les millénaires à venir. Les puristes écriront « autoédition », les frileux écriront « auto édition ». Pour ma part, j’ai adopté l’audacieux pari d’écrire « auto-édition », d’une parce que j’aime bien, et de deux (raison un poil plus fondée) pour garder l’orthographe choisie par les auteurs des premières lectures « sérieuses » que j’ai eu l’occasion de faire sur le sujet.

Plus concrètement, l’auto-édition est la volonté (imposée ou non) d’un auteur à « produire » et diffuser lui-même son œuvre. Pour faire simple et concret, il s’agit de se passer des services d’un éditeur. Les avantages pour l’auteur sont multiples, puisqu’il n’a plus à offrir un certain pourcentage de ses droits d’auteur à une tierce personne, a toute latitude sur son œuvre et ne doit donc pas l’adapter selon les « conseils » d’un éditeur, peut diffuser son roman comme il le désire, est maître de sa communication. Les inconvénients sont plus multiples encore : l’auteur doit multiplier les rôles (écrivain, éditeur, diffuseur, etc.), s’intéresser à un tas de domaines qui lui sont inconnus (juridique, vente, graphisme, mise en page, marketing, etc.), se démener pour diffuser son livre (impression ou diffusion numérique) et plus encore pour le vendre. Il doit surtout affronter une mauvaise réputation.

Mauvaise réputation ? Pourquoi donc ? Car il faut l’admettre, nombre d’auto-édités (ou indépendants) ne le font pas par choix, mais après avoir essuyé maints refus de la part des maisons d’édition. Persuadés de la qualité de leur texte, ils décident de l’éditer eux-mêmes, car sont certains de trouver un public, et parfois veulent tout simplement prouver aux éditeurs réticents qu’ils avaient tort ! Malheureusement, parmi ceux qui font ce choix, tous ne le font pas à raison, et certains souffrent simplement d’un texte non abouti, voire tout simplement mauvais. Si bien que l’ensemble des auto-édités se voit attribuer l’image d’auteurs rejetés, d’écrivains de seconde zone, ce qui est loin d’être le cas ! Faire des généralités à ce propos reviendrait aussi à dire que tout ce que vendent les maisons d’éditions traditionnelles tient du génie… Vous me permettrez d’en douter !

Si à mon sens, un auteur indépendant devrait s’arranger pour travailler majoritairement seul (être réellement « auto-éditeur »), il est reconnu que l’édition à compte d’auteur est une forme d’auto-édition. Opposés radicalement aux maisons d’éditions « classiques », à compte d’éditeur, qui investissent pour lancer un auteur, les éditeurs à compte d’auteur ne prennent aucun risque et demandent à l’auteur de les payer. En échange, ils assurent -ou sont censés assurer- le rôle d’éditeur, avec correction, relecture, mise en page et impression d’un certain nombre de livres, que l’auteur sera chargé de vendre lui-même.

Cette pratique, qualifiée de Vanity Publishing par les anglo-saxons, a aussi mauvaise presse -sinon plus- que les auto-édités eux-mêmes ! Nombre d’éditeurs à compte d’auteur se contentent en effet d’encaisser les chèques de l’auteur et d’imprimer ses livres, sans porter aucune critique éditoriale sur leur contenu. L’écrivain, satisfait d’être enfin « accepté » par un « éditeur » restera ensuite avec 500 livres invendables sur les bras, un trou énorme dans son budget et des rêves brutalement brisés. Ma position est loin d’être originale et farfelue, mais je conseillerai à tout auteur tenté par l’auto-édition de fuir les comptes d’auteur comme la peste !

Selon-moi, même si l’entreprise sera plus difficile, un indépendant aura tout intérêt à travailler seul, et à se démener par lui-même. Il en gagnera plus d’expérience, plus de fierté, plus de contacts, plus d’économies, plus de résultats… et plus de boulot ! En revanche, comprenez-bien que si je parle de travailler « seul », c’est surtout au niveau éditorial. Tout comme un éditeur a souvent besoin de recourir aux services d’autres personnes, l’auteur indépendant aura intérêt à s’entourer de certains professionnels pour produire des livres de qualité. Je pense notamment à plusieurs relecteurs (et pas uniquement des proches !), à au moins un correcteur expérimenté ou encore à un graphiste (pour la couverture). Bien entendu, si l’indépendant cherche à imprimer ses livres, il devra également passer par un imprimeur… Même si ce n’est plus obligatoire !

Vous m’avez sans doute senti venir, avec mes gros sabots électroniques, je n’allais pas lancer ce billet sans glisser une pointe de numérique ! Passer par un éditeur à compte d’auteur ou par un imprimeur revient plus ou moins à la même chose : de sérieux investissements (souvent compter en milliers d’euros !) qui sont évidemment répercutés sur les prix de vos livres. Vous serez contraint de proposer vos livres d’une centaine de pages ou deux à une quinzaine d’euros au moins pour entrer dans vos frais. Demander à de parfaits inconnus de verser une « telle » somme pour un livre dont rien n’indique la qualité, c’est quasi utopique ! En revanche, le numérique vous permet de réduire considérablement l’investissement, mais aussi et surtout de proposer vos livres à trois, quatre ou cinq euros ! Des sommes nettement plus abordables pour vos futurs lecteurs.

Mais tout cela, j’y reviendrais très prochainement… A bon entendeur !

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19 réflexions sur “Présentation de l’auto-édition

  1. A noter de nombreux « faux-amis » (traduction d’un mot à l’autre anti-intuitive) lorsqu’on parle du milieu de l’édition : « Editeur » (Francais) se traduit « Publisher » (Publieur) en anglais alors qu' »Editor » en Anglais correspond au « Relecteur » Francais.

    A ce titre, il faut souligner que l' »Editeur » français assure (finance) bel et bien le rôle de relecture, et que pour un auto-éditeur se passer de cette activité de « relecture » est bel est bien la meilleur façon de 1) se planter et 2) de conforter les détracteurs de l’auto-édition dans leur mauvaise opinion de la production.

    Donc un conseil aux auto-éditeurs (et une demande en tant que lecteur) : Avant de publier vos livres, FAITES LES RELIRE !!! (et de préférence par des gens qui savent faire)

  2. Mmmm… Je te conseille réellement de lire L’édition Interdite, il fait bien la différence entre auto-édition (et l’avoue quasi impossible puisque se relire et être critique avec soi-même est souvent une tâche qui pousse à la schizophrénie) et l’auto-publication.

    Je me considère comme auto-publiée : mes textes sont relus/critiqués/réarrangés suite aux avis de gens que je ne connais pas (ou à peine). Il doit rester des fautes (mais vu qu’il en reste parfois dans des ouvrages officiellement publiés par des grands éditeurs, je m’en sors pas trop mal) et des maladresses (mais je me soigne ! après tout, c’est aussi le but de l’auto-édition pour moi)

    Quant à faire appelle à un imprimeur… il n’y a que les fous qui se lancent directement dans l’impression de 200 bouquins quand il existe une offre d’impression à la demande ! (rien n’empêche si le livre a vraiment du succès de passer par un imprimeur par la suite…)

    Quant à l’image : auto-édition=auteur nul et raté, évidemment, ça restera une idée qui sera difficile à combattre… Même en criant haut et fort que non, on est pas aigri et hostile aux éditeurs quand on décide de s’auto-publier, vu le nombre grandissant de personnes qui s’y mettent sans aucune conscience professionnelle, on restera noyé dans un flot à la qualité douteuse. Il faut alors que l’auteur s’en sorte et montre son talent au delà de son étiquette « auto-édité »(et punaise, qu’est-ce que c’est dur !)

    • @TheSFreader Tout à fait ! « Des gens qui savent le faire » ET n’auront pas peur de vous incendier si vous êtes mauvais. Les proches sont gentils de vouloir préserver la fierté d’un auteur, mais si cela lui masque ses défauts, ça ne lui sera jamais profitable !

      @Paumadou : Ta critique m’a déjà donné envie de lire l’édition interdite, donc je vais m’y mettre au plus vite ! Au sujet des différences auto-édition/auto-publication, je comprends bien ces notions, mais il ne s’agit pour moi que de jeux sur les mots. En gros, on dira que les auto-publiés sont les bons auto-édités !

      Tu parles de « fous » pour ceux qui investissent des sommes folles, je parle de passionnés, d’espoirs déçus. Je pense que nombre de comptes d’auteur jouent des rêves de leurs victimes… Euh, de leurs clients ! Tout comme font la plupart des escrocs. Ainsi va le monde !

      Merci beaucoup pour vos commentaires !

    • On restera noyé dans un flot à la qualité douteuse : En tant qu’observateur (pas impartial pour un poil) du courant de l’auto-publication anglophone, je peux te donner leur réponse-constat :

      La crème flotte, le m**de coule.

      L’avantage d’Internet, c’est que finalement c’est un filtre extraordinaire. Imparfait, certes, mais où chacun (lecteur-consommateur, lecteur-critique, blogueur…) contribue à faire remonter les oeuvres qu’ils jugent bonnes, soit globalement, soit « localement », dans sphère des gens qui ont globalement les mêmes gouts/axes de valeurs etc.

      • Encore faut-il que la crème soit lu… Disons qu’en France, l’auto-édition n’a pas encore la côte : l’image reste : éditeur=qualité et auto-publié=rebut (et la mentalité française a beaucoup de mal à évoluer !)

        Même quand je propose des textes gratuitement, je dois me battre pour qu’ils soient lus… même avec le soutien et relais d’autres personnes et des critiques pas mauvaises ! L’abondance joue contre l’auteur (n’importe lequel) mais l’étiquette « auto-édité » apporte un point négatif supplémentaire.

        Sur internet, je reste persuadée que le réseau et la capacité à mobiliser du monde est plus importante que la qualité finale… quand on débute en tout cas. Je ne néglige pas la qualité finale pour ma part, mais quand je vois certains blogs et livres « à succès », je me désespère… Une fois qu’on a acquis l’étiquette « écrivain de qualité » avec des lecteurs-fans (en dessous d’une dizaine, c’est même pas la peine d’y penser) ça devient sans doute plus facile pour « flotter »

  3. Concernant l’impression de livres, il ne faut pas oublier les imprimeurs à la demande tels que Lulu.com et TheBookEdition.com ! Je n’ai jamais testé le résultat mais les tarifs sont tout à fait intéressants, et je vois encore moins l’intérêt de s’adresser à un éditeur à compte d’auteur ou à un imprimeur…

    Je vois un peu l’avenir ainsi : des livres numériques adjoint de services d’impression à la demande pour les indécrottables du papier et les collectionneurs voulant graver dans le marbre certains textes.

    • Etrangement, je pensais que l’apparition des sites d’éditions à la demande et la possibilité de publier électroniquement (donc à être publié sans avancer un sous) ferait disparaître les maisons d’éditions à compte d’auteur…
      Ce qui ne semble pas être le cas : de plus en plus d’offres arrivent et proposent des publications payantes (minimum de 100 (!) livres imprimés, facturation des couvertures personnalisées sur un ebook en PDF – même pas un epub ! – facturation de mise en page, une soit-disant mise en avant sur leur site…)
      Bref, ça continue sous une nouvelle forme : puisque personne ne pige rien aux ebooks, vendons-en ! Et ajoutons la possibilité payante de DRM (désolée pour le coeur de l’auteur de ce blog 😛 ) et… tout est au final une machine à fric qui se fichent encore plus de la tête des auteurs que les maisons d’éditions traditionnelles ! (yen a qui s’énerve contre les DRM, moi, c’est plutôt les comptes d’auteurs… 😉 )

  4. @Paumadou L’auto-édition n’a pas encore (vraiment) la cote aux USA non plus, même si de nombreux auteurs auto-édités commencent à faire parler d’eux (y compris pour quelques-uns en signant des contrats assez exceptionnels avec de grandes maisons d’édition). Mais ce qui permet cet essor de l’auto-édition outre atlantique c’est d’une part l’incurie des éditeurs classiques (et là on est servi chez nous aussi), et d’autre part un afflux massif de lecteurs vers les livres numériques (en général), et là on pêche.

    Au final, ce qui nous manque (et ça me fait mal de le dire) c’est une grosse poussée médiatique et commerciale vers les ebooks, un peu comme ce qu’Amazon a fait aux USA.
    La FNAC et France Loisir se sont vautrés Noël dernier, avec un choix matériel affligeant et un bon croche patte des éditeurs.

    Ce n’est (à mon avis) que lorsque le marché du livre électronique français aura vraiment décollé que celui de l’auto-publication pourra prendre son essor… raison de plus pour les éditeurs de retarder l’échéance le plus possible…

    • Je ne sais plus où je lisais l’autre jour que c’était plutôt le contraire qui s’était produit aux USA : les auto-édités avaient participé au succès du Kindle en permettant à Amazon de grossir à moindre frais leur catalogue, générant quelques best sellers à même de faire peur aux éditeurs historiques et à les pousser à s’engager davantage dans la révolution numérique.

      • C’est bien possible que les auto-édités aient pris part à (voire catalysé) l’explosion, mais pour moi l’étincelle a bel et bien été le « push » du Kindle en lui même. (Je peux me tromper bien sûr).

        La lecture « universelle » sur un support unique, la lecture-achat en « Un clic », et effectivement un catalogue important (mais encore peu auto-édité à l’époque) ont permis sans doute à Amazon à ouvrir le marché qui n’était jusqu’alors que balbutiant et dispersé.

      • La seule chose que je sais c’est qu’Amazon préfère (et aide, encourage, fourni des outils) les auteurs auto-publiés (normal, plus ils en ont, plus le catalogue grossit, plus ils peuvent vendre… et ça leur donne une image de « bienfaiteur »).

        Il suffit de vouloir publier un ebook chez Amazon pour s’en rendre compte ! C’est rapide, facile (contrairement à l’iBookstore par exemple), ils proposent une page auteur pour faire ta pub (gratuitement), ça pèche un peu niveau rémunération (70% c’est uniquement pour les achats US-Canada-Mexique-Allemagne-RU et à partir de 2,99€… le reste, c’est 35% seulement – 35% de 0,99€ moins les taxes, ça fait pas beaucoup !)
        Bon et puis c’est en anglais ou en allemand…

        On prévoyait le Kindle en France pour la rentrée, mais c’est reporté à date indéfinie tant que les éditeurs ne cèdent pas sur les prix… Vu les têtes de mules, on peut attendre encore longtemps (sauf grosse opération promo-médiatique évidemment)

        Les éditeurs américains ne sont pas soumis au prix unique du livre, ce qui les poussent plus facilement à baisser leur prix à cause de la concurrence. Le PU a sauvé quelques petites librairies, et s’il reste valable pour le produit « papier » parce qu’il propose plusieurs prix selon les éditions, n’est plus valable avec le numérique… (mais là on part sur un autre débat ^^;)

      • Ce que j’aime avec tout vos commentaires, c’est qu’ils m’apportent plein de matière pour écrire plein d’autres articles ! 😀

        Au sujet du Kindle et de la position des éditeurs en France, je pense qu’il n’y a même pas à commenter. A force de jouer les idiots, les éditeurs français vont vraiment le devenir et se planter complètement sur le numérique, ce qui pourrait potentiellement être mortel pour eux !

        C’est bien beau d’essayer de retarder le numérique en France, mais il arrivera forcément ! Pour preuve, j’ai croisé un mec avec un kindle dans le métro parisien la semaine dernière ! 🙂

        Concernant le prix unique du livre, je me demande ce que ça donnera sur le numérique. Pour le moment, les éditeurs ont visiblement pas compris, puisqu’ils proposent le prix unique : prix du livre papier = prix de l’eBook !

    • En fait, je pense que tu l’as lu chez moi 😉 http://jiminypanoz.com/?p=81

      Ce qu’il faut bien comprendre dans cette histoire de catalyseur, c’est que les gros revendeurs US ont fourni des outils simples et rapides aux auteurs auto-publiés, tout en en faisant une pub monstre par des voies purement virtuelles (mail, pub, etc.). Amazon qui lance DTP, ce sont des mails directement envoyés aux auteurs publiés par une maison d’édition et de la pub sur leur site, en plus d’un accès simplifié via compte client Amazon. Si Barnes & Noble a suivi avec PubIt!, c’est que le sujet est d’extrême importance pour la dynamique de leurs plateformes.

      Du coup, des auteurs publiés ont sauté le pas… pour cause, on leur facturait la correction et l’édition de leurs manuscrits, on leur demandait de faire la promo par eux-mêmes, etc. Les maisons d’édition n’ont plus d’argent, il y a de moins en moins d’éditeurs et correcteurs, on a reporté le coût de ces processus sur les auteurs, notamment les auteurs mid-list. Certains ont commencé par vendre des œuvres inédites en auto-publication et ont constaté qu’ils en vendaient largement plus que ceux pris en charge par leur éditeur… la boîte de pandore a commencé à s’ouvrir à partir de là.
      On rajoute les gros problèmes actuels du système traditionnel par dessus : 12 à 24 mois pour que l’agent puisse en faire quelque chose vu qu’il est tout simplement débordé, livres qui restent deux semaines en rayon, royalties misérables même sur le numérique. Au final, des agents conseillent maintenant à certains poulains de s’auto-publier directement car ils auront plus à y gagner. Bref, ces auteurs et agents ont également réussi à changer quelques mentalités, puisqu’on ne pouvait plus associer auto-publication avec amateurisme à partir de ce moment-là, des « légitimes » publiés par des maisons d’édition s’infiltrant dans la brèche.
      Or, comme on peut le voir avec Smashwords par exemple (et son catalogue Premium), l’auteur doit travailler correctement, au moins d’un point de vue technique et mise en page, pour avoir la chance de rejoindre les étals des revendeurs numériques, donc à côté des grands noms.

      Problème majeur en France : Fnac, numilog et d’autres n’ouvrent pas leurs portes. Du coup, l’auto-publication reste souvent du bricolage. Or, les anglo-saxons ont prouvé que le système était viable et que faire confiance aux auteurs (pour fournir de la qualité et contenir leurs prix) et aux lecteurs (pour choisir et mettre en avant les bons livres) était une bonne solution. Peut-être qu’ils n’ont pas envie de se mettre les éditeurs français à dos… ça me paraît en tout cas être une partie de l’explication.
      NB : une plateforme de distribution va bientôt ouvrir ses services aux auto-publiés, il va falloir surveiller la réaction des revendeurs pour se faire une idée de leur politique sur ce sujet. J’en suis au point où je ne suis même pas sûr qu’Amazon ouvrira KDP (Kindle Direct Publishing) aux auto-publiés français, résultat d’un « accord » pour que les gros jouent vraiment le jeu. C’est peut-être paranoïaque, mais mon instinct me dit que quelque chose se trame en arrière-scène et que ce n’est pas bon. J’espère que les prochains événements me feront mentir.

      Je ne pense pas que nous puissions réellement comparer l’auto-publication anglo-saxonne avec l’auto-publication française de façon directe, pour la simple et bonne raison que ce sont deux cultures complètement différentes et que nos systèmes de mise en publication sont également très différents : Aux USA, l’agent est roi ; en France, nous ne voulons pas en entendre parler. Cela étant, nous aurions tous à y gagner si nous décidions de faire confiance aux auto-publiés, d’autant que de très grands noms ont commencé comme ça (voir rappel de Paul Leroy-Beaulieu dans son bouquin chez Numeriklivres).
      Une chose est sûre : si Amazon sort son chéquier pour garder Hocking, que B&N a sorti un concurrent à KDP, qu’Apple a ouvert iBookStore aux auto-publiés un mois après son lancement, que le Top100 Kindle voit nombre d’auto-publiés classés et que l’auto-publication est hype (dans le sens « surmédiatisé » anglo-saxon et pas dans le sens « cool » français), c’est que quelque chose se passe.
      J’aurais personnellement tendance à dire que ceux qui n’ouvriront pas leur plateforme aux auto-publiés se planteront lamentablement.

  5. @Paumadou Effectivement, Amazon est TRES pro-auto-publiés. De toute façon, étant donnée que les maisons d’éditions ont imposé leur « Prix Unique » à Amazon, (grosso modo une commission sur les ventes) et qu’ils touchent grosso-modo autant si’ils vendent un livre à 15$ « publié » et 5 à 3$ auto-publiés, ca ne change pas grand chose pour eux.

    Mais il y a encore + pro-auto-publication : Smashwords. Coté rémunération, c’est 60-80% quel que soit le prix et la localisation géographique. Sinon n’est Pas de DRM, pas de restrictions géographiques, multi-formats (Kindle, epub, pdf, rtf, txt…)…
    Ils servent d’intermédiaires pour diffuser chez les autres revendeurs qu’Amazon, mais vendent aussi en direct.
    Pour moi, ce sont bien eux qui sont les plus dans le « vrai ». Mais ca reste malgré tout des petits poucets pour l’instant.

    • Ce qui me dérange avec Smashwords, c’est le fait de transformer les fichiers pour les vendre : genre mon epub qu’il est tout beau, je dois reformater mon document de base (ben oui, j’utilise pas de base le système des styles de titre, paragraphes, moi, j’écris normalement 😛 ) Comment arriver à obtenir une qualité correcte après passage de moulinette ?
      Sans compter que l’ISBN de mon epub qui n’est plus l’epub que j’avais fait et que je vend ailleurs, ne devrait plus marcher pour le nouvel epub (vu que ce n’est pas le même fichier !)
      Or pour iBookstore, il faut un ISBN… sont gentils, j’en ai peut-être cinquante d’avance, mais si un seul texte me prend 5 ou 6 ISBN, ça va aller vite au rythme où j’écris ! (mais j’ai décidé de dire f*ck à l’ISBN sur certains formats 😛 vu qu’Amazon s’en fiche)

      Comment peut-on convaincre les gens que les epub c’est bien quand on ne peut pas leur fournir des fichiers bien fait avec typo et mise en page spéciale ?
      Je pense que ça joue aussi dans le fait que le livre numérique ne soit pas encore entré dans les moeurs en France : lire un simple TXT ou un ePUB avec CSS, ce n’est pas la même chose, hors beaucoup d’epub sont justes des txt htmlisé… Texte non-justifié, pas d’indentation, pas de marges, pas de polices agréables (TimesNewRoman de base sur la plupart des liseuses, ça fait « lecture sur écran »)

      D’autres entreprises proposent d’accepter les fichiers tel quel et de les vendre tel quel… pourquoi pas eux ? Lulu.com le fait pour l’ibookstore par exemple (seulement pour les livres en anglais, ce qui est une politique idiote)
      Des sites comme ça y’en a des tonnes (youscribe, calaméo, smashwords…), je reste réservée… à part Atramenta (qui ne vend pas encore pour l’instant), ce sont des plateformes de vente pour moi, sans véritable mise en avance, ni communauté… (en tout cas pour ce qui est de mon expérience personnelle)
      (Complètement HS avec le sujet de départ : en fait, ce n’est pas un blog avec commentaires qu’il faudrait, mais un forum ! 😄 )

      • (Complètement HS mais bien d’accord. Quelqu’un peut-il heberger un forum ?)
        Et oui, c’est clairement problématique cette histoire de moulinette.
        Mais justement c’est que le problème n’est pas simple : Smashwords se positionne comme un « grossiste » (même s’il fait de la vente au détail) qui distribue les livres chez mes revendeurs finaux. Or, chaque grossiste a des exigences de formatage/contenu différentes. La seule solution trouvée par Smashwords est donc de fournir une version « personnalisée » à chacun, et utilise pour cela la « moulinette ».

        Alors effectivement, ceux qui considèrent le packaging comme partie intégrante de l’oeuvre ou l’utilisent pour se différencier ne se retrouvent pas dans cet outil.

        Pour d’autres (dont je suis) qui considèrent que, passé un minimum de qualité, le texte est prépondérant, ce packaging n’a pas grande importance.

        Enfin, en tant que plateforme de vente, ce site, bien qu’ayant d’énormes inconvénients, possède un certain nombre d’atouts majeurs :
        – garantie sans DRM,
        – un très bon catalogue indépendant,
        – une bonne rémunération des auteurs,
        – un « cloud » qui me garantit une copie de sauvegarde supplémentaire de mes achats)…

        PS : il est possible que tu l’aies lu, mais j’ai un post entier sur mon blog pour Smashwords …

    • En fait, le formatage demandé par Smashwords n’est pas si compliqué que ça. Globalement, ce qu’il faut en retenir, ce sont les règles de typo élémentaires, les choses qui ne passent pas en ePub (tableaux, etc.) et le fait qu’un « header » génère un saut de page eBook.

      Ils ont d’ailleurs un guide assez complet (en anglais) : http://www.smashwords.com/books/view/52

      Pour l’ISBN, Smashwords en fournit un gratuitement pour iBookStore, il suffit de l’associer au fichier dans son dashboard.

      Globalement, sur la qualité de la mise en page, le Smashgrinder se débrouille pas mal. Si les règles de style du guide sont respectées, il ne devrait y avoir aucun problème.
      Le plus gros problème est finalement administratif à mon avis : pour éviter les 30% de taxes fiscales, il faut passer par l’ambassade US à Paris pour déposer son dossier, obtenir un ITIN et ensuite prévenir les plateformes avec un formulaire spécial.

      Pour Lulu, le fait est qu’ils ne pensaient pas que la distribution ibookstore fonctionne aussi bien. Ils ont maintenant un délai de publication de 30 jours ouvrés, ce qui les a obligé à privilégier les livres en anglais. Au départ, l’option devait être payante d’ailleurs. Et il est toujours prévu de la rendre payante.

      Pour les communautés, il est vrai que j’aurais tendance à te rejoindre sur ce point, du moins en France. Les anglosaxons ont su s’organiser et la communauté y est largement plus forte, tellement forte qu’ils discutent de la possibilité de se regrouper pour créer des catalogues en vente directe sur leurs sites (70% auteur / 30% collaborateur blog ou site) et que des Small Press sont nées de quelques succès de l’auto-publication.
      Je dirais bien volontiers que ça joue aussi énormément, ce genre de chose. Ils ont bien compris qu’en se regroupant, ils pouvaient également avoir beaucoup plus de poids médiatique auprès des blogs, etc.

  6. Pingback: L’auto-édition est-elle faite pour moi ? « lesoufflenumerique

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