L’incroyable guide de l’auto-publication en numérique

Aujourd’hui, le Souffle Numérique va s’attarder sur le guide d’un auteur dont vous avez sans doute déjà entendu parler, pour la simple raison qu’il revient assez souvent dans les commentaires des articles du blog, à savoir M. Jiminy Panoz. Panoz est un auteur qui a débuté en auto-publication, via l’expérience de son premier livre : American Gonzo, auto-publié sur le marché américain (le monsieur écrit aussi dans la langue de Britney Spears… ou de Shakespeare si vous préférez). Il marche aujourd’hui avec les excentriques mais talentueux éditeurs du studio Walrus, qui se spécialisent dans le livre numérique augmenté. Il y a quelques mois, j’ai acheté The Writer’s Guide to Self e-Publishing, car je me voyais mal (avant de créer ce blog) passer à côté d’un guide spécifique à l’auto-publication numérique. Ce guide, rédigé en Anglais comme son nom l’indique, m’avait bien plu, car même s’il reprenait les bases de l’auto-publication, il gardait une bonne valeur informative et m’a appris certaines techniques intéressantes de promotion ou de mise en avant.

Preuve que Panoz applique ses propres méthodes à la lettre, je me suis facilement rapproché de lui grâce à Twitter, ce qui m’a notamment amené à publier plusieurs articles sur son blog, ici et (ou encore d’ailleurs !). Puis, à participer directement à l’adaptation française de son guide, via une rapide interview que vous pourrez retrouver à la fin de l’ouvrage, noyée parmi des avis nettement plus intéressants, ceux de Julien Simon (fondateur de Walrus), Xavier Cazin (PDG d’Immateriel.fr) ou encore, et entre autres, de ma chère Pauline Doudelet, une auteur auto-publiée qu’il est bon de connaître ! Vous l’aurez compris, Jiminy Panoz est donc un peu celui qui m’a poussé dans la blogosphère, voire qui m’a fait un croche-pied pour que je tombe dedans tête la première ! Vous aurez aussi compris que c’est un auteur facile d’approche, loin de se la jouer artiste maudit, que je vous invite à retrouver sur Twitter : @JiminyPan.

Bref, une fois la parenthèse émotion et autobiographie terminée, passons enfin à une revue de la fameuse adaptation française de ce guide dont je vous parlais tout à l’heure ! Comme dit plus tôt, j’avais apprécié The Writer’s Guide… alors autant vous dire que j’étais sur le cul en lisant l’adaptation (et non la traduction, il est important de le souligner) française : L’incroyable Guide de l’auto-publication en numérique. Une simple critique au passage, à propos du sous-titre de cette adaptation : « @ l’usage des auteurs qui n’ont ni vraiment l’envie, ni vraiment la force morale de passer par un éditeur… ». Selon moi, la difficulté morale des écrivains est avant tout de voir leurs textes rejetés et leur talent remis en cause par leurs lecteurs, l’auto-publication me paraît donc aussi moralement difficile que le passage par un éditeur, mais passons, il me fallait bien trouver un défaut à ce guide !

Jusque là, je me moquais un peu de Panoz qui mettait des semaines et des semaines à « traduire » son guide, mais une fois le résultat en main, je comprenais pourquoi ! Dans son bouquin, Panoz fait un bilan clair et complet du marché de l’auto-édition numérique en France. Son ambition a été d’offrir un guide réellement orienté vers l’hexagone, ce qui est plutôt cohérent car le numérique français est loin d’être aussi développé que le numérique américain, et qu’il y a nettement plus de succès en auto-édition outre-Atlantique que sur notre bon vieux continent. Sans devenir une thèse sur le numérique, le guide aborde donc quelques points intéressants, qui vous aideront à vous situer face à votre marché, et comme le dit si bien Panoz :

« Puisque les éditeurs français ne veulent pas s’engager complètement sur le marché, la situation est idéale pour les auteurs indépendants. Ceux-ci ont le champ libre pour donner une chance à leurs manuscrits, d’autant plus qu’ils ne prendront pas de risques financiers énormes. Cela ne leur coûtera que du temps. »

Extrait de la partie « Pourquoi le livre numérique ? » du guide.

Pour le reste, la vocation de ce guide reste avant tout pratique. S’il vous apprendra sans doute quelques détails sur le marché du numérique, c’est surtout sur la pratique de l’auto-édition qu’il vous renseignera. Comme dirait l’oncle franchouillard que vous devez certainement avoir « C’bouquin t’apprendra les ficelles du métier gamin ! ». Au programme, l’auteur vous livre les fondamentaux à connaître, il vous explique par quelles plates-formes de vente vous pouvez passer, en s’adaptant à la réalité du marché français. « Une réalité ? Quelle réalité ? » se demande le naïf auteur bouffeur de grenouilles : de nombreuses plates-formes françaises refusent purement et simplement les auto-édités ! Le guide vous apprendra donc quelles sont les démarches à suivre pour vendre sur des plates-formes américaines, plus ouvertes aux indépendants, mais vous informera également sur certaines formalités indispensables (ISBN et dépôt légal par exemple).

Au-delà, vous apprendrez également comment « fabriquer » vos eBooks, avec quelques conseils de mise en page et de formatage sans lesquels vous passerez pour le pire des amateurs. Une partie s’attardera également sur la couverture de vos eBooks, aussi essentielle que pour le livre papier. Le guide ne fait pas non plus l’impasse de la promotion : réseaux sociaux, sites Internet, blogs,… Il va falloir bosser les amis !

Bref, sans vouloir faire une liste exhaustive du contenu de ce guide, vous comprendrez que l’auteur y évoque tout ce qui est indispensable à une auto-publication de qualité. Pour autant, ce livre n’est pas LA clef qui vous permettra de percer dans le monde de l’auto-édition. Panoz n’a pas cette prétention, et bien heureusement ! Certaines parties de cet ouvrage seront à approfondir, il vous faudra encore faire quelques recherches et trouver vos propres astuces et modes de promotion, car comprenez bien que la méthode d’auto-publication parfaite n’existe pas, autrement il y aurait longtemps que Gallimard aurait mis la clef sous la porte ! Pour citer une seconde fois les lignes de Panoz (il risque d’ailleurs de me poursuivre en justice pour cela, mais j’assume) :

« Ce livre ne vous expliquera pas comment vous assurer une place dans le Top des meilleurs ventes. Il vous fournira plutôt des astuces utiles, présentera l’auto-publication en toute honnêteté et soulignera les erreurs que vous ne pouvez vous permettre de commettre. Il n’y a pas de recette toute faite pour s’assurer le succès et pouvoir vivre de ses histoires. Mais, si vous lisez ce guide avant de vous lancer, vous économiserez du temps précieux. »

Extrait de l’introduction du guide.

Pour conclure, ce guide est tout simplement bon. Je le recommanderai particulièrement à quiconque aimerait se lancer dans l’auto-édition numérique sans rien y connaître (j’invite d’ailleurs ce type de profils à s’inscrire au Souffle Numérique, qui est là pour vous ! 😉 ), ou encore aux auteurs pas (encore) familiarisés avec Internet et ses modes de communication. Plus largement, je crois qu’il pourrait apporter des infos utiles à la plupart des auteurs, et je ne vois pas qui pourrait prétendre que les deux euros (1,99 €) que ce guide lui coutera auront été mal investis.

Trouver le guide sur Immateriel

Trouve le guide sur l’iBookstore

Publicités

6 réflexions sur “L’incroyable guide de l’auto-publication en numérique

  1. (faut pas faire ce genre de compliment, je pique un fard dès qu’on me dit merci… je vais finir par éclater comme une tomate trop mûre 😉 )

    Pour la phrase « @ l’usage des auteurs qui n’ont ni vraiment l’envie, ni vraiment la force morale de passer par un éditeur… » je la trouve juste (j’ai même souris en la lisant, je me suis dit « Tiens, il pense comme moi » : partout on nous dit qu’être édité c’est dur, que la majorité des manuscrits sont nuls, que le reste n’est pas lu par les éditeurs et qu’il faut de la patience, du temps… C’est un discours qui ne donne pas envie de publier !
    La réponse que je croise tout le temps à la question : « Bonjour, je m’appelle Machin, j’ai écrit un livre et j’aimerai le faire publier, comment je fais ? »
    c’est « Tu bosses, tu réécris, tu t’armes de patience et d’une carte d’abonnement à la photocopieuse pour envoyer tes manuscrits à toutes les maisons d’éditions disponibles dans la place. Mais surtout, dis-toi que tu ne seras pas publié: des manuscrits comme le tien, les maisons d’éditions en reçoivent des centaines par jour ! » (milliers pour les plus grosses)

    Un peu déprimant, non ?
    Je comprends qu’on choisisse l’auto-publication pour éviter d’attendre pour avoir une simple réponse ! L’attente pour certains est intenable (3 mois, c’est un minimum, il faut parfois attendre plus). Il y a aussi le jugement porté sur le manuscrit qui n’est bien souvent qu’un simple « Ne correspond pas à notre ligne éditoriale » sous entendu « on n’a même pas pris le temps d’approfondir la lecture » (qui n’est ni un jugement de valeur, ni une condamnation, c’est une négation pure et simple du manuscrit jugé inintéressant), certes un lecteur peut critiquer sévèrement, mais au moins, il l’aura lu !

    Il y a une part de peur évidemment d’être rejeté par un éditeur qui aurait vraiment pris le temps de lire notre manuscrit, et c’est vrai qu’il faut un minimum de courage moral pour affronter un professionnel, mais il y a d’autres facteurs. La force morale n’est pas toujours la peur du rejet, ça peut être aussi la lenteur du système, le besoin d’avancer dans son travail (écrire un livre, c’est une pierre à l’édifice, si on doit attendre que l’éditeur ait du temps à nous consacrer pour travailler là où on peut parfois bosser seul, ça peut être considéré comme une perte de temps…)

  2. @Paumadou Il n’y a pas à rougir pour ce compliment ! J’apprécie tout simplement tous les auteurs simples d’approche comme tu l’es ! Et quand leur travail est bon, c’est encore mieux ! (ça y est, je sens que ta tête toute rouge vient d’exploser ! Tu as raison pour les trois mois d’attente ou plus, ça m’était un peu sorti de la tête. De ce côté là, je comprends mieux. L’attente est horrible quand elle est uniquement récompensée… d’un silence ! Ou d’un refus non expliqué !

    Au passage, conseil pour auteur : une fois vos manuscrits envoyés/ votre roman fini, n’arrêtez pas ! Continuez d’écrire ! On ne mise pas tout sur le même poulain ! 😉

  3. Petit détail d’importance : ce sous-titre là, c’est le Morse qui l’a pondue (ça pond, un morse ?).

    Bon, j’ai validé derrière mais elle ne vient pas de moi ^^

    Après, la « force morale », charge au lecteur d’imaginer ce que c’est. Ça peut aussi être l’édition du manuscrit d’origine qui trahit complètement l’approche de base… ça peut être le temps passé à sélectionner puis contacter maisons et attendre un retour où aucune raison n’est donnée en cas de rejet… ça peut être le besoin d’indépendance et de liberté totale, etc.

    Autant de raisons différentes qui se retrouvent dans chaque profil d’auteur auto-publié, en fait.

    • Trop tard Panoz, Pauline a déjà très bien défendu cette accroche « pondue » par Walrus (au passage, bien sûr que ça pond un Morse, avant de placer les œufs dans sa poche ventrale pour les laisser éclore, revois ta biologie !).

      Il est vrai qu’il faut sans doute de la force morale pour s’abaisser aux découpages et modifications du récit imposés par certains éditeurs, ou même pour encaisser leurs multiples lettres de refus sans un explication.

      Bref, l’accroche n’est pas si infondée que cela, mea culpa !

  4. Comment ça roi des Fayots ?!

    Bon, ok j’applique l’art du fayotage selon les enseignements d’un vieux maître chinois, mais je ne le fais jamais à tort. J’ai dis et je maintiens que ce guide est d’une grande qualité ! :-p

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s