Trois hommes de ma vie

Ma maman m’a toujours dit de ne pas juger un livre d’après sa couverture. Je dois reconnaître qu’elle avait raison. Cette petite phrase pour introduire les Trois hommes de ma vie, une autofiction écrite par Tipram Poivre et qui m’a laissé une très bonne impression, malgré une couverture que je qualifierai de… moyenne !

Le livre que je vous présente aujourd’hui m’a été gentiment offert par son auteure, qui côtoie ce blog depuis quelques temps via les commentaires, et a attisé ma curiosité en me parlant de ses ouvrages. Je dois reconnaître que je ne me serais pas spontanément intéressé à ce livre, superficiel que je suis, mais aussi que j’aurais eu bien tort de ne pas m’y intéresser.

Dans cette autobiographie un poil romancée, Tipram Poivre (c’est un pseudonyme) risque de vous faire voyager. Tout d’abord au Cambodge, son pays natal et la toile de fond du récit. La narratrice y nait dans une famille importante, ce qui la cantonne à un avenir tracé, tout du moins sur le papier. Comme aurait presque pu le faire deviner le caractère et les frasques de ses sœurs, notre narratrice ne se limitera pas à l’avenir qu’on lui offre. Il faut dire que la guerre et la révolution qui bousculeront son pays changeront bien des choses.

Dans ce livre, vous suivrez une grande partie de la vie de la narratrice, de son enfance plutôt paisible à sa carrière à l’Unesco, en passant par son mariage tumultueux avec un prince, rien que ça ! Vous serez confronté à une femme au caractère fort, qui a vécu plusieurs vies dans une seule. Les sujets abordés ici sont divers, depuis la puissance, la politique, jusqu’à l’exil, au mariage, aux coutumes,… Le tout étant éclairé par l’admiration successive de la narratrice pour trois hommes : son père, homme influent de la politique cambodgienne, surnommé « le Seigneur des éléphants »; P’Kona, homme d’Etat dont elle admire l’intégrité; et Frederico Mayor, son référent à l’Unesco.

Trois hommes de ma vie est un texte humble et bien écrit, qui interroge. Certes, il serait difficile de le présenter comme un roman, car son but me paraît plus informatif que romanesque. Ne vous attendez donc pas à un récit haletant, à des retournements de situations ou à des personnages hauts en couleur. Vous trouverez certainement un peu de tout cela, mais avant tout car ils font partie de la vie de l’auteure, et non pas placés là pour tenir le lecteur en haleine. On reprochera peut-être également à son auteur certains partis-pris, mais comment faire autrement dans une autofiction ?

Je recommande en particulier ce texte aux passionnés d’Histoire ou de politique, à ceux qui s’intéressent au Cambodge et à son Histoire ou aimeraient justement approfondir leur connaissance de ce pays. Le parcours de l’auteure au sein de l’Unesco offre également un autre éclairage sur cette institution. Pour le reste, faire un petit bout de chemin avec la narratrice est loin d’être désagréable, et je suis sûr que chacun y trouvera son intérêt. Une mention spéciale pour l’adresse finale de l’auteure à ses petits enfants, et à quiconque prêt à l’écouter, plutôt émouvante et pleine de sens.

Vous trouverez Trois hommes de ma vie sur le site de l’éditeur : Syllabaire éditions, pour la modique somme de 4,99€.

Retour écrit pour le club des lecteurs numériques

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3 réflexions sur “Trois hommes de ma vie

  1. Sediter,

    Merci d’avoir pris le temps de vous intéresser à ce livre, malgré la couverture qui vous rebute.
    Je suis touchée de constater que vous avez apprécié ce que vous appelez « auto-fiction » au point d’en faire la chronique, avec pertinence et sensibilité, à votre habitude.

    Tipram

  2. Souvent je conseille à des connaissances d’horizons très divers les livres que j’aime : Il est surprenant de voir comment différents niveaux de langage entraînent différents niveaux de lecture…Vous voyez, par exemple outre le côté historique, documentaire et plus généralement très attrayant de ce roman, j’ai beaucoup aimé le côté très visuel des descriptions, j’ai relu certains passages comme on regarde un tableau impressioniste: de prés on perçoit les petites touches de couleur très distinctement, et quand on prend un peu de recul , c’est l’oeil qui fait le mélange des couleurs et met à jour tous les détails…
    En résumé une écriture intense, colorée, à tel point cinématographique qu’on la croirait dérobée à la filmographie en partie détruite par les khmers rouges, du seul roi cinéaste au monde, Norodom Sihanouk… Un bel hommage à un peuple, une culture et un pays pour le moins méconnus.

    • Merci, D’ailleurs, pour votre appréciation positive. Je dois avouer que je n’aurais pas pensé à comparer ma prose à un tableau impressionniste, moi qui n’ai aucun talent artistique, comme le révèle bien la couverture que Sediter trouve -à juste titre- laide.

      Ce que vous qualifiez de descriptions visuelles vient probablement du fait que mes premiers projets d’écriture consistaient à écrire des scénarii pour le grand écran.

      Il est vrai que le parcours du roi Sihanouk est peu banal. J’espère qu’il restera dans l’histoire comme le seul chef d’Etat d’un pays du Tiers Monde à avoir rejeté l’aide américaine puis à rompre les relations diplomatiques avec cette superpuissance. Mais ceci est l’objet du prochain livre…

      Tipram

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