L’éditeur de demain sera-t-il un référenceur ?

Cette année, j’ai repris les bancs de l’école. Pour être plus précis, j’entame ma dernière année d’école de commerce, ce qui vous parait peut-être à milles lieues des sujets que j’évoque par ici. Néanmoins, tout est toujours plus ou moins lié. Par exemple, j’ai assisté la semaine dernière à des cours consacrés à la création de trafic sur les sites Internet. Et figurez-vous que ça m’a tout de même fait réfléchir à l’édition numérique et à son avenir.

L’édition numérique, on le sait, ne représente pas encore grand chose sur le marché du livre. Néanmoins, on peut toujours imaginer (sans entrer dans le débat : papier ou électronique) qu’il représentera un jour une part relativement conséquente de ce marché, pour peu que les technologies du numérique évoluent en technique et en notoriété.

Dans ce cas de figure, on peut imaginer qu’une bonne partie des lecteurs ira chercher sa came sur Internet. Trouver un livre ne se fera donc plus en parcourant les étagères des bibliothèques, mais en naviguant sur la toile. Le lecteur aura alors le choix de passer par son fournisseur de livres favoris (les possesseurs d’un Kindle, par exemple, achèteront nécessairement leurs livres sur Amazon) ou pérégrineront sur Internet au gré de leurs recherches.

Jusqu’ici, rien de bien compliqué. Pourtant, les conséquences de cette observation pourraient changer radicalement le rôle et le fonctionnement d’un éditeur. En effet, vous ne serez pas surpris si je vous dis que la vente d’un livre dépend avant tout de sa diffusion. Si votre bouquin est présenté en produit star sur les étals de toutes les Fnac de France, vous vous doutez bien qu’il sera mieux vendu que s’il est uniquement présent au fond d’une bibliothèque de quartier, et ce peut-importe la qualité dudit livre.

Transposé à Internet, le problème est le même. Dans le cas d’une vente sur plateforme, l’important sera d’être présenté en page d’accueil pour être vu et potentiellement lu. Il est d’autant plus important d’être dans les premières pages de recherche quand le catalogue comporte des dizaines de milliers de pages. De ce côté là, on peut se dire que les grands éditeurs auront les meilleurs places, comme c’est déjà le cas sur les étals de Fnacs.

Néanmoins, pour tout ce qui est recherche Internet (pour faire simple : les différentes requêtes que le lecteur pourra taper sur Google), la notoriété n’a plus vraiment d’importance, seule la qualité du référencement compte. Ainsi, si un auteur de polar arrive à se placer en première position sur les requêtes « polar », « polar numérique », « roman noir », etc. les lecteurs à la recherche de crimes morbides et d’enquêtes haletantes arriveront directement chez lui, et il aura à lui seule la visibilité d’une ou plusieurs Fnacs.

Si on limite le rôle de l’éditeur à la diffusion (ce qui est quelque peu simpliste je vous l’accorde, mais je reste persuadé que la plupart des auteurs cherchent à être publiés chez tel éditeur pour son réseau et sa notoriété plutôt que pour le contact humain avec un professionnel qualifié…), l’éditeur de demain sera avant tout un bon référenceur plutôt qu’un fin littéraire ou un bon commercial.

Ce constat laisse alors croire à l’utopie (ou peut-être à la dystopie ?) de l’édition numérique comme vecteur de diffusion des textes autoédités. Tout comme Amazon a fait miroiter la gloire à tous les auteurs indépendants grâce à quelques success stories bien placées, on peut imaginer qu’un auteur un tant soit peu doué en référencement pourrait facilement s’attirer un public de lecteurs potentiels, sans même avoir besoin d’un éditeur pour cela.

Naturellement, cette vision des choses reste minimaliste, car cela suppose encore que les lecteurs ne se contentent pas de passer par des plate-formes de vente, mais aussi qu’ils soient prêts à payer pour la lecture numérique. Sans parler de la qualité du site vers lequel mènerait la requête, car il ne suffit pas de faire venir un internaute sur votre site pour qu’il achète vos livres. Viendra ensuite l’importance de la qualité des livres en question, qui pourra accessoirement aider au succès d’un auteur.

Finalement, la seule conclusion que je trouve à cet article sera plutôt simple : le référencement, c’est important.

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8 réflexions sur “L’éditeur de demain sera-t-il un référenceur ?

  1. Merci pour votre analyse, comme toujours très pertinent.
    Effectivement, pour les livres papiers comme pour les livres numériques, c’est un problème de visibilité qui se pose.
    Auriez-vous des « recettes » de référencement ?

    Je vous souhaite une excellente rentrée.

    Tipram

    • Merci pour votre intérêt Tipram ! 🙂

      Le référencement est tout un travail ! Le plus amusant reste de se dire que même les professionnels ne savent pas réellement quelles sont les ficelles : tout se fait dans le tâtonnement.

      Quelques clefs importantes :
      – Avoir du contenu original, et travailler ses mots clefs (plus un mot clef est dense sur votre site, plus le moteur de recherche pourra vous identifier comme un site pertinent sur tel ou tel sujet)
      – Être « lié » : plus de sites mettront un lien vers le votre, et mieux il sera référencé (pour peu que ce soient des sites de qualité bien sûr), et c’est aussi valable sur les réseaux sociaux (d’où l’intérêt d’y être présent, et suivi).
      – Avoir un nom de domaine pertinent : c’est un peu difficile et plus délicat, mais l’auteur de polar qui possède le nom de domaine polar.fr aura plus de chances d’être bien référencé sur la recherche « polar ».

      Naturellement, il y a bien d’autres choses à faire, et c’est un travail qui se fait sur le long terme.

      • Je suppose que cela signifie qu’il faudra très vite que je crée un site et que j’ouvre un compte twitter.

        J’éprouve de la réticence à créer un site uniquement pour promouvoir ma prose…
        De plus, j’ai peur de ne pas être capable d’alimenter régulièrement mon éventuel site par des articles intéressants et différents de ce qui existe déjà. Sans compter que je manie mal les outils des nouvelles technologies.

        Vous me faites pâlir d’envie, vous, Jbb, et d’autres auteurs de sites que je visite régulièrement tels que Paumadou, etc. Pour employer du jargon onusien, vous êtes tous tellement « plurisdisciplinaires », et vous réussissez à mettre une substance de qualité dans un contenant séduisant. Veinards.

        Tipram

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