La vie fantasque de l’auteur – Episode 1

Machine à écrire

Ces derniers temps, les articles de ce blog se sont concentrés sur des sujets bien trop sérieux ! Publier un livre, obtenir un ISBN, s’occuper du dépôt légal… Autant d’actions qui pourraient faire passer l’écrivain pour un ennuyeux travailleur occupé à accomplir des tâches ingrates. Mais bien au-delà de toutes ces considérations bassement administratives, l’auteur est  un être humain (pas) comme les autres ! Voilà pourquoi j’ai décidé d’entamer une série d’article qui visera à vous décrire, à vous pauvres mortels, le train de vie et les habitudes des auteurs, articles que j’intitulerai sobrement : « La vie fantasque de l’auteur ».

J’ignore combien d’articles seront dédiés à ce sujet si complet, mais je vous assure d’ores et déjà qu’ils vous permettront de tout savoir sur les écrivains hommes et femmes que vous chérissez sans même le savoir. Ah, et dernier petit détail : pour ceux qui, ayant lu certains de mes articles tels que les 5 commandements du troll de l’auto-édition, me soupçonneraient d’user encore une fois de mon célèbre second degré, sachez que cette série d’articles est fondée sur une étude sérieuse, menée durant plus de 15 ans (de février à mars 2013) sur un panel d’environ 60 millions d’auteurs (notez-bien le terme « environ »). Chez le Souffle Numérique, on fait du journalisme d’investigation, alors attendez-vous à ce que les infos délivrées ici soient aussi fiables qu’un bon épisode de Vis ma vie ou encore de Confessions intimes.

Épisode 1 : l’emploi du temps de l’écrivain

Pour s’intéresser sérieusement à la bête, il faut la suivre nuit et jour dans son fonctionnement quotidien. Ce pourquoi le tout premier épisode de La vie fantasque de l’auteur s’attardera sur son emploi du temps, heure par heure, ou presque. Vous pourriez croire que la vie de l’auteur se cale sur le traditionnel schéma du métro-boulot-dodo, mais il n’en est rien ! Comme indiqué plus tôt, l’existence de l’écrivain est fantasque et non pas tristement commune. A ce propos, vous ne verrez jamais un auteur circuler en métro, ce moyen de transport complètement has-been. L’écrivain ne se déplacera qu’en calèche ou en bicyclette, pour affirmer sa différence ! Mais ne divergeons pas et intéressons-nous plutôt à l’emploi du temps de notre cible.

  • 5 heures du matin : l’inspiration réveille notre auteur L’écrivain est un artiste avant tout, et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas un fainéant puisqu’il se lève avant le soleil, torturé par ses muses. Souvent, il s’agit d’un réveil brutal qui s’accompagne d’une idée fulgurante pour un prochain roman. Naturellement, l’écrivain ne se fatigue pas à écrire cette idée sur le papier, il s’en souviendra tôt ou tard. S’il vit avec un être cher, il pourra le/la réveiller pour s’assurer qu’il/elle se souvienne de cette idée géniale à sa place.
  • 5h10 – 11h00 : le repos bien mérité L’auteur est un être indépendant qui ne laissera jamais ses muses décider à sa place. Bien que réveillé par son idée, il décide de se rendormir jusqu’à une heure plus raisonnable, car une longue journée l’attend.
  • 11h00 : un réveil dans la solitude L’auteur est un être très solitaire, souvent rabaissé de par sa condition de génie. Il se réveille généralement seul, soit car il n’a pas trouvé un compagnon/une compagne capable de supporter son mode de vie inédit, soit parce que ce compagnon/cette compagne est parti(e) faire un travail que l’écrivain jugera souvent ridicule et conformiste. Mais l’écrivain est un être courageux, qui peut affronter la solitude.
  • 11h00 – 12h00 : la méditation Épuisé par sa nuit, l’auteur débute rarement sa journée de travail avant midi. Pour commencer, rien de tel qu’une heure de méditation intense, qui lui permettra de mieux préparer ses prochains textes. Il passera au choix cette période devant la télé, l’ordinateur ou la tablette. Le plus courageux gribouillera quelques mots sur des feuilles volantes. Cette période peut également être utile à l’auteur pour parachever son look et choisir quels vêtements originaux il portera dans la journée. Souvent, l’écrivain dispose d’une collection de chapeaux loufoques pour se différencier des autres êtres humains. Choisir lequel il portera peut lui prendre des heures, ce n’est pas toujours facile de se libérer de la condition humaine.
  • 12h00 – 14h00 : un repas régénérateur Vient bien entendu le moment de manger. Contrairement à ce que vous pouvez penser, l’auteur ne se contente pas de champignons hallucinogènes et d’absinthe, mais doit lui aussi se nourrir, comme les autres êtres humains. S’il dispose d’un(e) petit(e)-ami(e), il se nourrira du plat que ce dernier aura préparé la veille, tout en se plaignant de son mauvais goût. Autrement, l’écrivain devra prendre son courage à deux mains et commander un repas au restaurant le plus proche, mais avouez que cela est plutôt rabaissant.
  • 14h00 – 16h00 La recherche de l’inspiration Le commun des mortels accomplit une tâche répétitive et simple, sans même avoir besoin de réfléchir pour cela. L’auteur, lui, est un artiste accompli, qui ne peut donc se contenter de se placer face à un bureau pour commencer à travailler. Débute alors une longue phase de recherche de l’inspiration. Heureusement, l’écrivain est un être consciencieux, qui sait comment titiller les muses. Il trouvera ainsi l’inspiration via des recherches intenses, par exemple sur Internet, à travers des sources sérieuses telles que YouTube par exemple.
  • 16h00-18h30 Le contact avec la réalité L’artiste tire sa force de sa faculté à décrire le monde qui l’entoure. Voilà pourquoi un auteur ne doit jamais s’isoler du monde réel. Qu’il ait trouvé l’inspiration ou non, l’écrivain va mobiliser toute son énergie et se forcer à quitter son appartement parisien (avais-je oublié de mentionner que l’auteur vit forcément à Paris ?) pour entrer en contact avec le monde. Cette phase le poussera à errer dans un parc, à travers les rues ou bien dans un troquet. Il pourra ainsi porter son œil aiguisé sur la société pour mieux la décrire dans ses textes par la suite.
  • 18h30-19h00 : L’écriture Quand le contact avec la réalité ne s’étire pas trop longtemps (il arrive en effet que l’auteur soit contraint de rester dans un bar pour mieux étudier ses semblables ou s’assoupisse sur le banc d’un parc public), l’écrivain retourner dans son logement pour commencer à écrire. La tâche est longue et difficile, à tel point qu’un simple mortel peut à peine concevoir les efforts qu’elle demande à l’écrivain et pense naïvement qu’il s’agit d’un simple don.
  • 19h00-20h00 : l’interruption grossière Il est rare qu’on laisse l’artiste travailler plus d’une demi-heure, et celui-ci est souvent grossièrement interrompu dans son travail. Cette interruption peut prendre la forme du retour de l’être cher, qui par manque évident de considération réclame un minimum d’attention, mais ce peut être également la diffusion d’une émission intéressante à la télévision, ou encore la réception d’une chaîne de mail distrayante. Souvent, cette interruption est si vive et brutale qu’elle empêche radicalement à l’auteur de continuer son travail. Une fois encore, le commun des mortels ne comprend pas l’importance du labeur de l’auteur, certainement par jalousie envers son talent.
  • 20h00-22h00 : les autres tâches de l’écrivain Les lecteurs pensent naïvement que le seul métier de l’auteur est l’écriture, mais ce n’est pas le cas ! Il doit par exemple être proche de ses lecteurs, ce qu’il peut faire grâce aux réseaux sociaux. Consciencieux, notre artiste va souvent passer quelques heures à envoyer des messages publicitaires à l’ensemble de ses fidèles, pour leur rappeler qu’il est important d’acheter ses livres. Le job ne s’arrête pas là ! Il faut également gérer la concurrence, par exemple en rédigeant des avis négatifs sur les livres de ses confrères.
  • 22h00-minuit : Les seuls loisirs de l’auteur Après une journée passée à travailler durement, l’écrivain s’accorde enfin un peu de temps pour lui, car il est comme les autres et a besoin d’un minimum de loisirs pour s’épanouir. Les distractions de l’auteur sont aussi diverses que celles des autres humains, la lecture mise à part. En effet, l’écrivain déteste lire les textes de ses confrères, qu’il trouve généralement complètement méprisables. Si ses loisirs sont trop bruyants, il arrive que l’écrivain soit une fois de plus dérangé par son compagnon ou sa compagne, qui essaie de dormir. Une nouvelle manifestation du manque de respect total que les gens peuvent avoir envers les auteurs.
  • Minuit ou plus tard : la nuit de sommeil Une fois suffisamment distrait, l’auteur se décide par lui-même à aller se coucher, car de nouvelles journées intenses l’attendent par la suite. C’est avec la boule au vente qu’il tente de s’endormir, car il sait que le lendemain sera éprouvant, et que ses muses risquent une fois de plus de le réveiller à une heure indécente…

Voilà, désormais vous savez tout de la journée type de l’écrivain ! Je ne l’ai pas précisé ici, mais il arrive que l’auteur s’accorde de rares journées de repos pour ne pas souffrir d’un burn-out, ce qu’il fait généralement le mercredi, le samedi et le dimanche. N’allez pas croire, l’écrivain n’est pas un surhomme, même s’il est facile de penser le contraire.

Si cet article ne vous a pas totalement éclairé et que vous avez encore des interrogations sur le mode de vie de l’auteur, n’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires, il se peut que le prochain épisode de la vie fantasque de l’auteur réponde à votre question !

 

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7 réflexions sur “La vie fantasque de l’auteur – Episode 1

  1. Bon alors :

    1- réveil en sursaut à 05h00 par une idée fulgurante, puis moulinage de ladite par des neurones surenrichis en sucres (pendant le sommeil, le corps ne faisant plus rien, le cerveau se gave, d’où les idées fulgurantes).

    2- de 06h00 à 07h00, séance de désespoir car l’idée et sa mise en forme ont sombré dans l’oubli. Mais après quinze ans à se désespérer chaque matin, on s’habitue. Généralement, les idées qui ne se repointent pas trois fois de suite jusqu’à survivre au réveil ne méritent pas qu’on se ronge pour elles.

    3- de 07h00 à 12h00 : écritures préparatoires, bidouillages de fragments, ébauches, sans oublier les très prenants papotages sur les résosocio.

    4- manger + sieste + film

    5- sortir IRL prendre un café et acheter du pain, voire plus. Se laver un peu avant de sortir, c’est moins bad manner, déjà qu’on vous pren pour un ours lunaire.

    6- Enfin, vers 17h30, après un dernier tour sur FB Twitter, on se met au boulot et on étale magistralement mille à deux mille mots impayables. La journée n’aura pas été nulle.

    7- Le reste est sans intérêt pour vous (engueulades, vaisselle, bisous, gamelle du chat, etc etc etc etc).

    Ceci n’est valable, évidemment, que si le téléphone – cette invention du diable – est débranché toute la journée, et remis en service en catastrophe juste avant que la famille ne revienne. Qulle vie trépidante !

  2. Il manque un élément essentiel dans ta description : l’hydratation en continu. A l’eau donc. Mais pour éviter tout choc anaphylactique, dissoute dans l’alcool.

    • Exactement ! Je voulais aussi parler de la cigarette pour évacuer toute cette pression, mais je voulais que l’article soit accessible aux jeunes enfants, de manière à ce qu’ils découvrent cette carrière si elle les intéresse. 🙂

  3. Et encore, ça c’est la vie de l’auteur dont l’inspiration ne choisit pas de s’activer de préférence après minuit, voire une heure du matin. Pour qui cinq heures du matin est l’heure du coucher et non du réveil en sursaut… 🙂

  4. Pingback: La revue de l’après-fin du monde (s12) | Agaboublog

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