Interview de Chris Simon, auteur auto-éditée

Lacan et la boîte de mouchoirsVoilà un petit moment que je côtoie l’auteur Chris Simon via les réseaux sociaux, où elle est particulièrement active…. et suivie ! Blogueuse depuis des années, Chris Simon connaît très bien le monde du numérique, et plus encore celui de l’auto-édition, puisqu’elle a publié plusieurs de ses romans et recueils de nouvelles en indépendante. L’un de ses livres a également été édité chez Publie.net, que l’on ne présente plus.

J’ai pensé que la récente publication de son dernier projet : Lacan et la boîte de mouchoirs, un roman qui sera publié en plusieurs épisodes diffusés de manière mensuelle, était l’occasion parfaite pour lui proposer un petit entretien sur ce blog. C’est sans rechigner une seconde que Chris Simon a accepté de répondre à mes questions plus ou moins intelligentes, dans l’interview que je vous présente aujourd’hui !

Interview de Chris Simon

Le Souffle Numérique : Commençons par un petit exercice, si tu le veux bien ! Es-tu capable de te présenter en dix mots pile ?!

Chris Simon : J’essaie d’être une personne meilleure pour devenir un meilleur auteur.

LSN : Pourquoi avoir choisi d’opter pour l’auto-édition ?

CS : J’essayais de vendre mes nouvelles et mes scénarios, ça accrochait, mais à la dernière minute, les gens se dégonflaient, alors…  En cherchant un éditeur papier pour mon premier recueil, j’ai réalisé :

1. Que les éditeurs papier publiaient peu de nouvelles.

2. Que j’avais très peu de  chance de passer à La grande Librairie (entendez par là être visible), ou de voir produire mes scénarios.

3. Que le numérique était l’opportunité du moment pour les auteurs.

4. Que mes amis anglophones rencontraient le succès.

5. Je me suis lancée. C’était pour moi une évidence. J’aime la nouveauté et faire des choses que je ne connais pas.

LSN : Tu as déjà une grande expérience dans le milieu de l’auto-édition. Es-tu satisfaite des résultats que tu as réussis à obtenir jusqu’ici ?

CS : Plus que satisfaite.  En deux ans, j’ai appris plus que pendant toutes les années où je tentais de plaire aux producteurs, aux éditeurs, aux… Bref. L’auto-édition en numérique est une expérience très enrichissante, elle permet d’aller jusqu’au bout de son projet, d’éliminer toute barrière superflue. De porter son projet le plus loin possible. Il faut y croire, car personne n’y croit à ta place. De plus,  les mentalités évoluent, et je suis contente de voir que de plus en plus de lecteurs (particulièrement sur Amazon) s’intéressent aux livres produits par leurs auteurs.

LSN : Comment vois-tu ton avenir d’auteur ?

CS : Je me vois écrire de plus en plus parce que j’aime ça et espère que les lecteurs me suivront. Je suis quelqu’un qui est dans le présent et le présent pour l’instant me plaît.

LSN : Tu est plutôt papier, numérique… ou les deux ?!

CS : J’aime les deux, mais ça reste plus facile techniquement pour moi de publier en numérique et moins cher de lire. Je n’ai aucune connaissance dans la production d’un livre papier (c’est bien dommage).

LSN : Pourrais-tu nous parler de ton tout dernier projet ?

CS : Un face à face entre Judith, patiente et Hervé Mangin, son psychanalyste pas tout à fait ordinaire. Avec cette situation, tout(e) lectrice/lecteur peut suivre une psychanalyse de chez elle/lui ! Une occasion d’entrer sans être vu(e), de prendre le fauteuil de Judith, la patiente, et d’expérimenter ce qu’il se passe dans le cabinet d’un psy telle une petite souris. Découvrir comment s’articule la relation analyste/analysé, conscient/inconscient, les différents niveaux de discours et de langage. Il y a aussi tout ce qui n’est pas dit ! Un épisode = une séance.

LSN : Pourquoi la thématique de la psychanalyse ?

CS : La psychanalyse, je crois, est ma seule addiction !  J’adore ça. Et je me rends compte que ce n’est pas le cas de tout le monde en France. En interrogeant les gens autour de moi à Paris, j’ai appris que certains avaient essayé et abandonné en pensant :  « Ce n’est pas pour moi » d’autres avaient continué mais sans enthousiasme, un peu comme s’ils y avaient été forcés ou punis. À New-York, c’est le contraire, avoir un psy est indispensable et valorisant. Il faut dire que les psy français semblent plus intimidants que les psy américains. Et surtout, il y a l’exception de la psychanalyse française : Jacques Lacan, le maître, le gourou, le père !  Alors, je voulais rétablir avec un peu d’humour une sorte de vérité :  entre le super psy freudien de New York et le lacanian parisien, il y a la/le patient(e) et l’opportunité pour chacun d’entre nous de s’améliorer

LSN : Pourquoi ce choix d’éditer cette série par épisodes mensuels ? A l’image du psychanalyste, tu as voulu dresser un rendez-vous régulier avec tes lecteurs ?!

CS : Oui, c’est exactement ça. Avoir un rendez-vous mensuel avec les lecteurs, leur donner un défi et m’en donner un par la même occasion. La série n’a pas été préméditée. J’en ai eu l’idée en constatant les réactions enthousiastes sur Facebook et Twitter à l’annonce de la sortie de la nouvelle Lacan et la boîte de mouchoirs. J’ai une formation de scénariste et j’avais envie de travailler comme on travaille dans le scénario, le numérique le permet par son ergonomie et sa rapidité de publication. j’ai été aussi inspirée par un auteur, Laurent Bettoni, qui a commencé la sienne il y a deux mois : Les Costello. Voilà, tout ceci s’est associé dans ma tête et je me suis dit : Tu la tiens ta série !

LSN : Jusqu’où as-tu développé ton intrigue ? Les prochains épisodes sont-ils déjà prêts où tu préfères travailler sur le fil du rasoir ?

CS : J’y travaille maintenant. Tout ce que j’ai ce sont deux personnages, une situation, un lieu, un cadre. Et un point de vue : celui de Judith, la patiente. L’épisode deux est crucial en terme de structure et j’y réfléchis beaucoup. Ce que j’aime avec la série c’est qu’il y a un va-et-vient une sorte de dialogue permanent avec le lecteur. Il attend la suite, mais je l’attends aussi ! Du reste j’en profite pour signaler qu’on peut souscrire à mon blog et être informé du prochain épisode en avant-première. Je vais jouer le jeu et écrire tous les mois un nouvel épisode, sur le fil du rasoir comme tu dis.

LSN : Nouvel exercice : tu as le droit à tout juste une phrase pour donner envie aux lecteurs du Souffle Numérique de se ruer sur ton livre !

CS : Tu peux entamer ta propre psychanalyse, mais tu n’assisteras jamais à la psychanalyse d’un autre, Lacan et le boîte de mouchoirs est ton unique chance !

LSN : Une dernière question qui pourrait intéresser tous les jeunes auteurs qui nous lisent : quels conseils pourrais-tu donner aux écrivains qui rêvent de se lancer dans l’auto-édition ?

CS : Écris, écoute les lecteurs, tous les lecteurs qu’ils soient éditeurs, boulangers, employés de bureau  ou présidents, suis ton intuition, ne néglige jamais ton intuition. Bien sûr, lis les auteurs auto-édités, suis les blogs des auteurs qui écrivent sur l’auto-edition, car un bon auteur est un auteur informé.

LSN : Je te laisse le mot de la fin, fais-en ce que tu en veux !

CS : Je remercie Jacques Lacan !

Voilà pour l’interview du jour ! Je remercie pour ma part non pas Jacques Lacan, dont je ne suis pas un fan absolu, mais bien Chris Simon pour avoir gentiment accepté de répondre à toutes ces questions ! Si ce petit entretien vous a donné envie d’en savoir plus sur cette auteur, il y a deux adresses à retenir : son site officiel, où vous saurez tout sur ses dernières publications, et son blog personnel, où elle échange à la fois sur le numérique et sur la scène littéraire.

Et si vous avez été intrigué par Lacan et la Boîte de Mouchoirs, sachez qu’il est disponible uniquement sur Amazon (encore une auteur conquise par le programme KDP Select !) pour la modique somme de 0,89€.

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5 réflexions sur “Interview de Chris Simon, auteur auto-éditée

  1. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, Pierrick, j’avais récemment mentionné Les Costello avec vous.

    @Chris,
    Je crois que L. Bettoni et son éditeur ont trouvé une bonne stratégie de vente. J’avais été emballée par le premier épisode, téléchargé gratuitement chez Immatériel. J’ai téléchargé le second épisode peu après sa sortie. Je n’ai pas encore eu le loisir de le lire, mais un rapide coup d’oeil m’a appris que, sur les trente et quelques pages annoncées, moins de la moitié est consacrée au texte propremement dit.
    Même si ce second épisode tient les promesses du premier, je ne pense pas que je continuerai à acheter les suivants à cause de cela. Bien sûr, chaque épisode coûte seulement 1 euro, mais tout de même!

    C’était un avis de lectrice, Chris, qui ne vaut que ce qu’il vaut, my two cents.

    Je crois que cette formule d’un épisode par mois marchera très bien, un peu à la manière des séries TV que l’on attend avec impatience de semaine en semaine.
    Avez-vous annoncé votre publication sur l’Ecritoire? Je pense que cela devrait intéressé à ses membres.
    Pour des raisons techniques, je ne peux plus lire les ebooks téléchargés chez Amazon. Que penseriez-vous de vendre vos épisodes sur YouScribe aussi?

    Je souhaite en tout cas que votre création inspirée par Lacan rencontre un grand succès.

    Merci, Pierrick, pour ce nouvel article, comme toujours très intéressant.

    Tipram

    Chris, la couverture est super!

    • Effectivement Tipram, la mention des Costellos m’a fait penser à vous, même si je n’ai toujours pas entamé cette série.
      Pour ce qui est de la « stratégie de vente », le concept des séries par épisodes (qui n’en est pas forcément un, on repart sur ce qu’étaient les revues littéraires à une certaine époque) me paraît assez bien adapté au numérique. Après il est vrai qu’il ne faut pas mentir sur la marchandise et annoncer un nombre de pages trompeur.

      Remarquez que le premier épisode de Lacan et la boîte de Mouchoirs est assez court, entre 15 et 20 pages. Le prix reste néanmoins très raisonnable. Il me paraît toujours difficile de réfléchir au prix d’un ebook. On peut être tenté de comparer tel livre avec un autre, qui est plus « épais » et moins cher, mais tant que le plaisir de lecture est là, difficile de critiquer un prix. Surtout que, comme vous le faîtes avec les Costello, vous êtes toujours libre d’arrêter une série en court de route. Je pense personnellement que le concept de série sera bientôt un incontournable pour les auto-édités numériques, puisque ça permet de « produire » plus et peut-être un bon soutien. Quand j’aurais terminé mes projets en cours, j’ai déjà une ou deux idées de séries à lancer sur la toile…

      Pour ce qui est de Lacan et la boîte de mouchoirs, j’ai trouvé le format court assez adapté. On se retrouve avec une écriture parcellaire qui a cela d’intéressant de n’évoquer presque uniquement que le rapport entre la patiente et son psychanalyste, comme si la « caméra » de l’auteur ne pouvait pas quitter le cabinet du médecin. En cela, je trouve le projet de Chris Simon très intéressant.

      Je vais répondre à sa place, et j’espère qu’elle ne m’en tiendra pas rigueur, mais Chris Simon ne peut pas, pour le moment, placer son texte sur une autre plateforme que YouScribe. Comme précisé en fin d’article, elle a « signé » pour KDP Select, un programme d’Amazon qui lui permet une meilleure mise en avant mais qui l’empêche de placer l’ebook autre part que sur Amazon pour une durée de quelques mois… Il faudrait peut-être que j’écrive un article pour évoquer ce sujet !

      • Je n’étais pas au courant des contraintes liées à KDP.
        Merci d’avoir éclairé ma lenterne.

        Tipram

  2. Pingback: La série psy continue avec la séance 2 | le baiser de la mouche

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