Comment savoir si vous êtes un écrivain en puissance ?

écriture

Crédits photo : Jean-Louis

L’heure est grave, chers lecteurs ! Une récente étude de l’IRSSND (l’Institut de Recherches Super Sérieuses et Non Discutables) vient de révéler qu’une nouvelle épidémie sévit partout à travers le monde, et risque de tous vous contaminer ! A mon plus grand désarroi, il ne s’agit pas du virus Zombie, si bien que l’Apocalypse Z n’est pas pour toute de suite… Non, cette épidémie s’appelle l’écritorite aiguë, et se traduit par une furieuse envie d’écrire, nuit et jour, qui peut s’accompagner d’un développement de personnalités multiples, de troubles de l’attention voire de schizophrénie dans le pire des cas. Les médecins sont horrifiés de découvrir des malades prostrés, les doigts usés d’avoir trop tapé sur le clavier ou gratté sur le papier et les yeux fatigués de fixer l’écran d’un traitement de texte ou la lueur blafarde d’une bougie…

On appelle les victimes de cette maladie les auteurs ou les écrivains, et force est de constater qu’elle prend peu à peu de l’ampleur et menace chacun d’entre nous ! Heureusement, l’IRSSND a publié quelques recommandations pour éviter d’attraper l’écritorite : il faut notamment se laver les mains régulièrement, jeter ses mouchoirs usagés et manger dix fruits et légumes par jour. Comme cette maladie pourrait vous inquiéter et vous toucher, je vais lister ici les différents symptômes annonciateurs, qui peuvent dénoncer chez vous votre transformation prochaine en écrivain… Que Dieu vous protège si vous êtes touché par l’un de ces symptômes !

Les symptômes de l’écrivain en puissance :

Je m’en vais lister ici les symptômes les plus récurrents qui pourraient trahir en vous un auteur caché, du moins préoccupant au plus urgent. Si vous vous reconnaissez dans l’un ou plusieurs des portraits ci-dessous, consultez un médecin au plus vite !

  • Un sens aigu de l’observation : L’IRSSND nous informe que bon nombre des victimes ont montré une certaine faculté d’observation. Il se peut qu’ils aient contracté la maladie à forcer d’examiner leurs proches et les choses qui les entouraient. Les auteurs ont ainsi fréquemment le besoin conscient ou non d’étudier leur entourage ou de creuser jusqu’à plus soif les sujets qui les intéressent. Cela se traduit généralement par une grande curiosité et des réflexions interminables sur divers sujets. Méfiez-vous donc, si vous n’êtes pas encore infecté, de quiconque pose trop de questions !
  • Une imagination débordante : De nombreux patients étudiés semblaient régulièrement ailleurs, ce qui laisse à penser que le virus attaque les cellules du cerceau. Les auteurs font quasi systématiquement preuve d’une grande imagination, avec une certaine faculté à s’extraire du monde réel. Si les auteurs s’attachent tous systématiquement à inventer des personnages ou des histoires plus ou moins proches de la réalité, les plus atteints sont allés jusqu’à imaginer des mondes inconnus ou des situations strictement impossibles. Les chercheurs mettent l’accent sur l’importance de ce symptôme ! Certains malades ont sous-estimé des petites sautes d’imagination peu fréquentes et en sont arrivés à se perdre totalement dans un monde fictionnel. Il se peut qu’un auteur rapidement dépisté soit capable de décrocher de la maladie : ne l’oubliez pas ! Conseils de l’IRSSND pour limiter ce type de symptômes : rester fermé d’esprit et regarder à haute dose les Anges de la téléréalité ou toute émission de qualité équivalente.
  • Une sensibilité exacerbée : Autre observation des experts, la plupart des écrivains ont développé avant leur maladie une grande faculté à ressentir les sentiments. Cet effet assez terrible du virus rend donc certaines des personnes atteintes très fragiles psychologiquement. Selon plusieurs médecins, c’est cette sensibilité qui pousserait l’auteur à écrire, et serait donc en grande partie à l’origine de la maladie. Ce symptôme se traduit selon les cas par une grande empathie ou en contraire une antipathie générale, ce qui explique que certains des malades soient si difficiles à vivre pour leur entourage. L’IRSSND recommande l’isolement total des personnes atteintes du virus, pour le bien de tous.
  • Une grande propension à la lecture : Si ce symptôme n’a pas été constaté chez l’ensemble des patients étudiés, une grande majorité d’entre eux s’est déclarée dépendante à la lecture. La passion pour la lecture se déclare plus ou moins tôt chez le malade. Le symptôme se traduit par un achat compulsif de livres en tous genres, ainsi que par une collection obsessionnelle desdits livres. L’effet psychologique de ce symptôme est tel qu’il peut créer d’importants troubles obsessionnels compulsifs, comme une adulation pour le papier ou encore un besoin profond, proche de la syllogomanie, de conserver et ranger scrupuleusement chaque ouvrage. Les chercheurs sont en train de plancher sur un possible lien entre le virus et les livres, qui comme chacun sait sont remplis de microbes. Par précaution, l’IRSSND recommande aux personnes non infectées de ne lire aucun texte.
  • Une fulgurance d’idées : Symptôme plus révélateur encore, les malades sont souvent victimes d’une incapacité à se concentrer sur l’instant présent et sont régulièrement assaillis par des idées multiples, en lien direct avec leur imagination, évoquée plus tôt. Selon le stade de la maladie et le profil de l’auteur, ce symptôme amène le malade à conserver toujours un cahier de note ou à écrire régulièrement ses idées de textes sur des fichiers ou des documents. Attention ! Si cette trace écrite des idées permet de dépister facilement les personnes atteintes, certains malades se contentent de garder ces idées en tête, parfois des années durant, si bien qu’il est beaucoup plus difficile de les dépister. Il a été prouvé par les scientifiques que symptôme est un stade critique de la maladie, et que même si le patient atteint de fulgurance d’idées n’a pas encore commencé à écrire un roman, il finira nécessairement par le faire.
  • Un besoin d’écrire grandissant : Arrive enfin le symptôme le plus flagrant et le plus évident, qui dénonce une maladie trop avancée pour être soignée. Les patients les plus atteints ressentent une envie d’écrire qu’ils ne peuvent assouvir. Cela les mène souvent à des années et des années de rédactions vaines et les pousse à écrire nuit et jour en dépit du bon sens. Une fois que l’envie d’écrire est déclarée, il y a très peu de chances pour qu’elle disparaisse et le patient est condamné à devenir un auteur, d’une manière ou d’une autre. Si vous êtes déjà victime de ce symptôme, il se peut que votre mal soit incurable…

J’aimerai vous offrir plus d’informations, chers lecteurs, mais les remarques et recommandations de l’étude sanitaire s’arrêtent ici, et il est impossible pour moi d’en savoir plus. Une chose est sûre : si vous vous êtes reconnu dans l’un des 6 portraits dressés plus haut, c’est qu’il y a de grandes chances que vous soyez atteints et que vous ne tardiez pas à vous mettre à l’écriture. Cela me déchire le cœur, chers lecteurs, mais il semble bien que vous soyez, dans ce cas, définitivement perdus !

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24 réflexions sur “Comment savoir si vous êtes un écrivain en puissance ?

  1. Ha ha ! J’ai les six symptomes, mais je ne crois pas que je suis une auteure en puissance. L’envie ne fait pas le moine… euh, non, c’est pas le bon proverbe ? Bref. Peut-être que je me fais une idée trop sociale de l’auteur/écrivain, qui est pour moi celui qui réussit à toucher un public (même restreint).

    • Je pense que l’expression correcte est : l’envie vaut mieux que deux tu l’auras… ou quelque chose du genre ! 🙂
      Pour le reste, je suis juste que tu restes modeste et que tu touches déjà un public, ne serait-ce que restreint.

  2. Il semble que je sois la moins atteinte.
    Quand vous serez tous hospitalisés, je vous apporterai des fleurs et des ebooks.
    Des bonbons aussi, si vous aimez Brel.

    Dommage que vous n’ayez pas précisé si l’enquête de l’IRSSND s’appuie sur un échantillon représentatif.
    Ce qui est évident, c’est que vous ne manquez pas d’humour ni d’imagination, Pierrick.

    Je me suis bien amusée. Merci.

    Tipram

    • Un établissement aussi sérieux que l’IRSSND s’appuie forcément sur un échantillon représentatif, ça coule de source ! 😀
      Mais ne vous pensez pas hors d’atteinte, c’est un virus particulièrement actif !

      Merci pour le commentaire ! 😉

  3. Pingback: La revue de l’après-fin du monde (s24) | Jartagnan.com

  4. Pingback: La revue de l’après-fin du monde (s25) | Jartagnan.com

  5. Quel horrible fléau ! Je me suis empressée de faire parvenir cet article à ALPABEM (Association lavalloise de parents et amis pour le bien-être mental), car je suis certaine qu’ils n’ont pas encore entendu parler de cette maladie. Grâce à vous, ils seront au moins prévenus.
    Je ne divulguerai pas toutefois que je suis déjà atteinte. Ah, ces voix dans ma tête qui ne cessent de me souffler des scénarios, des idées, vraiment je n’en peux plus…
    Diane ;0)

  6. Voici un sujet digne de l’IRSSND et traité avec leur sérieux légendaire. Le TCM (Terrible Complot Mondial) qui vise à retarder voire annuler les créations de romans et de BD (référence: Lanfeust Mag, un gage de sérieux à l’épreuve des balles) s’est d’ailleurs appuyé dessus pour établir et conforter sa stratégie de réduction du risque lié à la maladie dont nous parlons : augmentation du nombre de chaines de télé (afin de réduire la visibilité des chaînes et des émissions littéraires et scientifiques), réduction du nombre de reportages, suppression d’Apostrophe, augmentation du rythme et ajout de coupures musicales et/ou publicitaires, et campagne de buzz de dénigrement de Arte et de France Culture – sans compter la synchronisation de campagne sur le sommeil des enfants (couchez-les à 9h00) avec la suggestion faite aux chaîne sur l’horaire optimal des débats littéraires (Après 22h00, comme cela même les retardataires seront protégés). Pour le bien de tous, il réutilisent ainsi avec bonheur l’argent du contribuable qui n’a pas été investi dans les campagnes électorales. Il est, je pense, important de saluer le travail salvateur de ces hommes de l’ombre, même si le nombre de livre édités tous les ans continue à augmenter.
    — MDR — Chapeau bas pour ce texte, mais au final je préfère encore être atteint de la maladie du romancier que de la rhinocérotite aigüe décrite par Ionesco.

  7. J’aime beaucoup cet article par lequel j’ai découvert ce super blog. Etant moi-même en train de basculer du Côté Obscur, je pense que je vais ingurgiter une bonne partie des articles dispos ici car le contenu m’a l’air d’être de qualité (et c’est plutôt rare aujourd’hui).

  8. Alors les Anges de la Téléréalité servent à ça : à empêcher l’écritorite! Merci, j’ai enfin compris à quoi ça servait. Mais v le remède je préfère rester malade.
    Merci pour l’article, il m’a bien fait rire.

  9. J’ai découvert votre site hier, en cherchant des conseils pour la typographie d’un dialogue, et voulais vous remercier pour l’intérêt, la clarté et l’humour de vos articles. Je n’ai pas encore tout lu – j’en garde un peu pour demain – mais l’envie ne manque pas de tout dévorer d’un coup ! A propos de l’article présenté ici, je suis atteinte de cinq symptômes sur six. Je comprends mieux, maintenant, pourquoi j’avais tant hâte d’être dégagée de mes obligations parentales pour trouver le temps d’écrire ! Malheureusement, il me reste un mari et un chien à nourrir à heures fixes et ce sont toujours les heures ou – enfin – les idées et les mots viennent… ! Pour écrire heureux, écrivons cachés ! Oui, mais où ??
    Bien à vous,
    Encore merci.
    Isabelle

  10. Cet article est super. J’écris depuis que j’ai 4 ans, (j’en ai maintenant 13), et au début c’était nul, mais j’ai toujours aimé le faire. Aujourd’hui je me suis améliorée et je rêve d’écrire un vrai livre un jour. Mais puisque je parle à des experts, je voulais vous demander un conseil : je n’arrive jamais à terminer mes histoires parce qu’une nouvelle idée germe dans ma tête et je commence un autre livre à chaque fois. Est-ce qu’il existe un moyen de ne pas avoir envie d’écrire un autre roman à chaque fois que j’écris plus de 100 pages ?!!!

    • Salut ! 🙂 Avoir plein d’idées est justement signe que tu es faite pour écrire ! 😀 Il est toujours délicat de terminer un roman, c’est sûr. La question principale ici n’est pas « comment ne pas avoir d’autres idées ? » (tu en auras toujours), mais surtout « comment finir un roman ? ».

      Si tu veux un conseil qui détourne habilement cette question : écris des nouvelles ! Dans un premier temps, essaie avant tout de t’atteler à des histoires courtes, et force toi à les terminer. Garde bien en tête que plus ton idée de départ est ambitieuse, et moins tu as de chances de finaliser ton roman.

      Pour le reste, force toi à écrire un peu chaque soir, et interdis toi de t’attaquer à un autre roman avant d’avoir fini celui sur lequel tu planches. Mais cela va nécessiter un peu de discipline. Bon courage ! ^^

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