Typographie : écrire des dialogues

Voilà un petit moment que je n’ai pas rédigé d’articles sur l’écriture ! Comme je suis justement en train de relire quelques textes qui trainent, je me suis dit que c’était l’occasion de reprendre là où je vous avais laissés ! Souvenez-vous : il y a quelques semaines, j’écrivais une série de trois articles sur la création des personnages de roman. J’y parlais justement, et assez rapidement, du travail à mener sur les dialogues de vos personnages. Cette semaine, je vous propose d’approfondir le sujet comme il se doit, en essayant de vous donner quelques pistes pour travailler les dialogues de vos personnages ! Aujourd’hui, nous commencerons par les bases : le ciment qui rendra solide les fondations de vos dialogues… Super métaphore, hein ?! Non ? Euh… Continuons !

Les règles de mise en page et de typographie dans l’écriture des dialogues

Avant de s’attaquer aux choses amusantes, à savoir le fond du dialogue, il est nécessaire d’évoquer les règles de bases concernant la forme. Allons, inutile de protester : nous commencerons par cette partie relativement peu sexy mais ô combien nécessaire qu’est la typographie ! Car comme tout le reste du texte, il est important que vos dialogues soient correctement mis en page. Cela jouera non seulement sur leur clarté, mais aussi sur l’image que vous dégagerez au lecteur. En effet, un texte dans lequel les dialogues ne sont pas mis en forme correctement aura toutes les chances de passer pour amateur auprès d’un œil averti.

Bonne nouvelle : vous aurez le choix entre deux types de ponctuation EXCLUSIVES (je sais bien qu’elles n’ont rien d’exclusives, mais j’essaie de vous vendre correctement cet article pour ne pas que vous abandonniez la lecture en route !) :

a) Utiliser les guillemets

Selon moi la mise en forme la plus contraignante, mais aussi celle qui plaira le plus aux typographes radicaux ! L’utilisation de nos jolis guillemets françaises (à ne pas confondre avec les guillemets « pattes de lapin » comme disait une ancienne prof de français) permet d’encadrer vos dialogues comme il se doit !

Le guillemet va ouvrir chaque dialogue, mais sera remplacé par un tiret durant les répliques suivantes. Un nouveau guillemet viendra fermer le dialogue, comme ceci :

« Yo ! Comment vas-tu ? [Début du dialogue : j'ouvre les guillemets]

Je vais super bien, yo ! [Première réplique : j'utilise le tiret]

Cool, yo ! » [Deuxième et dernière réplique, introduite par un tiret. Fin du dialogue : je ferme les guillemets]

(Bon, certes, ce dialogue n’est pas brillant : mais concentrez-vous sur la forme !)

Là où l’usage des guillemets est plus fatiguant, c’est lorsque vos dialogues ne sont pas de simples répliques posées les unes à la suite des autres, mais qu’elles sont habilement entrecoupées d’incises narratives. Si l’incise est courte, et donc accolée à la réplique (par exemple le classique : « ,dit-il. » ), alors vous n’aurez pas à fermer les guillemets. En revanche, dès lors que vous utilisez une phrase narrative complète, il faudra fermer, puis rouvrir les guillemets. Dans notre brillant exemple, cela donnerait donc :

 « Yo ! Comment vas-tu ? lança Gérard avec entrain. [L'incise est courte, je ne ferme pas les guillemets]

— Je vais super bien, répondit Michel en bombant le torse, yo ! » [Nouvelle incise courte]

Heureux de cette nouvelle, Gérard décide de chanter sa joie. [Incise longue (phrase entière), j'ai donc fermé les guillemets à la fin de la réplique précédente.]

« Cool, yo ! », finit-il néanmoins par déclarer, heureux de mettre fin à ce dialogue honteux. [J'ouvre à nouveau les guillemets pour reprendre et terminer le dialogue. Je ferme les guillemets avant l'incise courte car le dialogue est cette fois-ci terminé.] 

b) Utiliser les tirets

Notre deuxième option est un poil plus conciliante, puisqu’elle consiste en l’utilisation exclusive de tirets. Finies les questions existentielles du type « Où dois-je fermer ces saloper*es de guillemets « , ou encore « J’ai déjà fermé les guillemets là ou pas ? « . Ce choix est de plus en plus choisi dans l’édition actuelle, certainement mis au goût du jour par une sinistre machination américaine.

L’idée est de commencer un dialogue par le tiret. Sans guillemet d’ouverture, vous n’aurez pas non plus à intégrer de guillemet de fermeture. Vous êtes tranquille !

c) Petites règles à retenir

Que vous choisissiez la première ou la seconde méthode (le choix est totalement vôtre), il reste quelques règles générales à retenir pour ne pas vous louper sur la typographie :

  • Utiliser le tiret cadratin : Je suis un très mauvais exemple car je l’utilise rarement, mais sachez que le tiret à utiliser pour les dialogues n’est pas un bête « tiret du 6 « , mais un tiret cadratin, à savoir ceci : —. Pour le taper, il « suffit » généralement de combiner les touches Ctrl+Alt+Tiret du pavé du numérique.
  • Les espaces : Un guillemet est toujours encadré par des espaces. Il faut également toujours laisser un espace après le tiret.
  • Les incises : Les incises sont les précisions narratives que vous pouvez glisser après un dialogue, le fameux « dit-il » par exemple. Sachez qu’une incise ne commence jamais par une majuscule. Si votre réplique se termine par un point, l’incise sera introduite par une virgule (la phrase « — Je vais bien.  » donnera ainsi « — Je vais bien, dit-il.  » ). Si votre réplique se termine par un point d’interrogation ou d’exclamation, l’incise sera placée directement après, sans majuscule (la phrase « — Comment vas-tu ?  » deviendra alors « — Comment vas-tu ? demanda-t-il.  » ). Méfiez vous des correcteurs orthographiques qui insistent bien souvent pour placer des majuscules en début des incises !

Nous y sommes ! Je pense à peu près avoir fait le tour en ce qui concerne la rédaction à proprement parler des dialogues. A partir d’ici (et j’attends vos questions de pied ferme si ce n’est pas le cas !) vous devriez être en mesure d’écrire un dialogue correctement typographié les doigts dans le nez, même si ce n’est pas très poli.

Trop d’informations, non ? Je vous propose de patienter un peu avant de nous intéresser plus en profondeur au dialogue. Dans le prochain article,  nous essaierons de voir quand, comment et à quelle fréquence introduire des articles dans le récit, alors restez à l’écoute !

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29 réflexions sur “Typographie : écrire des dialogues

  1. Précisions : Alt+0151 pour le cadratin si, comme moi, t’as pas de clavier numérique.
    Sinon, pour le dialogue suivant, mais avec les guillemets (je supporte pas d’écrire un dialogue à l’américain), je fais comment pour l’incise courte qui n’est pas courte, mais qu’un guillemet+retour à la ligne casse le rythme visuel de l’ensemble ? (et ouais, tu fais quoi du rythme visuel ?)

    « Bonjour (oui je pattes de lapin, je connais pas le code pour les guillemets français, OpenOffice me les transforme automatiquement :P), dit-elle timidement.
    — Yo sa va ? répondit Pierrick tout heureux de découvrir une nouvelle tête, nouveauté qui n’était pas fréquente sur son forum Caramail.
    — Euh ouais…, ajouta-t-elle hésitante devant l’accueil chaleureux de l’administrateur. Il était rare qu’elle se trouve confrontée à l’intelligence pure. C’est bien un forum de réflexion littéraire profonde ?
    — Ouep ! ASV ?
    — … « , s’empressa-t-elle de penser en fermant la page web.

  2. J’ai résolu le problème du tiret cadratin en utilsant la fonction insertion – caractères spéciaux.

    Je n’ai pas de clavier numérique, et sur mon ordi, quand j’essaie de faire alt+0151, voici ce que j’obtiens :
    @[

    Pour la mise en page des dialogues, je préfère les faire tous commencer par un tiret, même le premier.

    Merci, Pierrick, pour ce nouvel article qui, je n’en doute pas, rendra service à ceux qui souhaitent soigner la présentation de leur manuscrit.

    Je saute du coq à l’âne, et au risque de me faire traiter une nouvelle fois de femme cruelle, je me permets de vous dire que les bandes noires latérales sont encore puis tristounettes que les grises. Sans rancune ?

    Tipram

    PS : Que signifie « pattes de lapin » ?

    • Sans rancune aucune ! Je verrais comment améliorer le design ! ;-)

      Concernant les « pattes de lapin », c’est un petit surnom pour les guillemets à l’américaine, qui ressemblent à des petites pattes de lapin ( »). Il faut un peu d’imagination, je vous l’accorde ! :-)

      • J’éatis complètement à côté de la plaque. je croyais que c’était une convention entre Paumadou et vous pour une sorte de porte-bonheur !
        Merci d’avoir éclairé ma lanterne.

        Tipram

    • Bonjour, et merci pour ces précisions aussi claires qu’utiles. Dans le cadre d’un récit, j’ai écrit un dialogue « double »: des protagonistes commentent à voix basse une conversation qu’ils surprennent près d’eux. Il y a ainsi deux dialogues simultanés. Afin d’en rendre compte, et si j’utilise les guillemets, dois-je fermer et rouvrir des guillemets chaque fois que je passe d’un dialogue à l’autre? Merci d’avance!

      • Merci pour ton commentaire, même s’il pose une colle. :-p

        Si tu utilises les guillemets (ce qui dans ce cas s’annonce riche en ponctuations !) tu risques fatalement d’avoir à ouvrir et fermer les guillemets à chaque conversation, car il te faudra ajouter beaucoup d’incises narratives.

        Très honnêtement, j’ignore ce que ferait un typographe dans ce cas-ci, car je ne suis pas sûr que tu puisses directement faire suivre une fermeture de guillemets d’une ouverture de guillemet, comme suit :

        « Comment vas-tu monsieur 1 ?
        - Très bien monsieur 2 ! »
        « Leur conversation est époustouflante ! » chuchota monsieur 3 à monsieur 4.

        Néanmoins, ne pas différencier clairement les conversations risque d’embrouiller le lecteur (qui pourra penser, dans l’exemple, que monsieur 3 répond à monsieur 1) et de rendre ton passage indigeste. Donc pour ne prendre aucun risque, tu peux utiliser des incises narratives pour différencier clairement les dialogues, comme suit :

        « Comment vas-tu monsieur 1 ?
        - Très bien monsieur 2 ! »
        Monsieur 3 était contraint de tendre l’oreille pour discerner clairement les paroles de ses deux compagnons. Il ne put s’empêcher de tirer monsieur 4 par la manche lorsqu’il entendit leurs paroles.
        « Leur conversation est époustouflante ! » chuchota-t-il à son camarade.

        Le risque est de rendre ton passage assez lourd (si tu procèdes ainsi, je te conseille de faire que chaque passage de chaque conversation soit suffisamment long, de manière à éviter une page à moitié remplie d’incises narratives).

        Une autre solution (mais les typographes risquent une fois encore de me jeter des pierres) serait de trouver une astuce de mise en page pour que le lecteur puisse clairement discerner les deux conversations (exemple : mettre l’une des conversations en italique), mais cela ne répondrait à aucune règle et pourrait risquer de faire amateur…

        N.B. : Et si tu n’utilises pas du tout les guillemets, n’oublie pas pour autant les incises narratives, car le souci reste le même !

  3. Pingback: Semaine 43- La revue de Web « Agaboublog

  4. Je préconise, pour la beauté des alignements du côté gauche, d’utiliser une insécable juste après le cadratin. C’est évidemment utile lorsque votre paragraphe est justifié sur ses deux marges : l’insécable ayant la particularité de n’être pas élastique, vous évitez l’effet visuel bien pourri d’avoir en marge gauche une colonne de tirets de dialogues écartée du texte par une ondulation de blancs.
    En code html cela donne :
    « —  »
    NB que l’insécable se tire d’après CTRL (ou pomme)-MAJ-SPC, et que cette chose est de genre féminin. Voili voilou.

  5. Yo !

    Plusieurs petites choses :P

    1) En typo, on parle d’une espace, pas d’un espace.
    Renvoie au caractère de plomb de l’époque.
    Un espace, c’est du blanc.

    2) En ce qui concerne la « méthode tiret », préciser que si l’intervention d’un interlocuteur s’étend sur plusieurs paragraphes, on place un guillemet fermant au début de chacun de ces paragraphes.

    – première intervention interlocuteur X
    » deuxième intervention interlocuteur X
    » troisième intervention interlocuteur X
    – intervention interlocuteur Y

    3) Espaces des guillemets français doivent être insécables (après guillemet ouvrant, avant guillemet fermant), sinon tu peux te retrouver avec le guillemet sur une ligne et le reste sur une autre.

    4) Petite précision supplémentaire pour tirets.
    Les vrais de vrais, ceux qui ont de la Garamond sous les bras, utilisent un type de tiret (et un seul) quand le texte comporte dialogues et éléments incidents (comme parenthèses mais pas tout à fait).
    Donc soit exclusivement tiret cadratin (long), soit exclusivement tiret demi-cadratin (moyen).
    D’ailleurs, pour dialogues, plusieurs éditeurs utilisent tirets moyens au lieu de tirets longs (et je dois dire que pour du livre numérique, ça fait sens vu que tirets longs sur écran d’un smartphone, ce n’est ni vraiment esthétique, ni réellement confortable… surtout quand police utilisée pour la lecture dispose d’un tiret cadratin particulièrement long et/ou que le texte est justifié sans coupure de mot).

    Je sais que tu as résumé au maximum mais, à mon humble avis, 2 et 3 sont vraiment trop importants pour être traités à part ;)
    Quant au 1, c’est justement pour ne pas te faire taper sur les doigts par typographes radicaux, ceux que tu évoques dans cet article :P

  6. Merci à tous pour vos commentaires !

    @Alabergerie et @JiminyPan vos conseils sont plus que précieux ! Je dois reconnaître que je suis resté plutôt général, en espérant ne pas heurter les typographes les plus radicaux ! :-p

  7. Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
    Je viens enfin d’apprendre comment tracer les tirets de dialogues. Ctrl+alt+pavé du numérique (j’avoue que ce pavé m’a laissé perplexe quelques instants).
    Merci infiniment !

  8. Les raccourcis sous Mac sinon, si ça peut servir :

    — (alt + -)
    – (alt + maj + -)
    “ (alt + « )
    ” (alt + maj + « )
    « (alt + è)
    » (alt + maj + è)
    ‘ (alt + ‘)
    ’ (alt + maj + ‘)

    Oui, c’est plus simple que les codes clavier, et pareil pour les majuscules accentuées où il suffit d’activer les caps lock : É, È, À, etc.

    La petite astuce de l’insécable après le tiret de dialogue, par contre, je ne l’utilise plus. Après test de la chose sur toutes les liseuses et tablettes qu’on a, me suis rendu compte que ça ne fonctionnait pas vraiment mais que le « mythe » subsistait. Avais d’ailleurs eu l’occasion d’en parler avec typographes qui avaient constaté que l’astuce ne tenait pas non plus sur le web. Du coup, ce n’est pas dramatique s’il n’y en a pas.

    • @Jiminy

      Je profite de votre passage pour vous poser une question, même si elle ne concerne pas les dialogues. J’espère que Pierrick ne m’en voudra pas.

      Il s’agit des numéros qui renvoient à une note de bas de page.
      A mon avis, le chiffre doit suivre immédiatement le mot qu’il explique. Ensuite seulement vient le signe de ponctuation, quand il y en a.

      Exemple :
      « … Des extraits du Docteur Jivago lui étant parvenus subrepticement, l’étudiante avisée a vite fait de reconnaître un chef d’œuvre « .2

      Le « 2″ devrait être placé immédiatement après « d’oeuvre ». Qu’en pensez-vous ?

      Merci d’avance.

      Tipram

  9. Bonjour,

    Merci de tous ces conseils en un seul article. Question complémentaire : quels sont les usages d’alignement ? le dialogue reste au fer à gauche comme le corps principal de texte / ou on doit faire un retrait ? Merci de votre réponse…

    • Bonjour. C’est une excellente question ! Je me suis effectivement renseigné sur les règles typographiques françaises. Après vérification, il se peut effectivement qu’il existe des différences en fonction des territoires. En tout cas, c’est ce que semble indiquer l’ami Wikipedia (même si ses informations sont toujours à prendre avec précaution).

  10. J’écrit depuis presque 2 ans mais je n’ai jamais fait attention a mon écriture. Alors je suis en train de commencer une histoire et j’ai rencontrer un problème. Pour les dialogue j’ai compris le système des tirets et guillemets. Mais j’ai rencontré une autre difficulté, c’est quant les personnages sont 3 et plus. Je n’arrive pas à faire en sorte qu’on voit qui est qui dans être ennuyeuse. Si je met tout le temps « dit George » « ajouta Nadège » « repris Jade » et ainsi de suite sa ne marche pas. Comment je peut faire? J’aimerai que vous me répondiez s’il vous plait. Merci

    • Bonjour Tessa,

      Effectivement, un échange entre plus de deux personnages peut vite devenir long et pompeux. Concrètement, les « trucs » à appliquer pour éviter la lourdeur sont les mêmes à trois personnages ou plus qu’avec deux personnages :
      - Les accroches : comme vous l’avez sûrement compris, on peut pour commencer utiliser des accroches différentes « dit un tel, acquiesça un tel, rétorqua un tel »
      - Les synonymes : on évitera d’utiliser toujours les mêmes verbes d’introduction (dire, répondre, etc.) ainsi que les noms des personnages (on remplacera « Nadège » par le titre, la profession, le surnom ou toute autre expression qui peut désigner clairement ce personnage).
      - Les évidences : certaines répliques ne nécessitent pas d’être introduite si leur auteur est évident. Par exemple, dans un dialogue entre un roi et deux chevaliers, le lecteur comprendra instantanément que le personnage qui dit « Mon royaume » est le roi et non pas l’un des chevaliers. De même, s’il y a un personnage féminin et deux masculins, les accords peuvent aider. Celle qui dira « Je suis curieuse » sera forcément la seule femme.
      - Les adresses à un personnage : on peut également utiliser des adresses lors des dialogues, pour indiquer qui sera le suivant à parler. Si l’un des personnages s’adresse directement à un autre (exemple : « Dites moi, ma chère Nadège »), il est évident que ce dernier sera le prochain à parler.
      - La narration : on utilisera enfin la narration un maximum pour aérer le dialogue et indiquer qui parle à qui. Pour cela, on entrecoupera le dialogue de petites descriptions et d’accroches qui peuvent servir d’indices : « ajouta Nadège en se tournant vers Jade », « demanda Jade à l’attention de Nadège », « s’inquiéta Jade en jetant un oeil interrogateur vers Nadège », etc.

      Naturellement, pour éviter tout effet de lourdeur et de répétition, on utilisera l’ensemble de ces « techniques » à petite dose.

  11. Bonjour,
    Très bon article et intéressant. J’ai cependant une question :
    Qu’en est-il des pensée ? Y a-t-il une typographie particulière ?

    Par exemple :
    – Blabla, pensa Victor.

    Que ce passe-t-il lorsqu’une pensée intervient au milieu d’un dialogue ?

    Par exemple :
    – Quel beau blabla ! s’étonna Marie.
    – Si on aime ce genre de blabla, pensa Charles en levant les yeux au ciel.

    Utilise-t-on les règles des dialogues, ou y a-t-il d’autres codes ?

    Je suis en train d’écrire une histoire où plusieurs personnages sont spectateurs d’évènements et j’aimerais partager leur opinions. Même si j’utilise une narration assez omnisciente, certaines pensées gagnent à être partagées plus littéralement.

    • Bonjour,

      En ce qui concerne les pensées des personnages, je ne suis pas certain qu’il existe une typographie définie. Néanmoins, il est indispensable de réfléchir à une manière de les différencier clairement des dialogues, sans quoi vous risquez de perdre toute compréhension. Dans votre exemple, il suffit que le lecteur passe à côté de « pensa » pour se méprendre sur le sens du dialogue.

      Généralement, on utilise l’italique pour retranscrire les pensées d’un personnage, même si ce n’est pas une convention obligatoire. Les tirets ne sont pas forcément obligatoires car on peut intégrer les pensées dans la narration.

      Du style :
      – Quel beau blabla ! s’étonna Marie.
      Si on aime ce genre de blabla, pensa Charles en levant les yeux au ciel.
      – Comme tu as raison ! finit-il néanmoins par céder, non pas sans hypocrisie.

      Et comme toujours en matière de dialogues, mieux vaut utiliser cela avec parcimonie pour éviter les lourdeurs. Si une réplique sur deux est une pensée, le lecteur risque vite de ne plus s’y retrouver. D’autant plus qu’il est généralement facile d’intégrer les pensées d’un personnage en narration, à condition qu’elles ne soient pas trop complexes.

      Dans notre exemple :
      – Quel beau blabla ! s’étonna Marie.
      – Comme tu as raison ! répondit Charles par politesse, lui qui trouvait ce blabla répugnant.

  12. A reblogué ceci sur Éliciaet a ajouté:
    Voici des règles très utiles concernant la typographie des dialogues. On y apprend ce qu’est une incise, un tiret cadratin et les deux façons de présenter un dialogue. Ma préférence personnelle va à la deuxième.

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