Le NaNoWriMo

Aujourd’hui, je vais prendre un peu de mon temps (et du vôtre) pour vous présenter le NaNoWriMo : un petit évènement littéraire qui aura lieu d’ici peu et intéressera sans doute les auteurs en quête de défi d’écriture. Derrière ce sigle amusant se cache le National Novel Writing Month, et derrière ce nom anglais se cache -traduction qu’il m’aura été difficile de mener à bien- : « Mois national de l’écriture  de roman». Le tout désigne un programme d’écriture assez ludique, que j’ai découvert en parcourant le site de Pauline Doudelet (il faudrait d’ailleurs que j’arrête de la citer à chaque article !) et que je vais m’empresser de vous présenter.

Le principe de ce petit jeu est simple : faire de novembre un mois d’écriture intensif. L’objectif ? Commencer un roman le premier novembre, à partir de minuit, et le terminer le 30 novembre, avant la même heure ! En termes de quantité, le roman doit faire un minimum de 50000 mots, soit environ 175 pages pour ceux qui, comme moi, ne sont pas du genre à compter leurs mots !

Je vois déjà nombre d’entre vous s’indigner face à un tel évènement. Comment réussir un roman de qualité en ne prenant qu’un mois pour l’écrire ? Justement, l’enjeu n’est pas là ! Le NaNoWriMo a avant tout pour objectif de vous forcer à écrire, de vous inciter à terminer un roman, sans prendre en compte la qualité. Vous comprendrez aisément qu’il ne sera pas question de vous corriger en novembre : 50000 mots, c’est déjà très long à écrire, alors n’imaginez même pas les relire. De même, n’imaginez pas pouvoir flâner à chaque nouveau chapitre à la recherche de l’inspiration ! Le texte qui ressortira de ce mois de novembre sera très impulsif, certainement brouillon au possible et truffé de fautes ! Si vous pensez le faire éditer, comptez bien décembre et janvier pour la relecture, en étant gentil ! Si vous considérez le NaNoWriMo comme un jeu, gardez le texte sous le coude, il vous fera sans doute rire quand vous le relirez d’ici quelques mois !

Au final, cet évènement a cela de génial qu’il permettra à quiconque y participe, y compris tout ceux qui rêvent d’écrire depuis des années sans en prendre le temps, de réaliser qu’ils sont capables de rédiger un roman. Peut-être pas un bon roman, mais c’est déjà une première étape ! Et si l’épreuve ne sera sans doute pas aisée (il sera souvent tentant d’abandonner au cours du mois), comptez bien sur les autres participants pour vous aider à ne pas décrocher.

Bref, tout ça pour vous dire que, cette année, j’ai décidé de tenter l’expérience, autant par goût du risque que par curiosité. S’il est possible de prendre des notes et de préparer le NaNoWriMo des mois à l’avance, comme un grand sportif (l’essentiel est de ne pas écrire une seule ligne du bouquin avant le 1er novembre), j’ai décidé de ne tout simplement pas le préparer, cette fois-ci uniquement par goût du risque. Néanmoins, ayant déjà une idée de projet en tête, et fonctionnant beaucoup à la réflexion, je mentirai en disant que je partirai d’une page blanche. Je peux donc déjà vous dire que ma première tentative de NaNoWriMo parlera de révolte, de violence, de lutte et de folie… avec un peu d’apocalypse en toile de fond !

Pour en savoir plus sur cet évènement qui je l’espère vous aura mis l’eau à la bouche, et réveillé votre instinct d’écrivain, je vous invite à consulter le site officiel du NaNoWriMo, voire d’y créer votre compte. En attendant novembre, il vous reste trois semaines pour muscler vos doigts et votre esprit créatif…

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16 réflexions sur “Le NaNoWriMo

      • J’avais envie de participer cette année, mais comme tu le sais, je me suis finalement décidé à retravailler une nouvelle pour l’auto-éditer, alors je risque de ne pas être prêt… On verra.

      • Oui, ça me parait difficile de mener deux projets de front. Et comme ton texte sera quoiqu’il arrive plus abouti que celui que tu écrirais pour le NaNoWriMo, ça risque d’être plus profitable de travailler dessus ! ^^

        Mais si jamais l’aventure te tente, je serai ravi de surveiller ton avancée ! 😉

  1. National Novel, cher ami, pas « November » 😉
    L’an passé, pour ma première tentative, à l’arrach’, en apprenant l’existence du Nano à quelques jours de son lancement, j’ai pu terminé avec un « beau » projet qui comptait 64 000 mots (score porté à un peu plus de 70K quelques semaines plus tard).
    Par contre, côté relecture/correction, mieux vaut être prudent et compter plus de temps : à écrire sur un tel rythme, on n’a moins (voire pas) le temps de s’appesantir sur les incohérences (changement de mentalités de ses persos, entorses à l’univers ou à l’intrigue) et ces éléments sont très lourds à corriger. C’est d’autant plus vrai lorsque l’on se lance sans avoir un chouilla réfléchi à ses persos, qui , c’est bien connu, ont tendance à n’en faire qu’à leur tête !
    Actuellement, soit onze mois plus tard, j’en suis seulement à faire lire le « bébé » pour poursuivre le travail dessus.

    Quoi qu’il en soit, je te souhaite bon courage ! Tu me trouveras là-bas sous le pseudo de juge corwin.
    à bientôt !

    • @Freenambule Merci de corriger cette petite erreur qui s’était incluse dans l’article malgré un travail de relecture de plus d’une centaine de personnes payées à plein temps !

      Et merci pour tes encouragements ! Je pense que je te suis déjà sur le site du Nano, que j’ai encore très peu fréquenté ! Pour le moment, j’ai quelques personnages en tête, mais j’avoue qu’ils risquent très fortement de tourner au vinaigre ou de devenir du n’importe quoi. Nous verrons bien !

      • Euh… juste comme ça… tu as aussi mis « National Novel Writing Day » en début d’article. Perso, là, je jette l’éponge : 50K mots en un jour, je ne me sens pas de taille 😉

        Blague à part, je suivrai ta progression de près.

      • Décidément ! 🙂

        Je t’engage tout de suite comme correcteur Loïc, t’es bien le seul à remarquer tout ça ! Et oui, je suis du genre à aimer les vrais défis : un mois, c’est bien trop, on peut le faire en un jour !

        Remarque, ça peut-être la solution si tu as oublié le Nano tout le reste du mois et que tu te rends compte qu’il ne te reste qu’un jour… Mais ça me paraît difficilement faisable !

  2. Génial! 😀 Je te souhaite bon courage! Moi aussi ce sera ma première tentative.

    Là où je ne suis pas d’accord avec ton article, néanmoins, c’est: 1) Personne ne compte ses mots, pas plus qu’on ne compte ses pages… le traitement de texte le fait pour nous! 2) Je pense au contraire que la rapidité d’exécution peut améliorer la qualité d’un roman, surtout au niveau de la cohérence de l’intrigue et du style (puisqu’on reste dans un état d’esprit continu du début à la fin).

    Personnellement, j’écris très lentement: à peine plus de 500 mots par heure. Ça veut dire qu’il faudrait que j’y travaille environ trois heures par jour pour tenir la moyenne du NaNo… La seule raison pour laquelle je prends en général plus de temps pour écrire, c’est que je n’ai pas ces trois heures par jour à y consacrer (mais je viens de quitter mon travail, donc pour novembre, l’espoir est là! 😉 ). Mais je n’y passe pas plus de temps en soi; j’écris 500 mots par heure, c’est un fait (une moyenne), que j’écrive trois heures par jour ou une heure par semaine (en réalité, plus j’écris longtemps d’affilée, plus j’écris vite, donc un autre bon point pour le NaNo, qui va me forcer à y passer plus de temps).

    En combien de temps croyez-vous que les auteurs pro écrivent leurs romans? Une auteure de bestsellers que j’ai eu la chance de rencontrer, et qui faisait régulièrement des blagues sur le fait qu’elle ne pourrait jamais écrire aussi vite que Nora Roberts (même si elle aimerait bien), a un contrat pour écrire un nouveau roman de 100 000 mots tous les six mois. Du coup, ces six mois incluent le développement de l’idée, la mise au point d’une intrigue, le travail sur les personnages… Bref, un roman de A à Z en six mois. Au contraire, le mois du NaNo, c’est juste de l’écriture. Le roman que je veux essayer d’avancer grâce au NaNo, ça fait plus de dix ans qu’il est dans ma tête…

    Même si le NaNoWriMo est un jeu (on fait ça pour avoir du fun avant tout), je pense que, bien loin de nous amener à pouvoir rigoler du roman qu’on aura produit en un mois, il nous mène à nous mesurer au défi que représente l’écriture pro. Écrire 50 000 mots en un mois, ce n’est pas n’importe quoi; c’est ce dont tu dois être capable pour survivre dans le monde de l’industrie littéraire.

    • Merci de ce long commentaire, c’est un plaisir de pouvoir échanger à propos de l’écriture !

      Merci pour tes remarques. En effet, je me doutes bien que peu d’auteurs s’amusent à compter leurs mots ! C’est d’ailleurs une pratique qui m’a toujours étonnée : compter le nombre de mots écrits par jour ou par heure. Personnellement, je n’ai jamais fait attention à cet indicateur, mais il faut dire que je suis loin d’être un écrivain professionnel !

      Pour la pertinence d’une écriture rapide dans la qualité d’un roman, je suis à moitié d’accord avec toi. Si -comme c’est visiblement le cas pour toi- l’auteur a préparé minutieusement son NaNoWriMo, a déjà défini ses personnages et songé au déroulement général du récit, alors oui, on peut dire que l’écriture rapide lui permettra de ne pas perdre son fil directeur. En revanche, si l’auteur écrit au fil de la plume sans idées derrière la tête, il risque bien de perdre en cohérence dans son récit, comme l’expliquait Loïc dans les commentaires.

      Très franchement, j’ignore en combien de temps un auteur pro écrit son bouquin. Tout dépend de l’auteur, tout dépend du bouquin. Je pense qu’il est possible de livrer un ouvrage fini en quelques mois à peine. Si on veut vraiment aborder l’écriture de manière commerciale, on a d’ailleurs intérêt à être capable de produire vite. Les « grands » auteurs contemporains ont généralement des contrats qui leur imposent un quota, au moins un livre par an pour Amélie Nothomb par exemple, quota qui va peut-être à l’encontre de la qualité de leur livre…

      Après, certains arrivent à être doués sans trop de préparations, d’autres doivent planifier des mois à l’avance, certains sont capables d’écrire en un trait, d’autres doivent toujours étoffer ou modifier. L’écriture est loin d’être quelque chose d’universel.

      Je t’invite à lire cet article d’envie d’écrire sur James Patterson, qui sort jusqu’à dix livres par an ! http://www.enviedecrire.com/l-ecrivain-le-plus-riche-du-monde-sappelle-james-patterson/

      Comme quoi chacun a sa méthode !

      Je te souhaite un bon courage pour le NaNoWrimo (ce sont les dernières semaines de préparation) ! En espérant pouvoir partager cette première expérience avec toi… Nous les petits nouveaux du Nano !

  3. Attention, Nano ne rime pas avec mauvaise qualité. De mes 5 éditions, j’ai pu garder au moins 80% de ce que j’ai écrit (les autres 20% étant sur le compte des périphrases).
    Je prends Nano au sérieux parce que c’est le tremplin nécessaire (pour moi) pour débuter un projet auquel je tiens. Je fais ma recherche (si nécessaire) auparavant et je travaille la psychologie des personnages. En les connaissant parfaitement, l’histoire est fluide parce que ce sont eux qui font le travail à notre place.

    (C’était mon moment « Nano de qualité ». :-))

    • Dans ce cas, mes excuses ! 🙂

      Je parle surtout de mauvaise qualité pour me dédouaner et excuser d’avances toutes les horreurs que je vais écrire ! Plus sérieusement, je pense que tout dépend de ton type d’écriture et de ta préparation au Nano.

      Certains sont capables d’écrire bien spontanément, d’autres de planifier pendant un an et, du coup, de finaliser un roman quasi complet en un mois.

      Mais je persiste à croire, comme Freenambule dans les commentaires, que,niveau qualité, le modèle du Nano n’est pas une référence. Rare sont ceux qui arrivent à écrire en un jet (si tu gardes 80% de ton Nano, la chance veut que tu en fasses partie !). En revanche, le Nano est en effet un très bon modèle pour se lancer à écrire, voire mieux encore à écrire un projet dormant.

      Merci pour ton commentaire, et pressé de commencer cette expérience ! Je m’attendais pas à ce qu’il y ait tant de fans de NaNoWriMo, je débarque vraiment moi ! ^^

      • En 5 éditions, je me suis lancée 4 fois dans le vide avec une seule phrase en tête sans rien savoir du tout de ce que j’allais écrire. L’année dernière et cette année je prépare parce que j’ai besoin de combler l’attente d’une manière ou d’une autre et que j’ai eu l’idée trop tôt dans l’année (le moment idéal pour moi, c’est avoir une idée à la mi-octobre et non en juillet comme cette année !).
        Et puis, Nano ou pas, un premier jet est toujours un premier jet. Personne ne publie de premier jet. 😉
        Comme disait Brandeis : Il n’ya pas de grande écriture, mais que de la grande réécriture.
        Et réécrire, j’adore ça. ,-)

  4. Pingback: NaNoWriMo, J-7… « lesoufflenumerique

  5. Pheeew, commentaire très en retard mais passons.

    Au risque de passer pour rabat-joie, je trouve le concept de minimum de mots complètement merdique et honteux. D’une part, il faut savoir que c’est un concept purement contractuel (qui tient sur rentabilité de l’édition papier sur le mode « il faut en donner au lecteur pour son argent parce qu’on vend les hardcover 28 dollars » et qui a été popularisé outre-atlantique à une certaine époque).

    Et donc, au lieu de s’absoudre de ce concept à la con, Nanowrimo l’intègre comme rouage essentiel, ce que je ne cautionne absolument pas et je vais dire pourquoi.

    La première version de Fahrenheit 451 faisait la moitié de ce qu’elle fait à l’arrivée en bouquin, et Bradbury a largement pesté contre ça à l’époque parce qu’il trouvait la première version (publiée en série dans magazine) largement meilleure… D’autant qu’il dit se laisser guider par ses personnages sans rien maîtriser et que, du coup, difficile pour lui de dire à l’avance combien de mots son bouquin fera. Bref, il n’a pas hésité à employer les mots « remplissage » et « brodage » pour atteindre cette limite contractuelle.

    De manière générale, il est très difficile de connaître la longueur d’un bouquin à l’avance. Et à cause des ces impératifs rentabilité de merde, beaucoup d’écrivains admettent des longueurs qu’ils haïssent dans leurs propres bouquins. Et là, on récupère donc ce qui emmerde le plus les auteurs dans un concept-jeu…

    Et je ne parle même pas des auteurs de SF ou fantasy qui avouent écrire X pages et en dégager parfois les 3/4 après travail d’édition… justement à cause de ce besoin d’éliminer les longueurs.

    Donc désolé, mais pour moi, ce point-là est un putain de manque de respect envers la liberté de l’artiste et c’est pour ça que j’emmerde les organisateurs.

    • Je reconnais bien là ton style chatoyant mon cher Panoz ! Nous avons déjà discuté du sujet et nos avis sont tranchés, mais je tenais tout de même à t’offrir une réponse dans les règles de l’art.

      Je pense l’avoir montré dans cet article, mais l’important reste que le NaNoWriMo n’est en rien un projet artistique, et ne se présente pas comme un miracle littéraire, bien au contraire. Le simple fait de déclarer que la qualité n’est pas importante prouve que les prétentions de ses organisateurs sont basses au niveau artistique. Il ne s’agit donc pas de transcender l’écriture, ni même de reprendre le honteux modèle des éditeurs, puisque le projet n’a en rien une vocation éditoriale.

      Non, le Nano n’a pas vraiment d’autre vocation qu’une vocation ludique. Nombreux sont les participants à le faire par plaisir, sans intention d’être lus (car oui, on peut simplement écrire pour son propre plaisir, ou par goût du défi, sans vouloir être édité ni même lu !). Quand tu parles de « liberté de l’artiste », tu es dans le faux, tu devrais parler de liberté du « joueur ». Et le joueur, il a choisi de faire ce nano, et est d’ailleurs libre de l’arrêter quand il le veut.

      Les 50.000 mots n’apparaissent d’ailleurs pas comme une contrainte mais comme un défi. S’agissant d’un jeu, il aurait moins d’intérêt s’il s’agissait d’aligner 5.000 mots ! Par ailleurs, les auteurs de SF et de Fantasy pourront s’en donner à coeur joie puisqu’ils pourront, s’ils y arrivent, dépasser cet objectif de 50.000 mots.

      Finalement, je trouve qu’il est en effet fort rabat-joie et peu fondé de critiquer ainsi le Nano en le comparant à un acte artistique, ce qu’il n’est en rien. Par ailleurs, les organisateurs du Nano ne demandent pas d’argent (même si le don est possible, encore une fois aucune liberté n’est entravée) et, contrairement à ce que tu sembles croire, ne sont en rien des menaces pour la littérature. Au contraire, ils incitent les auteurs à se lancer, et je sais les participants suffisamment intelligents que ce n’est pas parce qu’ils auront écrit une bouse de 50.000 mots un mois de Novembre qu’ils considèreront par la suite que tous leurs textes devront faire 50.000 mots, ni même qu’un texte plus court serait indigne de leur plume !

      Pour le reste, je vois le nano comme un rassemblement de personnes autour de l’acte positif de l’écriture, à travers le défi amusant du jeu. Tout me paraît très bon enfant, riche en rencontres, et loin des considérations artistiques qui semblent te torturer…

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