Trouver le temps d’écrire

Ces derniers temps, je ne trouve pas particulièrement le temps d’écrire des romans, et encore moins des articles de blog. C’est donc en parfaite hypocrisie que je me suis dit qu’il serait intéressant d’évoquer le sujet sur cet espace, et de vous donner mes meilleurs conseils (à savoir ceux que je ne suis pas moi-même) pour trouver le temps d’écrire régulièrement des nouvelles, des œuvres de fiction ou tout autre récit qui vous traverserait l’esprit. Vous non plus, vous n’arrivez pas à « vous y mettre » et n’arrivez jamais à écrire ? Ces conseils sont pour vous !

« Je n’ai pas le temps », le plus grand mensonge de l’Histoire

Pour commencer, et comme le sujet du jour est lié au temps, il convient ici de mettre un terme à un odieux mensonge, que nous propageons tous à notre échelle depuis des siècles et des siècles, et qu’une étude exhaustive de l’espèce humaine m’a permis de percer à jour : personne n’a « pas le temps ».

En vérité, l’expression « je n’ai pas le temps » est simplement dictée par la politesse élémentaire, qui veut que dire « je n’ai pas envie » soit plutôt mal vu en société. Et pourtant, « je n’ai pas le temps » et « je n’ai pas l’envie » sont tout simplement la même phrase. Eh oui, quand un ami un peu lourdingue nous invite à voir un film, on n’a « pas le temps », quand notre patron nous demande de travailler sur un dossier un peu ennuyeux, on n’a « pas le temps », et ainsi de suite.

Mais ne nous dissimulons pas la vérité : ce n’est généralement pas le temps, mais l’envie qui nous manque. Et pour cause, quiconque n’a pas le temps de faire une chose a pourtant le temps d’en faire une autre à la place.

Le temps une valeur universelle

La vérité est que le temps est la valeur la plus universelle qui soit. Certes, cette théorie a pour seule limite notre mortalité, ce qui donne à la vie son côté si piquant et si angoissant. Mais sur le papier, nous avons tous le même nombre de jours dans une semaine, et le même nombre d’heures dans une journée.

En conséquence, nous avons tous le temps d’écrire un livre, sans exception. Et dire le contraire serait mentir. C’est d’autant plus vrai que l’écriture d’un livre n’est pas si longue qu’il y paraît.

Si vous avez une bonne semaine devant vous (ce dont dispose je l’espère la totalité des lecteurs de cet article), vous aurez sans problème le temps de rédiger un livre entier, peut-être en le torchant un peu, mais l’essentiel n’est-il pas le résultat ?

« Je peux vraiment pas, j’ai pas le temps. »

Le temps et l’envie

Naturellement, celui qui ne trouve pas le temps d’écrire un livre ne fait pas nécessairement preuve de mauvaise volonté. Ainsi, on peut tout à fait déclamer, et en toute bonne foi, « j’ai envie d’écrire un livre, mais je n’ai pas le temps. »

Dans ce cadre, ce n’est alors peut-être pas l’envie qui manque, mais le courage, la volonté, ou pourquoi pas la méthode ou l’organisation. La question est peut-être également de positionner cette envie par rapport aux autres envies.

Ais-je plus l’envie d’écrire un livre que de regarder la télé ? Ais-je plus l’envie d’écrire un livre que d’aller boire un verre ? La question doit être posée…

Les tueurs de temps

Si vous vous trouvez avec l’envie d’écrire un roman, mais prétendument sans le temps, il est peut-être temps (justement) d’examiner où part le précieux contenu du sablier.

Le meilleur moyen de trouver le temps d’écrire sera simplement d’arrêter les activités qui monopolisent votre temps vainement :

  • Regarder la télévision,
  • Flâner sur internet,
  • Sortir tous les soirs de la semaine,
  • Consulter Facebook,
  • Buller dans le canapé,
  • Jouer aux jeux vidéos,
  • Dormir,
  • Remettre à demain,
  • Et tant d’autres.

J’ai bien conscience que certains ici m’avanceront audacieusement « qu’ils n’ont pas le temps » malgré tout, mais ceux-là sont des menteurs.

Personne, ô grand jamais, n’a strictement aucune minute de libre sur sa journée, même s’il est plaisant et plutôt flatteur de se dire qu’on est surbooké (peut-être parce que le fait de multiplier les projets et de vivre à 100 à l’heure permet de bien se faire voir à une époque où tout doit aller plus vite que de raison).

Et si vous persistez à me dire que vous n’avez pas le temps, je serai là à vous juger au moment de votre pause café, quand vous irez consulter vos e-mails perso au milieu de la journée, ou encore quand je vous prendrais à rêvasser le soir venu, durant tous ces moments où l’aiguille des secondes défile sagement sans que vous fassiez quoi que ce soit.

Il paraît essentiel d’identifier les habitudes qui vous font perdre du temps…

Comment trouver le temps d’écrire ?

À présent que j’ai prouvé que nous n’étions tous que des menteurs aux bonnes intentions, mais incapables de dépenser correctement le capital de minutes qui nous est imparti, il convient de revenir au sujet et d’évoquer plus sagement les alternatives disponibles pour quiconque cherche à écrire plus souvent.

L’importance de créer une habitude d’écriture

L’enjeu, quand on cherche à écrire, est de ne pas écrire juste « une fois ». Malheureusement, l’écriture de fiction est l’un de ces passe-temps qui nécessitent une certaine fréquence de réalisation pour obtenir des résultats sinon grandioses, au moins appréciables.

Le meilleur moyen d’écrire un roman est donc non pas de chercher du temps à droite à gauche, quand cela est possible, mais d’instaurer une véritable routine d’écriture, une habitude.

Pour écrire, vous vous devez de vous imposer une fréquence et une durée d’écriture. Ce peut être par exemple écrire une heure chaque semaine, ou écrire vingt minutes chaque soir, à vous de voir !

Pour écrire véritablement et durablement, l’essentiel est que ce réflexe devienne une habitude. Pour cela, le mieux est de greffer cette habitude à une autre de vos habitudes, ou de remplacer une mauvaise habitude par cette nouvelle routine.

Pour exemple, et à priori, vous vous levez chaque matin. Vous pourriez ainsi décider de mettre le réveil dix minutes plus tôt chaque matin, et écrire sur ce nouveau temps libre qui vous est imparti. Autre exemple, vous pouvez décider de remplacer les 30 minutes de télévision du soir par 30 minutes d’écriture. Vous voyez le topo !

Important : s’ajouter une nouvelle habitude de vie est toujours une étape très délicate, car on a vite tendance à revenir à ses mauvaises habitudes. On considère que l’esprit a besoin d’un mois pour créer une nouvelle habitude. Durant le premier mois, sachez donc ne jamais transiger avec vos résolutions, pour qu’elles s’ancrent dans vos habitudes.

Se dégager du temps

Naturellement, pour se créer une routine d’écriture, il convient d’avoir le temps d’instaurer cette routine dans son quotidien.

Après mon laïus de début d’article, je suis sûr que certains d’entre vous ont encore l’outrecuidance de considérer qu’ils manquent de temps pour écrire. Dans ce cas, voici quelques suggestions pour trouver quelques précieuses minutes qui vous aideront à écrire :

  • Déléguer : si vous êtes surchargé(e) au quotidien, il est peut-être temps de déléguer certaines tâches ou contraintes. Vous faites tout à la maison ? Déléguez à votre conjoint. Si vous en avez les moyens, faites appel à un aide de ménage. Déterminez pour chaque bouffe-temps s’il n’existe pas une méthode de déléguer un peu de vos efforts.
  • Abandonner certaines activités : si vous multipliez les activités et que vous ne trouvez pas une seconde pour écrire, il est peut-être temps de lâcher du lest. Abandonnez une association ou un rendez-vous quotidien qui vous prend du temps et consacrez le temps ainsi gagné à l’écriture.
  • Optimiser ses déplacements : vous êtes toujours coincé(e) dans les bouchons ? Déterminez s’il n’y a pas un moyen de limiter cela. Ne pourriez-vous pas prendre le train (ce qui vous laisserait écrire pendant le trajet) ? Ne pourriez-vous pas déménager plus proche de votre bureau, ou trouver un travail plus proche de votre logement ?
  • Cesser la procrastination : en matière de gestion du temps, rien n’est pire que la procrastination. Remettre quelque chose à demain est souvent l’équivalent de ne jamais le faire. Si vous savez que vous avez du mal à « vous y mettre », forcez-vous à écrire le plus rapidement possible dans la journée (par exemple au réveil, ou dès le retour du travail). Une fois que vous aurez écrit, ce sera toujours le moment de faire une activité qui vous semble plus distrayante ou moins contraignante.
  • Tuer les distractions : parfois, trouver du temps n’est pas aussi nécessaire que de trouver de bonnes conditions pour écrire. Si votre petite famille est très prenante et/ou très bruyante, ou si vous n’avez aucune volonté face à la tentation de la télévision ou de la sieste dans le canapé, sachez vous accorder des conditions de travail idéales. Vous pouvez par exemple rester un peu plus tard au bureau pour écrire, aller fréquenter une bibliothèque ou encore vous aménager un espace spécifique chez vous pour l’écriture.
  • Changer des habitudes de coucher/lever : se coucher plus tard ou se lever plus tôt reste le meilleur moyen de trouver un peu de temps supplémentaire dans sa routine quotidienne. Il s’agit bien sûr de ne pas vous épuiser en limitant plus que de raison votre temps de sommeil, mais plutôt de déterminer si une demi-heure de sommeil en moins changerait réellement votre état de fatigue.

Si malgré cette liste vous n’imaginez toujours pas un moyen de récupérer un peu de votre précieux temps, il se peut tout simplement que vous n’ayez pas l’envie profonde d’écrire un roman, ce dont je parlerais plus en détail en fin de cet article.

Il existe toujours un moyen de trouver du temps…

La nécessité de se fixer des objectifs

Une autre manière de se forcer à l’écriture est tout simplement de s’appuyer sur des objectifs précis. Malheureusement, se dire « il faudrait que j’écrive » ne suffira jamais à vous faire rédiger un roman. Dans l’idéal, mieux vaut se fixer un objectif mesuré et mesurable.

Cela sera par exemple « il faudrait que j’écrive 30 minutes tous les deux jours », « il faudrait que j’écrive un chapitre chaque semaine », « je dois écrire un roman par an », etc.

En soi, tout le monde dit un jour vouloir écrire un roman, mais très peu passent le pas. C’est tout simplement parce que le simple fait de vouloir écrire un roman ne suffit pas à s’y mettre, et le simple fait d’imaginer un récit ne suffit pas à le coucher sur papier.

En revanche, remplacer le traditionnel « je voudrais écrire un roman » par « j’écris un roman 20 minutes par jour » est une belle manière de concrétiser ce projet.

L’importance d’objectifs raisonnables et ambitieux

S’il est impératif de se déterminer un objectif pour se lancer dans l’écriture d’un roman, cet objectif doit naturellement être cohérent avec le temps dont vous disposez pour l’écriture, et être à la fois ambitieux et raisonnable.

Si vous vous dites, « il me faut écrire un roman par semaine », vous n’y arriverez jamais et cela vous découragera.

Si vous vous dites « il me faut écrire 10 minutes par mois », vous y arriverez, mais cela ne vous fera pas vraiment avancer…

Dans l’absolu, l’idéal est de bien mesurer le temps qui vous est disponible chaque semaine, et d’en déduire un objectif cohérent, mais ambitieux.

Si d’entrée de jeu vous vous contraignez à écrire trois heures par jour, vous abandonnerez bien vite. Si vous décidez d’écrire un peu chaque soir ou à un moment fixe chaque semaine, la pilule passera plus facilement, et vous pourrez éventuellement augmenter la fréquence si l’exercice vous plaît.

Le petit secret en matière d’écriture est que le plus dur est souvent de se lancer. Dans les faits, vous fixer l’objectif d’écrire 20 minutes chaque soir vous poussera bien souvent à écrire plus de 20 minutes, porté(e) par votre plume.

On préférera ainsi un objectif raisonnable et dépassé, très stimulant pour l’esprit, plutôt qu’un objectif inatteignable et jamais atteint, qui vous poussera à abandonner face à l’ampleur de la tâche.

Important : pour être sûr(e) de vous tenir à votre objectif, sachez aménager un moment fixe de la semaine (ou de la journée) dédié à l’écriture. Par exemple, dites-vous « Je vais écrire tous les mardis soir, de 18 h 30 à 20 h ». Créer un rendez-vous fixe vous évite en effet de céder à la procrastination et de retarder le moment venu toujours plus tard dans la semaine…   

Un objectif trop ambitieux sera toujours contre productif.

Pourquoi trouver le temps d’écrire ?

Vous savez à présent tout ce qu’il vous faut savoir pour vous mettre sérieusement à l’écriture, et pouvoir avancer pas à pas vers la réalisation d’un roman. Mais il reste ici une question en suspens : pourquoi donc ?

Avant de vous forcer à la discipline de l’écriture (car oui, écrire nécessite une véritable discipline), il est important de vous fixer un certain but, ou tout du moins de comprendre pourquoi vous écrivez. Sans cela, il sera difficile de persévérer dans vos efforts.

Derrière votre objectif de fréquence d’écriture doit aussi se cacher un objectif personnel, qui peut prendre autant d’apparences qu’il existe d’écrivains. Selon les cas, on cherchera à écrire pour :

  • Extérioriser ses émotions,
  • Raconter une histoire,
  • Laisser une trace,
  • Se faire éditer,
  • Donner vie à son imaginaire,
  • Occuper le temps,
  • Être fier d’avoir écrit un livre,
  • Devenir riche et célèbre,
  • Faire vivre un sentiment,
  • Se faire mousser en société,
  • Et tant d’autres choses…

Ce qui me semble essentiel durant l’aventure reste que l’écriture soit avant tout une activité agréable. Si le simple fait d’écrire est une véritable corvée, ou si vous peinez véritablement à donner vie à votre roman, il se peut tout simplement que tout cela n’en vaille pas la peine pour vous.

Si au contraire l’écriture est une activité plaisante, et qu’il vous tarde d’en être à votre prochaine séance d’écriture, si vous pensez régulièrement à votre récit et que l’avancée de votre roman vous stimule, c’est la preuve que le jeu en vaut la chandelle !

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15 réflexions sur “Trouver le temps d’écrire

  1. C’est un article très intéressant. C’est vrai que quand je dis que je n’ai pas le temps, c’est généralement que je ne trouve pas la motivation, que je n’ai pas vraiment envie.

  2. Des conseils judicieux. En effet, il est toujours possible de dégager du temps pour l’écriture, mais ce n’est pas facile, surtout quand on est dans la vie active.
    Si je regarde ma propre expérience, c’était assez compliqué : gérer le boulot, la maison, les enfants, le mari^^… mais j’y arrivais. Peut-être parce que la passion était là, je ne sais pas. Bref, depuis que je suis arrivée à la retraite, c’est une joie de pouvoir écrire, de pouvoir vivre ma passion au quotidien.
    Je crois aussi que si l’élan d’écriture se raréfie, il faut laisser se faire les choses. Se détendre et ne pas culpabiliser pour cela. Nos vies se déroulent par cycles, à nous de nous y adapter.

    • Merci pour ce commentaire. L’un des secrets serait donc de patienter jusqu’à la retraite ?! :-p J’aime beaucoup votre conclusion et c’est une pensée que je partage. J’ai tendance à me dire que ce qui ne se fait pas ne doit pas se faire, et qu’il est inutile de se forcer si le cœur n’y est pas. Espérons juste que mon prochain « cycle » soit plus prolifique en matière d’écriture que le dernier. Je vous souhaite bien du plaisir à continuer d’écrire ! 😉

  3. Merci Pierrick. En effet, nous nous mentons à nous-même. C’est bien l’envie qui nous fait défaut! Et ce sont bien ces satanées distractions qui tuent nos projets..

  4. Merci pour cet article vivifiant ! Pour ma part, j’en suis à la 6eme révision de ma nouvelle, et j’ai vraiment besoin de faire un break, sinon je vais finir par la détester. D’ailleurs, j’ai repris le stylo et un cahier pour écrire « librement » et sans le faire exprès, j’ai écris une préquelle à ma nouvelle !

  5. Article très intéressant. De mon côté pour ne pas perdre la main j’ai pour objectif de faire 2/3 séances d’écritures par semaines. De temps en temps j’écris seulement 15 minutes et d’autres fois plusieurs heures. Mais au final ça permet de faire avancer son récit et s’est motivant pour la suite.

  6. On ne peut ni « avoir » le temps, ni le « perdre », si on n’a pas avant tout décidé de le « prendre ».
    J’ai arrêté de sortir l’excuse « je n’ai pas eu le temps », et j’ai remplacé ça par « je n’ai pas pris le temps ». ça n’a l’air de rien, mais ça m’a beaucoup aidé à me motiver pour « trouver » du temps 🙂

    • Effectivement, c’est une tournure de phrase plus honnête et plus révélatrice, et qui ne nous donne pas la fausse impression que le temps s’enfuit inexorablement sans que l’on ait le moindre contrôle sur lui.

  7. J’ai lu deux fois ton article, au début je me suis dit, mais non, quand j’ai pas le temps, j’ai pas le temps. Et sincèrement il y a des petits moments où je n’ai pas le temps (en vrai), mais mon officiel « pas le temps » à moi signifie « est-ce que j’ai vraiment l’inspiration, la créativité open », je crois que la phrase s’adapte selon la personne, selon le moment avec majoritairement un double sens caché. J’apprécie ton article qui met en lumière quelques façons de faire conscientes ou pas, ce genre de réflexions permet souvent de changer quelque chose et de se bouger les fesses pour écrire 😉 Merci pour le partage 🙂

  8. Ouf¡ Ça me fait tellement de bien ! J’ai déjà écrit régulièrement 5 livres et le 6eme, pourtant extrêmement bien préparé, tardé à sortir de mes entrailles ! J’ai la flemme ! Et pourtant, quand je m’y remets, ça va très vite ! C’est l’horaire qui me manque plus que la flemme qui s’est installée depuis plus de 6 mois… Je vais choisir un temps précis chaque jour, 30 minutes et tout ira bien ! Merci pour votre article clair et éclairant !

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