Pourquoi le numérique est-il idéal pour l’auto-édition ?

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Crédit photo : Mike Licht

Saviez-vous que ce n’est pas forcément un hasard si, en lançant ce blog, j’ai décidé de m’intéresser à la fois à l’édition numérique et à l’auto-édition ? Il faut dire que ces deux thématiques sont loin d’être étrangères. Prenons par exemple le N°1 du livre numérique mondial : le tant décrié Amazon. Une part de son succès dans le numérique est due au fait qu’il permette des services d’auto-édition. C’est ainsi que d’illustres inconnus se sont vus propulsés en tête des ventes numériques d’Amazon, ce qui a bien entendu servi à la notoriété du site dans son nouveau secteur d’activité.

Il faut reconnaitre que si le livre numérique est une opportunité pour quelqu’un (en dehors d’Amazon…), c’est bien pour les auteurs ! Aujourd’hui, je vais donc vous lister les différentes raisons pour lesquelles le numérique est idéal pour quiconque aimerait se tourner vers l’auto-édition :

  1. Un investissement initial quasi-nul : La première raison qui devrait pousser l’auto-édité à s’intéresser au numérique plutôt qu’au papier, c’est avant tout son investissement de départ. Si nous mettons de côté les services d’impression à la demande, comme le propose par exemple le site Lulu, faire imprimer son livre coûte généralement très cher. L’imprimeur ne se dérangeant pas pour moins de quelques dizaines d’exemplaires, à une dizaine d’euros l’unité, la première facture de l’auto-édité avoisinera facilement le millier d’euros, sinon plus ! En numérique, pour peu que l’auteur maîtrise quelques notions, son investissement de départ sera presque nul. Dans le cas contraire, il n’aura à dépenser que quelques centaines d’euros s’il trouve le service adéquat. Dès lors, l’autoédition devient nettement plus abordable en numérique !
  2. Pas de stocks ni d’invendus : Second avantage à prendre en compte, l’auteur ne se retrouvera pas avec des centaines d’exemplaires à écouler ! Une fois son fichier numérique créé, il pourra le vendre des années durant sans plus investir un seul denier. Il s’épargne également la lourde tâche de la distribution. Il n’aura jamais à s’occuper d’empaqueter ses fichiers pour les envoyer par la poste ! Si l’avantage de la disparition des stocks peut paraître minime, je pense qu’il a toute son importance. Imaginez l’auteur qui se réveille chaque jour au milieu de piles de ses bouquins qu’il n’arrive pas à vendre, qui lui rappellent à la fois son échec et l’investissement qu’il a effectué. Une telle situation ne pourra jamais se produire avec le numérique, et la déception sera donc nettement plus douce…
  3. Un coût du livre réduit : Du côté du lecteur à présent, passer par le numérique lui permettra de se procurer des livres auto-édités à prix ridicule. Vous me direz, quel est l’avantage pour l’auteur de « brader » son travail ? Rien n’est plus simple : tout auteur auto-édité, bon ou mauvais, souffrira forcément de l’image négative que le lecteur a de l’auto-publication. Grâce à des petits prix, l’auteur peut inciter ses lecteurs à tenter l’expérience, en éliminant la barrière financière. Ainsi, le lecteur aura moins de crainte à acheter le livre numérique d’un inconnu pour 5€ plutôt que d’acheter sa version papier à 20€. Pour l’auteur, le bénéfice sera sensiblement le même. En effet, le prix élevé des livres papiers découle naturellement de leur coût initial pour l’auteur. En ne déboursant presque rien pour produire son livre numérique, l’auteur sera donc capable de proposer des prix très intéressants.
  4. Des plateformes de vente toutes trouvées : Nouvel avantage du numérique, il permet de vendre très facilement ses textes. Là où l’auteur devra démarcher des librairies ou autres lieux de vente pour écouler ses livres papier, il lui suffira de placer ses textes numériques sur les grandes plateformes (Kobo, Amazon, etc.) pour que ses romans soient disponibles. Cela ne veut pas dire qu’ils se vendront plus facilement pour autant, car ils seront en concurrence avec des milliers d’autres livres, mais il s’agit là d’une facilité de distribution non négligeable. Les lecteurs auront d’ailleurs davantage confiance dans les plateformes de vente plutôt qu’en payant directement sur le site de l’auteur, et seront également soulagés des frais de port.
  5. Une communication plus facile : Pour ce qui est de la communication, nous nous intéressons ici davantage au principe de l’Internet qu’à celui du livre numérique en tant que tel. En effet, là où la communication de l’auteur peut être simplifiée grâce au livre numérique, c’est qu’il peut utiliser directement le web pour toucher des lecteurs qui n’auront pas à quitter leur siège pour se procurer ses livres en quelques clics. Plus encore, le Web regorge de sources d’inspiration, mais aussi d’autres auteurs qui pourront aider l’auto-édité à se faire un réseau et à ne plus agir seul. En comptant sur le fait qu’il est aujourd’hui presque indispensable pour l’auto-édité d’être présent sur Internet, autant qu’il en profite pour proposer des livres numériques !

Voilà donc 5 avantages non négligeables qui font du livre numérique un outil idéal pour l’autoédition et qui n’a rien à envier au sacro-saint livre papier. N’allez pas pour autant croire que le numérique rend l’autoédition facile ou le succès immédiat. Il s’agit simplement d’un moyen moins coûteux et plus avantageux de voir vos livres vendus à leurs futurs lecteurs. Et si le numérique vous permet d’accomplir cet objectif sans pour autant vous ruiner, alors profitez-en !

Si vous voyez d’autres avantages à l’auto-publication numérique ou si vous n’êtes pas convaincu par son intérêt, n’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires !

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22 réflexions sur “Pourquoi le numérique est-il idéal pour l’auto-édition ?

  1. D’autres avantages ? Une plus grand flexibilité, avec la possibilité de changer ou corriger le texte ou son packaging en cours de route, sans surcoûts (avec des délais de mise à jour à prendre en compte évidemment).
    Flexibilité toujours, avec des opportunités d’expérimenter sur son offre en changeant le prix, la présentation, les métadonnées de manière générale.

    Le prix bas, déjà évoqué, avec même la possibilité de fournir des échantillons « gratuits » sans coûts marginaux, ou promotion à prix cassé pour augmenter la visibilité.

    Parmi les inconvénients il y a (mais ça n’est en rien différent de l’édition à compte d’auteur) une méfiance du public vis-à-vis des auteurs auto-publiés.

    Inconvénients toujours, il y a la facilité et la tentation à mettre en vente des livres dans un état non commercialisable. Ne s’en tireront que ceux qui feront cet effort de publication (au sens noble du terme).

  2. Pierrick,
    Très bien analysé, comme d’habitude.
    J’ajouterais un autre avantage, celui de rectifier facilement une erreur.
    J’avais constaté une erreur de date dans un livre d’histoire écrit par un ami. J’ai passé l’info à l’auteur, qui a transmis à l’éditeur, qui a dit que la correction sera effectuée dans… l’édition suivante, si le volume des ventes justifie un nouveau tirage.

    Et oui, comme le souligne le baiser de la mouche, le point 5 est crucial.

    Tipram

  3. Merci pour vos commentaires !

    En effet, le texte numérique est bien plus rapide à « retoucher », et il est certain que l’auteur ne va pas s’amuser à brûler son stock et à le réimprimer à cause d’une simple faute, ni même de plusieurs ! Et j’ai effectivement oublié la possibilité de modifier facilement le prix ou d’envoyer des exemplaires gratuits. A ce propos on peut ajouter que le « service de presse » en numérique ne coûte rien du tout, ce qui est toujours ça à prendre.

    Bien d’accord avec l’importance du point 5 ! Internet ne rend pas la vente forcément plus facile. Il est néanmoins très intéressant de voir les auteurs se démener pour proposer leurs textes, même s’il s’agit souvent de micro-phénomènes. Certains « auteurs numériques » sont très créatifs pour cela, je vais citer Jeff Balek par exemple qui travaille dur pour mettre en valeur ses textes et son univers !

    @TheSFReader Par honnêteté, je devrais peut-être publier un article sur les limites de l’auto-édition numérique ! Après, certains problèmes concernent avant tout l’auto-édition, pas le numérique en particulier. Et il est vrai qu’il est toujours plus difficile de ne pas compter sur les compétences d’un éditeur.

  4. J’ai rédigé ma réponse avant d’avoir vu l’intervention de TheSFreader. C’est la raison pour laquelle je n’avais pas fait mentionné sa remarque sur la facilité de corriger les erreurs et d’effectuer des changements.

    Parmi les inconvénients, je dirais que je regrette l’impossibilité d’offrir un ebook.

    TP

    • Impossibilité d’offrir un ebook ? Mais c’est possible !
      Au bon vouloir des e-librairies, certes, mais possible.

      Par exemple, chez Smashwords, où un code/lien unique est généré et transmis par mail, dont l’activation (associée à un compte chez eux) provoque l’acquisition effective du livre.

      Et Smashwords n’est pas le seul, loin de là.

      • D’ailleurs, à propos de l’option « offrir un livre » sur Kobo, elle permet la fonctionnalité discutable de pouvoir échanger le livre reçu pour en acheter un autre du même prix !

  5. Pingback: Pourquoi le numérique est-il idéal pour l'auto-édition ? | Auto-Publication | Scoop.it

  6. C’est space ça, en effet. Autant offrir une carte cadeau dans ces conditions. C’est bien dommage (et tu imagines la tronche de l’auteur qui offre son texte à un lecteur ou en SP et qu’il est échangé contre un autre…).

      • Tu sais bien pourquoi. Mais pour que ce soit dit: Entre autre, parmi les 3 cités, c’est les seuls qui affichent pas les DRMs et qui ne vendent pas d’epub.

      • Je te taquinais bien sûr ! C’est con parce qu’Amazon est vraiment une marque que j’apprécie, mais pas du tout pour ce qui est édition numérique, même si je trouve ça très malin de leur part. Tiens, j’ai d’ailleurs lu l’autre jour des témoignages qui accusaient le Kindle d’obsolescence programmée, dans lequel un couple expliquait que leurs deux Kindle sont tombés en rade quelques mois après la fin de la garantie. Après appel au SAV, on leur a proposé une petite réduction sur un nouveau modèle en essayant à tout prix de leur faire valider la commande par téléphone…

        Bon, et de manière globale Amazon est pas non plus une entreprise très nette. Quand des bruits fuitent de leurs entrepôts, ce n’est jamais très bon pour eux. Mais je ne peux m’empêcher d’admirer les Amazon et Google, ou encore Facebook dans une moindre mesure. On se situe clairement sur des entreprises de science-fiction je trouve, avec à la fois une ampleur digne de nations et un côté Big brother délectable !

        Bref, tout ça pour dire que je suis globalement d’accord avec toi à propos d’Amazon ! 😉

  7. Bonjour,
    J’aimerais savoir comment faire pour publier son ouvrage en plusieurs langues sur Amazon Kindle. Sur leur site, ils disent qu’ils peuvent publier les ouvrages en 7 langues, quelqu’un pourrait m’expliquer comment cela fonctionne ?

    • Je ne suis pas sûr de bien comprendre la question… Dans la mesure où les livres Kindle se vendent (en fait se vendent très mal ou pas du tout faute de visibilité) dans plusieurs pays, on peut les proposer dans différentes langues: fr, angl, port, alld, espagnol,italien, japonais. Il « suffit » de traduire ses livres et de proposer une version différente sur chaque site d’amazon… Bref, il faut se charger de la traduction, puisqu’on est auto-éditeur.
      S je veux publier Le printemps des éclopés en espagnol (parce qu’il y est question des camps pour les réfugiés espagnols en 40), je dois demander à ma fille de le traduire!
      Ou bien ai-je mal compris la question?
      Les traducteurs automatiques ne fonctionneront jamais pour des textes non-standardisés et non-techniques.
      Cordialement

  8. Bonjour Pierrick,
    Je partage ton opinion sur l’auto-édition en numérique. L’un des avantages de publier chez Amazon provient aussi du fait que le numéro ISBN n’est pas nécessaire, ce qui n’est pas le cas sur les autres plateformes.
    Cordialement.

  9. Question un Numero ISBN veut bien dire que le livre à été publie sur papier ?
    J’aimerai faire publier un livre sans passer par le papier’ directement en numérique donc je suppose sans ISBN. EST CE QUE C’EST POSSIBLE SUR LES AUTRES PLATEFORMES QU’AMAZONE ?

    • Non, le numéro ISBN désigne une édition d’un livre. Les livres numériques ont un numéro ISBN, qui doit être différent de leur version papier. En revanche, tous les auteurs numériques ne pensent pas toujours à attribuer un ISBN à leurs ouvrages. Pour la publication numérique, il existe d’autres plateformes, à l’instar de YouScribe ou Kobo, par exemple.

    • Bonjour,

      À priori cela ne devrait pas poser de problème. En revanche, je pense que le taux de royalties est limité à 35 % au Congo (comme dans de très nombreux pays).
      Cela rend la plateforme moins intéressante pour l’auteur.

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