Dans les coulisses du Top 100 Amazon

N.B : Le service dont il est question dans cet article a été sommé par Amazon de cesser ses activités en septembre 2013

Quand on parle du Kindle Store, et du livre numérique en général, on peut naïvement penser qu’il s’agit là d’un moyen unique pour les auteurs auto-édités de se faire connaître. On peut aussi penser que, comme l’affirment les fondements de l’Internet 2.0, l’édition numérique laisse la part belle au lecteur/internaute, qui devient juge et sélectionneur, et met en avant les livres de qualité qu’il a repérés grâce à ses notes ou à ses commentaires. Les meilleurs livres sont ainsi propulsés en haut des classements des plateformes de vente, comme par exemple dans le célèbre Top 100 Amazon,  qui révèle les meilleurs ventes Kindle.

Tout le monde s’y retrouve : grâce à la sélection des lecteurs, l’auteur indépendant qui produit des livres de qualité est affiché au même rang que les grands éditeurs dans le Top 100 Amazon, et le lecteur est assuré de découvrir le meilleur de ce que la littérature numérique peut offrir. Voilà qui est parfait n’est-ce pas ? Peut-être pas… Il nous suffit de creuser un peu pour comprendre que le bilan n’est pas si rose, bien loin de là…

Amazon Top 100Pourquoi étudier le Top 100 Amazon ?

Avant de commencer, précisons, pour ceux qui connaissent mal l’univers de l’édition numérique, que nous nous intéresserons ici au Top 100 Kindle. Il s’agit des meilleures ventes de livres numériques d’Amazon. Si vous ne le saviez pas encore, sachez que cette plateforme de vente est ouverte tant aux éditeurs qu’aux particuliers. On y retrouve donc un grand nombre de livres auto-édités, ce qui fait de Kindle un véritable tremplin pour les écrivains indépendants… Tout du moins en théorie.

Je me suis intéressé au Top 100 Amazon après avoir entendu que des petits malins proposaient généreusement aux auteurs -contre rémunération bien sûr- de hisser leur livre numérique dans le Top 20 Amazon, sans aucune sélection éditoriale préalable. En d’autres termes, il suffirait donc de payer pour que n’importe quel livre soit présent dans la sélection des meilleures livres d’Amazon… Face à une information aussi énorme, je me devais de vérifier directement à la source, en m’intéressant aux livres présents dans le Top 100 Amazon.

Le Top 100 Amazon, Royaume des auto-édités

Si cet article s’appelle pompeusement Dans les coulisses du Top 100, nul besoin de travailler au sein d’Amazon pour tirer des observations sur les livres du Top 100. Un peu de recherche et de déduction permettent rapidement de se faire une idée. Ma première impression, en parcourant le Top 100 Kindle, était qu’il était particulièrement investi par les auteurs indépendants. Par ce terme, j’entends à la fois les livres clairement identifiés comme auto-édités, mais aussi les livres d’éditeurs inconnus au bataillon.

Prenons par exemple les 20 premières ventes Kindle (soit la toute première page du Top 100). Au moment où j’écris ces lignes, seuls 7 livres sur les 20 premiers sont les productions de grands éditeurs. Tous les autres sont signés uniquement du nom d’un auteur, ou issus d’un éditeur peu connu (qui masque bien souvent un auteur indépendant).

Jusqu’ici, il n’y a pas à s’inquiéter. Au contraire, ce pourrait même être un signe très positif, qui prouve que les stratégies des grands éditeurs (DRM et tarifications) ne paient pas, et que le numérique permet aux plus petites structures de rencontrer le succès. Mais avant de tirer la moindre conclusion, continuons notre petite enquête…

TOP 100 Amazon

Un succès douteux ?

Face à tous ces livres auto-édités en premières places du Top 100 Amazon, je me devais de m’intéresser à certains d’entre eux, histoire de voir ce qui avait fait leur succès. Nouvelle constatation : la totalité de ces livres ont été notés (5 étoiles sur 5 en moyenne) et commentés (au minimum 5 commentaires). Comme tout à l’heure : rien d’alarmant. Après tout, ce sont les livres les plus populaires d’Amazon, rien d’étonnant à ce que les lecteurs les aient notés et commentés…

Un premier doute vient dans mon esprit lorsque je regarde de plus près ces commentaires élogieux. Une option intéressante d’Amazon permet d’examiner tous les commentaires d’un même profil. Lorsqu’on lit un commentaire, il suffit de cliquer sur le pseudonyme de celui qui l’a posté pour accéder à tous les autres commentaires qu’il a postés sur la totalité du site de e-commerce (que ce soit au sujet de livres, mais aussi de tous les autres produits vendus par Amazon).

Je remarque assez vite que parmi les commentateurs élogieux, un nombre assez important n’ont posté qu’une seule critique sur Amazon. Autrement dit, la plupart des lecteurs qui encensent un même livre n’ont jamais commenté aucun autre article acheté sur Amazon. Il faut ici admettre qu’il est assez étrange qu’une personne ne poste qu’un seul commentaire sur tout le site de e-commerce. Après tout, soit un internaute aime donner son avis et le fait sur tout et n’importe quoi, soit il n’aime pas donner son avis et il ne commente jamais. Je comprends donc assez vite qu’un bon nombre des commentaires élogieux sont des faux commentaires.

Commentaires Kindle

Vous me direz, chers lecteurs, que je vais un peu vite en besogne ! C’est vrai. Après tout, ces livres sont censés être le meilleur d’Amazon. Il se peut donc qu’un lecteur ait été tellement touché par l’un des ebooks qu’il ait décidé de le commenter, chose qu’il ne fait jamais d’habitude. Certes, je ne serai pas aussi radical dans mon interprétation si la chose n’arrivait qu’une fois. Seulement sur de nombreux livres auto-édités, les commentateurs élogieux sont aussi des commentateurs uniques. Quand sur 6 commentaires, 6 ont été postés par des commentateurs uniques, je trouve l’affaire un peu louche.

Certes, vous pourrez également m’avancer, si vous vous amusez aussi à faire votre enquête, qu’une bonne partie des commentaires sont « validés » par Amazon, avec la mention Achat authentifié par Amazon. Autrement dit, les commentateurs uniques ont bien acheté le livre avec leur compte, ce qui devrait confirmer leur existence en tant que lecteurs francs et sincères. Laissons de côté cette information, nous y reviendrons bientôt.

Pour confirmer malgré tout mes doutes sur les commentaires, j’ai pris le problème en sens inverse : j’ai examiné les nombreux commentaires d’un livre édité par un grand éditeur. J’ai alors réalisé que la quasi totalité des commentateurs de ces livres connus sont des commentateurs multiples (qui ont déjà laissé des commentaires sur d’autres livres, mais aussi sur des produits qui n’ont rien avoir avec la littérature). Mes doutes se confirment : il y a quelque chose de pourri dans le Royaume des auto-édités Amazon

Amazon nosmileJe poursuis mon étude en faisant quelques recherches Google sur les auteurs indépendants « à succès » mis en avant dans le Top 100 Amazon. Mes recherches comportent le titre des livres qui me paraissent suspects et le nom de leur auteur. Nouveau constat surprenant : la plupart d’entre eux sont quasi inexistants. Pas de critiques de lectures sur des blogs, pas de mentions presse, c’est parfois à peine si j’arrive à retrouver le site ou le blog de l’auteur concerné. Comme si ces auto-édités ne devaient leur succès qu’à Amazon… Je veux bien qu’un miracle existe, mais jusqu’ici, jamais une plateforme de vente n’a réussi à propulser des auteurs complètement absents d’Internet.

Dans les bonnes enquêtes policières, l’inspecteur essaie d’établir des liens entre les suspects et/ou les victimes. Je comprends que je tiens quelque chose en parcourant des interviews de plusieurs auteurs indépendants suspects grâce à mes recherches Google. Un nom me saute alors aux yeux, évoqué par plusieurs des écrivains incriminés : Christian Godefroy. Et si on approchait du dénouement de notre enquête ?

ColomboLà, je sens qu’on tient quelque chose…

Christian Godefroy, donc. Pour ceux qui ne le connaitraient pas, Christian Godefroy était un copywriter et webmarketeur de grand talent, connu pour avoir rédigé de nombreux ebooks de bien-être et de conseils. Pour faire bref, il s’agissait d’un homme capable de gagner sa vie sur Internet grâce à la publicité sur de multiples sites et d’autres « petits trucs » qu’il maîtrisait parfaitement. Christian Godefroy était l’un des copywriters français les plus suivis et les plus admirés. Pourquoi cela ? Parce que Christian Godefroy animait plusieurs « clubs » dans lesquels il divulguait ses secrets pour gagner de l’argent sur internet.

Le nom d’un de ces clubs ? The Kindle Bank System. Nous y sommes !

Accéder au Top 100 Amazon ? Une simple combine !

Le génial Christian Godefroy est donc à l’origine de tous nos doutes. Malin comme pas deux, le bonhomme avait trouvé une combine, non pas pour trouver ses lecteurs ou faire découvrir ses livres sur Amazon, mais bien pour gagner de l’argent grâce à Amazon ! Et notez bien que le regretté Christian Godefroy, tout comme une bonne partie de ses disciples, ne sont pas des écrivains désireux de faire connaître leur plume, mais avant tout des hommes et des femmes qui cherchent à gagner de l’argent grâce à Internet. Mon but n’est pas de les diaboliser pour cela, mais simplement à montrer que les deux concepts sont différents… Surtout quand un lecteur pense naïvement faire la découverte d’un auteur méritant et talentueux en achetant ses livres sur le Top 100…

TirelireFaire connaître vos livres ? On s’en branle ! Gagnez plutôt de l’argent !

Vous qui lisez cet article, vous êtes peut-être un auteur indépendant bouillonnant d’envie de découvrir quelle est la combine ? Je vais vous la révéler ! A vrai dire, il n’y a rien de plus simple. Christian Godefroy avait compris que la présence d’un livre numérique dans le Top 100 Kindle augmentait largement les ventes de ce dernier. Il avait aussi compris que le Top 100 Amazon était fondé sur le nombre de ventes. Plus un livre est vendu, et plus les lecteurs vont l’acheter, sorte de cercle vertueux dans lequel aimerait être entraîné chaque auteur.

Pour faire apparaître votre livre dans le Top 100 Amazon, il suffit donc de l’acheter ! D’après des sources, il suffirait de 70 à 100 ventes d’un livre numérique pour que ce dernier intègre le Top 100 Amazon. Si vous arrivez à générer artificiellement ces ventes, votre livre intègrera le Top, et sera donc nettement plus visible sur la boutique Kindle, donc plus acheté. Une fois dépassé les 70 à 100 ventes supplémentaires, vous rentrerez dans vos frais et commencerez à gagner de l’argent.

Naturellement, Amazon vérifie certainement (un minimum) qui achète le livre numérique en question. Je suppose qu’il faut au moins un compte Amazon par achat. Quant à la carte bleue ? J’ignore si Amazon s’offusquerait de voir qu’une même carte bleue achète les 70 exemplaires sur 70 comptes différents… Mais quand bien même, avouez qu’il n’est pas forcément difficile de mobiliser tout votre entourage pour forcer les premières ventes de votre ebook, quitte à rembourser chaque membre de votre famille ou ami pour son achat.

A ce propos, vous vous souvenez quand je vous parlais des commentaires suspects qui portaient pourtant le label Achat authentifié par Amazon ? Vous commencez à comprendre ?

Achat authentifiéIl ne suffit pas en effet de se contenter d’augmenter artificiellement les ventes de votre ebook, il faut aussi rendre votre produit attractif, pour attraper le couillo… le lecteur qui fera confiance à la « qualité éditoriale » du Top 100 Amazon. Ainsi, rien n’empêche de noter votre livre avec le faux compte client utilisé pour l’achat (notez 5 étoiles bien sûr !) et d’en profiter pour ajouter un commentaire élogieux.

La combine ne s’arrête pas là ! Si votre livre n’est pas de bonne qualité, ce qui est clairement le cas de bon nombre d’ebooks de magouilleurs pourtant présents dans le Top 100, il faudra vous assurer que des mauvaises critiques ne viennent pas gâcher sa réputation sur la boutique Kindle. Ainsi, en « jugeant utile » les commentaires élogieux que vous ou vos complice avez postés avec d’autres comptes, vous laissez en tête de liste vos propres commentaires, et enterrez les commentaires déçus de vrais lecteurs. La boutique Kindle aura en effet tendance à mettre en avant les commentaires jugés utiles, sans savoir s’ils sont honnêtes ou pas.

Commentaire utile

Tout cela peut amener à des situations amusantes. Ainsi, un livre très populaire du Top 100, dont je ne citerai pas le titre car je tiens à dénoncer une pratique commune et non pas les agissements de chacun, voit des commentaires radicalement opposés à son sujet :

commentaire-1

Critique2Critique 3

Naturellement, il faut aller au fin fond des commentaires pour trouver les avis de lecteurs qui critiquent ainsi le grand « bestseller ».

Quand la combine se retourne contre les auteurs

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Comme je vous l’expliquais en début d’article, j’ai commencé ma petite enquête car un service aux auteurs  propose à n’importe quel écrivain de hisser son ebook au Top 100 Amazon. Une fois de plus, je ne citerai pas le nom de l’entreprise en question, à la fois pour ne pas lui faire de publicité et parce que vous n’aurez aucun mal à trouver son identité en cherchant un peu.

L’entreprise en question propose aux auteurs un service facturé à 180€ TTC contre l’arrivée de leur livre dans le Top 20 Amazon, à condition que le livre en question coûte 0,99€. Naturellement, l’entreprise se présente sous son meilleur jour, comme un aimable prestataire de services qui manie la plateforme Kindle à la perfection et connaît son métier.

En réalité, l’entreprise est simplement fondée par des disciples de Christian Godefroy, qui après avoir utilisé la combine sur leurs propres ouvrages, ont compris qu’ils gagneraient encore plus d’argent en la vendant à des auteurs naïfs qui, eux, cherchent avant tout à se faire connaître.

Je ne parlerais pas ici d’arnaque, car les auteurs clients de l’entreprise reçoivent ce pourquoi ils paient : une arrivée de leur ebook dans le Top 20. Néanmoins, ils pourraient eux-même pratiquer la magouille pour économiser une centaine d’euros sur chacun de leurs livres…

Kindle Logo« C’est quoi ce livre de merde ? se dit le petit bonhomme Kindle. Il était dans le Top 20 pourtant ! »

A qui profite le crime ?

Pour conclure sur notre petite enquête, je tenais à réfléchir sur les acteurs les mieux placés de toute cette combine. Les premiers à en avoir bien profité étaient certainement les premiers écrivains à l’utiliser. Il est clair que des « auteurs » ont dû gagner plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros grâce à cette astuce qui a dû leur demander 70€ d’investissement à tout casser.

Citons aussi notre fameuse entreprise, qui a eu le culot de faire de cette magouille un service qu’elle compare à une campagne de publicité !

Avant aujourd’hui, j’aurai hésité à citer Amazon comme bénéficiaire de toute cette affaire… Et pourtant ! Quand chaque magouilleur achète 70 à 100 exemplaires de son propre livre, Amazon gagne sa commission comme sur toute autre vente ! Plus il y a d’auteurs à appliquer cette magouille, et plus Amazon sera gagnant. Néanmoins, il faut préciser qu’Amazon n’a rien avoir avec tout ça…

Sauf que ! A l’heure où j’écris ces lignes, je viens à peine de consulter le dernier bulletin d’information de Kindle Direct Publishing. On y trouve l’interview d’une auteur qui conseille à tous de passer par l’entreprise dont je parlais plus haut. Non seulement Amazon ne peut plus dire qu’il ne connaît pas l’existence de la magouille, mais il incite clairement à l’utiliser en en parlant dans les newsletters qu’il envoie à chaque utilisateur de KDP France ! C’est proprement scandaleux ! Avançons donc sans honte aucune qu’Amazon est le principal bénéficiaire de cette magouille, ce qui restera le cas jusqu’à ce que l’entreprise fasse quelque chose pour réguler son Top 100 complètement faussé !

Les perdants dans l’affaire ? Commençons par le lecteur ! Les commentaires déçus montrés plus tôt dans cet article sont clairement ceux de lecteurs honnêtes qui pensaient pouvoir faire confiance à la sélection des meilleures ventes d’Amazon. Au lieu de soutenir et de découvrir un écrivain indépendant, ils ont simplement engraissé un magouilleur !

Les autres perdants sont les auto-éditeurs. En effet, avec ces pratiques honteuses, les magouilleurs confirment la vision néfaste que le lecteur a d’un écrivain indépendant, avec le combo : faux commentaires, fausse notation, livres bourrés de fautes et de très mauvaise qualité. Les lecteurs déçus vont-ils encore donner leur chance à un auto-édité ? J’en doute sérieusement…

Les dernières victimes sont finalement les magouilleurs eux-mêmes ! Comme évoqué plus haut, ceux qui auront vraiment bénéficié de cette affaire étaient les premiers à connaître la combine. En effet, si je n’ai pas hésité à évoquer le « truc » dans cet article, c’est que je sais son utilisation vouée à l’échec, à long terme tout du moins.

Quand tous les auteurs utiliseront cette combine, et achèteront 70 de leurs bouquins pour figurer dans le Top 100, il ne faudra plus acheter 70 ebooks pour arriver dans les premières pages, mais plutôt 100, histoire de se démarquer des autres magouilleurs. Puis, il faudra acheter 150 ebooks, puis 200, 300… Arrivera un moment où un magouilleur devra investir 300€ pour faire paraître son livre dans le Top 20, investissement qui ne sera jamais rentabilisé car plus aucun lecteur ne sera assez bête pour se fier à cette sélection complètement factice !

Bref, je vais simplement conclure cet article en disant que je trouve toute cette situation autour du Top 100 Kindle tout bonnement grotesque et vraiment attristante. Si rien n’est fait par Amazon pour contrôler cette sélection qu’il présente comme un gage de qualité, j’espère que les lecteurs finiront tout bonnement par abandonner la boutique Kindle…

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74 réflexions sur “Dans les coulisses du Top 100 Amazon

  1. Très intéressante cette analyse, je savais bien qu’il y avait une arnaque ! J’aime à défendre Amazon et je note que l’entreprise arrive, par petites touches, à déjouer les plans de ceux qui veulent profiter du système. Par exemple, un auteur américain préconisait ouvertement d’ajouter dans les mots-clés le nom d’un auteur célèbre. D’après ce principe, pour mon dernier livre, j’aurais dû mettre Guillaume Musso ou J.K. Rowling en mots-clés pour que, lorsque les lectrices et lecteurs tapent leur nom, mon livre apparaisse ! N’essayez pas, Amazon interdit désormais cette pratique et vous avertit bien que si vous tentez cette supercherie, vous serez viré de KDP (est-ce que cela se fait effectivement, je ne vais pas tenter…)
    Il y a aussi eu la crise des commentaires douteux, postés par les auteurs eux-mêmes, sous de faux noms, pour se faire mousser auprès des lecteurs. Cette pratique est devenue beaucoup plus difficile puisqu’il faut s’inscrire à Amazon, acheter un produit et ensuite attendre 48 heures pour avoir le droit de poster un commentaire sur le site. Ce n’est donc pas infaisable, mais plus compliqué.
    Pour ce qui est du Top 100, inutile de passer par des arnaques. « Souvenirs des Tuileries », mon roman sorti en juillet, a eu la chance de se placer dans ce Top 100. Sans débourser un euro auprès des arnaqueurs, mais en vendant… 10 exemplaires ! Achetés par la famille et les amis, certes (je suis l’évangéliste du Kindle, je convertis tous ceux qui me parlent), mais quand même, il ne faut finalement pas grand-chose pour arriver dans le Top 100. Atteindre le Top 20, c’est autre chose… Mais je confirme que l’on peut honnêtement être dans les cent premiers et je confirme que cela déclenche l’envie d’achat chez les lectrices et lecteurs.
    Enfin, une autre solution est de bien choisir la catégorie que l’on attribue à son livre. Évidemment, si on indique « Fiction/Général », difficile d’être dans le Top 100. Si par contre on vise plus finement, comme « Fiction/Policier/Roman noir », on peut se voir bien classé. Amazon n’a pas que le Top 100 général, mais un Top 100 pour toutes les catégories spécifiques. Et il est plus simple d’atteindre une bonne place dans un domaine précis que dans le Top 100 général.
    Maintenant, y a-t-il aussi des arnaques dans les Top 100 particuliers ?

    • très bonne analise, mais l’inverse se produit aussi, certains auto édités arrive parfois en première page du top 100 avec 5 ou 6 commentaires venus de leur entourage et d’autres plus honnêtes venus des lecteurs, ensuite c’est la descente aux enfers, car il vont être victimes de leurs collègues, il suffit de 5 ou 6 commentaires négatifs pour se retrouver viré du top 100, sachez aussi que un auto édité inconnu n’a aucune chance de vendre un seul livre s’il n’a pas au minimum 2 ou 3 commentaires, n’i d’être pris au sérieux par un éditeur et ça même si sont livre est le meilleur de l’année, je pense que 5 ou 6 commentaires viennent toujours de l’entourage, mais ensuite il y a de vrais commentaires, si le livre a de la qualité il arrivera dans le top 100, si vous voyez un livre qui étais dans le top 20 et qu’il récolte 5 ou 6 commentaires négatifs de suite, c’est surement un livre de bonne qualité mais victime d’un lynchage de la par des collègues, Amazon aussi est responsable de la magouille, car dans la colonne des commentaires les plus récents c’est au sein d’Amazon que la tricherie est faite, les auto édités les moins intéressants sont victimes du positionnement des commentaires, les négatifs même plus anciens, sont placés devant les positifs pour écarter cet auteur indésirable, Amazon est donc responsable de toute cette magouille, et je dirait que c’est Amazon qui est le vrai escroc des lecteurs et non pas l’auteur.
      étain lie a un auto édité je parle en connaissance de cause.

      • Bonjour Marta,

        Merci pour cet ajout au sujet. J’avoue que je n’ai pas cherché à déterminer si certains essaient de retourner le sujet et d’utiliser les commentaires négatifs sur la « concurrence ». Le précédent commentaire de J.P. Vest rappelle néanmoins qu’il faut avoir acheté un ouvrage sur Amazon pour pouvoir en poster la critique. Je pense que c’est déjà un bon point pour Amazon, l’auteur « concurrent » étant désormais obligé d’acheter un livre pour en faire une critique incendiaire… ce qui sera certainement une barrière à l’entrée pour les auteurs malhonnêtes !

        Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression qu’Amazon fait quelques efforts pour éviter ce genre de magouille (l’entreprise citée dans cet article a d’ailleurs été close entre temps).

        Pour revenir sur l’article en lui-même, je ne condamnais pas forcément les auteurs qui « utilisent » leur entourage pour récolter de premières critiques (vous parlez de commentaires « plus honnêtes » quand ils sont issus de lecteurs inconnus), je condamnais surtout l’industrialisation de ce procédé en utilisant un cercle de personnes pour augmenter artificiellement les ventes et rédiger des critiques élogieuses.

    • Je vous trouve que allez un peu vite, en besogne, excusez moi, surtout en ce qui concerne les commentaires sur amazon. Bien sur, qu’il y a de « faux livres » avec des faux commentaires et des prix « calculés » pour passer à travers les mailles du filet ..ok, c’est inadmissible.

      Mais ce qui n’est pas très sympa, c’est de faire passer tous les auteurs de livres auto publiés pour des escrocs ! beaucoup utilisent LEUR PROPRE RESEAU ! leurs amis, leurs connaissances pour avoir des commentaires ! est ce que cela s’appelle de la triche?? et bien non !

      Si je laisse un commentaire pour ma cousine Auteur parce que je trouve que son bouquin est super bien, expliquez moi : OU EST LE MAL??

      A voir le mal partout, on stigmatise tout et n’importe quoi

      Je ne suis pas d’accord

      • Bonjour Liloune,

        Vous avez tout à fait raison de ne pas être d’accord ! 🙂 Cet article, avec du recul, est un peu plus incendiaire qu’il n’aurait dû l’être.

        Comme je l’ai précisé dans certains commentaires, je ne condamne pas l’utilisation d’un réseau mais l’utilisation d’une pratique malhonnête qui vise à contourner un système.

        Si vous avez adoré le livre de votre cousine, vous êtes tout à fait dans votre droit d’en publier un commentaire élogieux. En revanche, si votre cousine vous demande de commenter son livre de manière élogieuse, sans que vous l’ayez lu, il y a malhonnêteté.

        Beaucoup d’auteurs auto-édités se sont sentis visés à travers cet article, comme si j’attaquais leur communauté (dont je fais pourtant partie). Au contraire, j’estime ici la défendre.

        Si les auteurs indépendants abusent de pratiques malhonnêtes aujourd’hui, plus personne ne prendra au sérieux votre cousine auteur demain, sous prétexte qu’elle est auto-édité (si elle l’est).

      • Je pense que tout à chacun a le droit d’utiliser son propre réseau. Il s’agit d’un droit fondamental qui est d’ailleurs le principe de base de TOUT commerce ! L’utilisation d’un réseau est légitime. Donc si ma cousine écrit un livre et que je le trouve vraiment bien et que je fais un commentaire ! Cette pratique est donc normale et légitime !
        Et oui effectivement, je vais faire un seul commentaire parce que je me fous totalement en principe de laisser d’autres commentaires sur amazon.fr mais mon commentaire est droit et honnête et sincère !
        Ce qui veut bien dire que lorsque des commentaires sont laissés seuls, ils ne veulent pas dire qu’ils soient malhonnêtes , loin de là, en fait c’est même tout le contraire…
        Après il y a une méthode qui est de faire « du livre numérique » avec un prix cassé pour être dans le top 100, ça c’est nul. Ce sont des livres baclés, sans intérêt…
        Donc avant de dire que les commentaires sont faux, ils faut tout simplement juger le contenu du livre ! parce que là les gens qui sont parfois de vrais moutons, avec l’avis qu’ils se font sur votre blog, regardent tout de suite les commentaires pour voir si la personne en a fait d’autres, c’est nul et profondément choquant pour la personne qui a passé parfois plusieurs années à écrire un livre !

      • Je comprends tout à fait Liloune.

        Encore une fois, mon but n’a jamais été de nuire aux auteurs, quels qu’ils soient. Dans cet article je ne donne d’ailleurs pas une méthode pour déterminer si un commentaire est « vrai » ou non, j’explique simplement comment j’ai « analysé » le Top 100 à cette époque (analyse très rapide et approximative, je l’admets).

        Je ne condamne pas non plus le fait qu’un consommateur puisse rédiger une seule critique. Je trouve simplement cela curieux quand, sur 10 commentaires d’un même livre (par exemple), 8 ou 9 commentateurs sont des commentateurs uniques. Je ne me suis d’ailleurs pas arrêté à cela et j’ai également pris le temps d’examiner les divergences entre les commentaires négatifs et positifs. Quand certains commentaires disent qu’un livre est une perle littéraire alors que d’autres condamnent une multitude de fautes, cela est également curieux.

        Le but de cet article était d’étudier le Top 100, alors totalement parasité par la pratique dénoncée dans l’article. Je n’ai jamais dit qu’utiliser son réseau de manière saine était condamnable. Et je trouve justement que la meilleure manière de respecter l’auteur qui a passé plusieurs années à écrire un livre est de dénoncer ceux qui en écrivent un en une semaine à but purement mercantile et en utilisant des méthodes peu honnêtes.

  2. Bonjour,
    Je suis un éditeur qui a eu un de ses livres être le 1er dans le Top 100 (général) tout au long du mois de décembre 2012 sur Amazon. Je confirme qu’être parmi les premiers génère beaucoup de ventes, j’infirme par contre qu’on gagne beaucoup d’argent. L’ouvrage que je défends « Un suspect presque parfait » de Jimmy Sabater chez PoliceMania s’est vendu à 5000 ex. environ, ce qui est beaucoup, mais pas de quoi s’enrichir ni pour l’auteur ni pour l’éditeur. Ma maison d’éditions, Culture Commune (plus de 500 ouvrages) dont PoliceMania est une collection, n’est pas une grande maison d’éditions, mais elle n’a jamais pratiqué de quelconques magouilles pour se hisser à cette place. Elle a bénéficié de bonnes ventes sur FeedBook avant d’entrer dans le cercle vertueux de Amazon.
    Votre article est intéressant et vrai, mais si l’on veut durer, ce qui est mon objectif, on se garde bien d’une quelconque manœuvre de ce genre. D’ailleurs les critiques concernant cet ouvrage le prouvent et nous a même obligé à parfaire les corrections de cet ouvrage qui a bénéficié in fine d’un correcteur humain. (sujet d’article intéressant à faire : le français dans ces ouvrages, si les ventes génèrent 100 à 200 ventes à 0,99 €, impossible de prendre un vrai correcteur et quel que soit les efforts que l’on puisse produire la langue française reste particulièrement traitre).
    Pédro Torres
    Culture Commune

  3. Merci pour cet article et les réflexions qu’il contient. J’ai toujours eu une sacrée horreur des hit-parades et ne me suis jamais fié à ce goût grégaire qui incite les gens à acheter uniquement ce que d’autres ont déjà tenu entre leurs papattes. Et j’ai pourtant fait de belles découvertes dans les profondeurs de ce réservoir énorme qu’est la boutique Kindle. C’est ainsi que j’ai débusqué deux auteurs talentueux en cherchant après des titres pour mes « Lectures estivales ». Vous avez tout à fait raison de souligner le fait que les pratiques que vous venez d’exposer en pleine lumière nuiront à l’ensemble des auteurs auto-édités, ce qui reviendrait à appauvrir le paysage littéraire.

    Je conseille donc aux lecteurs avides de découvertes de se fier à leur propre goût, de feuilleter à gauche et à droite et de prendre le risque de perdre quelques sous de temps en temps. Je vous promets qu’il y a de beaux textes dans cet océan qui n’attendent que d’être repêchés.

  4. Un bel article et un point de vue intéressant. Malgré tout, j’ai l’impression que vous débarquez dans ce monde un peu naïvement!
    N’avez vous jamais regardé le box-office ou les top des films au cinéma? Ne vous êtes vous jamais posé la question: mais que fait ce film dans le top 3 des meilleurs films en ce moment? Quel navet! les gens sont fous! J’ai pris l’exemple pour les films, mais nous pouvons faire de même pour les musiques, l’électroménager…
    Pensez-vous que les maisons d’édition ne pratiquent pas ce type de méthodes?
    Si nous revenons au sujet principal : savoir si cela ressemble à une arnaque ou pas. Mon point de vue est non. C’est une technique marketing comme il en existe beaucoup. À la différence qu’avec Amazon, si vous n’êtes pas satisfait, le produit est remboursé. Oui, je dis bien remboursé (j’ai déjà fait l’opération).Et je vous assure que ce n’est pas souvent le cas.
    Alors, pouvons-nous penser que cela est toujours une arnaque. De plus, pensez qu’un livre qui n’a pas la place dans le top 20 restera malgré cette technique? Pensez-vous que les gens vont acheter un produit qui n’en vaut pas la peine. Je pense que le livre repartira aux oubliettes aussi vite qu’il est venu dans le top 20.
    Le système pour moi, n’est ni plus ni moins que ce que fait une maison d’édition quand elle se paie une tête de gondole (à la différence que c’est pour les auto-éditeurs)

    Mais cela reste mon point de vue au même titre.

    • Raphaël, il est juste de faire remarquer qu’il s’agit, en quelque sorte, d’une technique de marketing qui vise, comme toutes les autres, à faire migrer l’argent de la poche des lecteurs vers celle des magouilleurs. Quel sera l’impact sur le long terme ? Je n’en sais rien, je peux seulement espérer que la qualité finira par s’imposer. En attendant, je félicite l’auteur de cet article d’avoir démontré qu’il y a tout un système qui mine l’auto-édition, au profit de quelques individus.

    • Ayant travaillé pour un grand éditeur, je peux assurer que les produits sélectionnés par la Fnac dans ses catalogues de fin d’année sont bien des publicités payées.
      « le livre repartira dans les oubliettes », comme tous livres. On est toujours plus dans l’instantané et le grégaire pour le choix des livres. Les long sellers sont rares même chez Gallimard, et ceux qui resteront pour la postérité ne nous sont pas encore connus. Donc il n’est pas idiot d’en faire la promotion rapidement.

    • « Le système pour moi, n’est ni plus ni moins que ce que fait une maison d’édition quand elle se paie une tête de gondole »

      Non, et il faut vraiment oser l’arnaque intellectuelle pour se permettre de dire ceci.

      Un TOP 20 est un CLASSEMENT des meilleurs ventes. Une tête de gondole est un ESPACE PUBLICITAIRE, comme une bannière sur un site web. Une présence en tête de gondole ne garantit en rien que le livre rentrera dans le top des meilleures ventes de la semaine, du mois ou de l’année.

      Il y a ici manipulation du fonctionnement naturel du système de publication. Peu importe que le livre ne reste pas dans le TOP 20 bien longtemps parce qu’il est mauvais, plusieurs consommateurs auront été trompés pendant un temps donné, au détriment d’autres auteurs, éditeurs, etc.

      « Alors, pouvons-nous penser que cela est toujours une arnaque. »

      Oui, et j’ajouterai même que cela devrait être puni par la loi (au même titre que les fausses critiques sur les sites de voyages ou d’hôtels par exemple), aussi bien pour les gros éditeurs que les petits.
      D’ailleurs, cela pourrait déjà tomber sous le coup de la loi puisqu’il y a très clairement tromperie.

      Donc s’il faut un procès pour que vous vous rendiez compte que ce n’est pas la même chose, aucun souci, on peut en faire un, et la justice vous donnera tort à coup sûr par rapport à votre ressenti.

      « N’avez vous jamais regardé le box-office ou les top des films au cinéma? Ne vous êtes vous jamais posé la question: mais que fait ce film dans le top 3 des meilleurs films en ce moment? Quel navet! les gens sont fous! J’ai pris l’exemple pour les films, mais nous pouvons faire de même pour les musiques, l’électroménager… »

      Je vous invite à fournir des preuves afin que nous dépassions le cadre de la légende urbaine parce que ce que vous avancez est suffisamment grave. Or, tout le problème des arnaqueurs et qu’ils jouent très largement sur les mythes urbains pour se dédouaner — mais se dédouaner ici revient à autoriser un pays de tuer des millions de gens parce qu’une seule entreprise d’un autre pays leur a vendu des cigarettes.

      • Merci pour votre commentaire. Je pense qu’il ne faut pas être si radical dans votre réponse, Raphael se contentait de donner son avis avec politesse. Le sujet (la vente de livre numérique sur Kindle) reste suffisamment léger pour ne pas avoir à « hausser le ton ».

      • En fait vous montrez simplement votre arrogance en ecrivant ceci. Vous dites implicitement que vous ne vous laissez surement pas avoir par ce type de systeme d’autopromotion, mais qu’est ce qui vous autorise a penser que vous etes plus intelligent que les autres? Si vous ne vous faites pas avoir, alors les autres non plus. Donc Amazon peut bien faire ce qu’ils veut, ca ne devrait pas avoir d’impact. Croyez vous vraiment que les acteurs et les actrices qui jouent dans les publicites sont toujours des fans du produit vendu? Surement pas. Et si quelqu’un veut acheter 50-100 livres c’est son choix, son argent. Dequel droit devrions nous l’en empecher? Et si quelqu’un veut laisser un avis favorable contre remuneration, ca ne devrait certauinement pas poser de probleme, pas plus que celui ou celle qui n’a meme pas encore avale cette cuillere de yaourt X ou Y et declare deja qu’il est « merveilleusement onctueux ». Et pourtant ces publicites ne sont pas interdites. Elles servent simplement a faire marcher l’economie. Mais c’est vrai que l’economie francaise se porte tellement meiux que l’economie americaine…
        Quant a comparer les mefaits du tabac a ceux « supposes » de l’edition online, que dire sinon que cette comparaison est totalement stupide?

  5. Merci de vous être glissé dans la peau de Colombo, Pierrick, puisque cela nous vaut une enquête bien ficelée.

    Je ne peux qu’abonder dans votre sens. Quand le recueil de nouvelles « Les voleurs de vent » avait été publié par Syllabaire, le mot avait été donné aux auteurs pour acheter en même temps ce livre. Je l’ai fait pour ne pas me singulariser, même si je crois peu à l’efficacité de ce qui est artificiellement gonflé. L’un des auteurs avait même acheté 10 fois ce livre. Je ne suis pas certaine que les chiffres des ventes soient concluants.
    Je pensais cependant que ce procédé se pratiquait de façon individuelle, et que les « vendeurs de commentaires positifs » sévissaient seulement aux États-Unis. Grâce à vous, je sais à présent que l’épidémie a atteint l’Europe.

    J’ai tendance à me méfier des dithyrambes, pour les ebooks comme pour les livres papier. Pour avoir frayé pendant quelques années dans le milieu de l’édition traditionnelle, je sais que certains critiques littéraires ne prennent pas le temps de lire les ouvrages qu’ils portent aux nues. J’ai été très déçue, récemment, par une dame que je croyais fiable. Pendant que je préparais la publication numérique de « René Leys », j’ai fait quelques recherches, et j’ai été sidérée de trouver dans le Magazine Littéraire un article prouvant que la chroniqueuse n’avait pas lu le roman, puisqu’elle se trompait sur le nom de l’un des principaux personnages…

    @Pedro Torres
    Oui, les fautes sont un cauchemar. Je parle en connaissance de cause, car l’un de mes métiers est de les traquer. En réalité, il faut un minimum de deux relectures, de préférence par des personnes différentes. J’ai été membre du comité de lecture d’un éditeur numérique pendant plus d’un an, et je sais par expérience l’importance des corrections. Un excellent texte était pollué par les fautes de français et de typographie, et avait provoqué une tempête (dans un verre d’eau virtuel) parce qu’un des lecteurs en avait fait la remarque.
    Je reconnais l’écueil économique que vous soulignez, mais je suis convaincue que tant que les ebooks seront truffés de fautes, ses détracteurs auront beaucoup d’eau à leur moulin.

    @ Thomas Galley
    Je partage votre sentiment sur les hit-parades, et j’essaie en tout de ne pas être un mouton de Panurge. Il est vrai que les pratiques actuelles appauvrissent le paysage littéraire. Cependant, je crois que la situation s’assainira au fil du temps, grâce notamment à des sites tels que Le souffle numérique.
    Pour ma part, je choisis mes lectures en écoutant ce que les gens que je connais en disent, en comme vous le conseillez, en furetant.

    Merci à Pierrick une nouvelle fois de nous offrir des articles intelligents. Et pardon pour mon long commentaire.

    Tipram

  6. Merci pour cet article ! J’avais abordé la question dans ma série d’articles « Petit manuel d’escroquerie à l’usage des auteurs malhonnêtes qui se lancent » (http://espacescomprises.com/petit-manuel-descroquerie-a-lusage-des-auteurs-malhonnetes-qui-se-lancent-premiere-partie/) mais je n’avais fait qu’effleurer le sujet. Je suis contente de voir que quelqu’un d’autre dénonce cette pratique. Quand on voit certains romans parvenus dans le top 10 (et à la première place), ça fait peur. Il suffit de télécharger l’extrait, et on trouve déjà deux ou trois fautes dans les premières lignes. Des romans parfois illisibles, et des commentaires dithyrambiques qui sont souvent très similaires… et toujours jugés utiles par des dizaines et des dizaines de personnes, ces mêmes personnes qui coulent sans doute tous les commentaires objectifs, donc négatifs. C’est une honte, et Amazon est très probablement complice de tout cela. Après tout, si les auteurs (ou d’autres services) achètent eux-mêmes leurs livres, au final, ça leur rapporte des sous, alors que sans cette pratique, personne n’achèterait ces mêmes romans, mal écrits et sans intérêt.

    • Merci de ce commentaire, j’irai consulter vos articles dès que j’ai une seconde ! 😉 Vous résumez très bien la situation dans votre commentaire. Concernant Amazon, je pense qu’à long terme, cette situation leur sera préjudiciable, car à force d’acheter de mauvais livres, les lecteurs cesseront d’acheter. Comme précisé dans l’article, la dernière newsletter de Kindle (envoyée à tous les auteurs ayant déjà publié) mentionnait le service pointé du doigt dans cet article, service évoqué par une auteur interviewée. Reste à savoir si Amazon à vérifié ce que faisait ce service et s’il le cautionne réellement, mais reste que cette newsletter laisse à penser qu’Amazon est effectivement complice, ou en tout cas peu regardant…

      • Pour répondre à ce que vous dites sur le choix des lecteurs. Je crois que
        Amazon est beaucoup plus malin que vous. Je crois aussi, que ce système de vente en « GROS » est un système très connu dans les braderies. Le géant Tati en a fait son business. Les gens aiment ça, voir de tout et n’importe quoi et tirer LEUR bonne affaire. Alors bien sur, cela n’est que mon humble avis et je peux me tromper. Je crois que les « vrais » écrivains ont surtout un très gros problème avec leur ego. Ils n’aiment pas que le « n’importe qui » puisse s’immiscer comme cela dans leur business. Il est vrai que je connais peu le domaine de l’édition et cela ne m’intéresse pas. Je crois quand même que c’est un peu comme la mode ou la haute couture. Quelque uns se prévalent de SAVOIR, de connaitre ce qui est bon, de ce qu’il n’est pas. Bien sur en terme de romans ou d’écrits, on n’a plus rien à prouver en ce qui concerne notre littérature. Mais je pense que beaucoup de bons écrivains ou tout simplement de personnes qui avaient quelque chose à faire découvrir peuvent le faire maintenant ce qui n’était pas possible avant. Il y a toujours un « Gotha » qui ne supporte pas le changement. C’est vrai que c’est une vraie révolution kindle etc.. mais c’est à l’image de ce que peut être « nouvelle star » ou n’importe quel « télé crochet »maintenant. Il y a 10 ans, les chanteurs de Star Académy étaient tous nuls, et maintenant, les chanteurs sont presque tous des perles! Pourquoi? parce que les jeunes bossent la chanson. Tout ça pour dire, que la révolution Kindle s’améliorera avec le temps, parce que « les arnaques passées » les gens penseront à devenir écrivains avec beaucoup plus de recul, et de préparation. Encore une fois, ce n’est que mon humble avis

    • Je viens de lire ton article, Vanessa. Si j’admire la vivacité de l’écriture et un style toujours à la hauteur, je retiens quand même que tu malmènes quelque peu les auteurs qui ont choisi l’auto-édition. Parce que, oui, dans certains cas c’est une décision consciente et pas le résultat d’une série de refus. Et même s’il y a eu des refus, cela ne veut pas dire que le texte en question est de mauvaise qualité. On se rappelle cet auteur célèbre du début du siècle dont on a refusé le manuscrit ? Je persiste donc et signe, il y a de très belles découvertes à faire parmi les textes auto-édités, il suffit de jeter un coup d’œil par ici : http://postlucemtenebrae.eu/category/litterature/auto-edition/.

      C’est pour la même raison d’ailleurs que les pratiques peu honnêtes de certains me font tellement râler, parce que cela risque de porter préjudice à un paysage littéraire en pleine éclosion (je sais, je me répète).

      • Juste pour info, j’ai refusé un contrat d’éditeur (et pas un petit éditeur inconnu) pour sortir mon bouquin en autoédition 🙂 Je suis une des premières à défendre l’autoédition, quand elle est faite sérieusement et honnêtement. Mais les pratiques de certains auteurs gâchent tout et donnent une impression parfois très faussée de ce qui est pour d’autres auteurs un choix mûrement réfléchi et non un plan B…

      • J’ai du mal a comprendre comment on peut refuser d’etre publie par un editeur qui ne serait pas un « petit editeur inconnu » et preferer l’auto-edition. Ou alors c’etait vraiment un petit editeur inconnu qui n’avait aucune structure, aucune notoriete, aucun acces a des librairies etc…. L’auto-edition ca ne marche pas sauf quand on est deja connu. Sinon bien-sur vous pourrez vendre 100-200 livres mais ne ferez aucun benefice (entre les frais postaux ou l’essence pour les amener) et les vendrez surtout a des amis. Mais en general, aux amis, j’offre des PDFs gratuits ou mes livres publies sur demande qui coutent moins cher quand on l’auteur les fait imprimer lui/elle-meme.

      • Renaud, si j’ai refusé ce contrat alors que je travaille dans le milieu de l’édition depuis 10 ans, c’est que j’avais de bonnes raisons de le faire. Quand un grand éditeur (très connu, présent dans toute la francophonie…) te propose un contrat inacceptable, tu ne le signes pas, grand éditeur ou pas.
        Certes, je n’aurai jamais la visibilité que j’aurais eue avec cet éditeur, et je ne vendrai probablement pas autant de livres (encore que…), mais je suis rentrée dans mes frais, les lecteurs sont ravis de la qualité du livre papier et les autres éditeurs et auteurs ont approuvé mon choix après lecture du contrat qui m’était proposé…

        (et oui, j’ai vendu plus de 200 livres)

      • En effet Renaud, je pense qu’il est maladroit de penser que n’importe quel contrat de grand éditeur vaut de l’or. Certes, une grande majorité des auteurs acceptera un contrat d’édition avec un « grand », mais cela ne veut pas dire que tous s’y engouffreront sans prêter attention aux détails dudit contrat, Vanessa en est la preuve.

        Il serait d’ailleurs stupide de signer bêtement un contrat sans le lire sous prétexte que l’éditeur a pignon sur rue.

      • Desole, mais les blogs sont pleins d’auteurs qui ont soit disant refuse un contrat avec une grande maison d’edition… Qu’est ce qui pourrait poser probleme dans un contrat? Pas d’a valoir ou un a valoir tres faible? Des royalties trop faibles? C’est un peu comme ce debutant qui arrive le premier jour a son boulot et qui ne comprend pas pourquoi il gagne moins que le patron. Je n’y crois pas une seconde.

      • Je pense qu’il est assez cynique de résumer un contrat à l’argent. Bien d’autres facteurs peuvent entrer en compte : les conditions de diffusion, les droits numériques, les droits dérivés, les modifications sur le texte… Je m’inquiéterais pour la dignité ou la morale d’une personne prête à signer n’importe quel papier, sous prétexte qu’un grand nom est apposé sur le contrat.

      • Renaud, le simple fait que tu te demandes ce qui pourrait bien poser problème dans un contrat et que tu énumères des trucs comme « les royalties » ou « l’à-valoir » en les écartant d’un revers de la main genre « ouais, mais au final, ces petites questions sans intérêt ne sont pas bien graves », ça montre bien que tu ne dois pas avoir une grande expérience du milieu.
        Imagine que tu te pointes dans le boulot en question en tant que nouvel avocat et que tu amènes 25 nouveaux clients avec toi et un nom déjà connu, et que le patron te dise « ah, trop cool, c’est génial, ça, on va pouvoir profiter du fait que ton nom soit connu, on va te prendre tes clients, tu vas bosser pour nous 75h/semaine, tu vas nous vendre ton âme, et pour nous remercier de cette opportunité magnifique, tu accepteras qu’on te paie deux fois moins que le SMIC. Mais tu verras, c’est trop bien, tu seras dans une grosse boîte connue ». Tu accepterais un contrat pareil ? Parce que moi, perso, non.
        Les soucis étaient les droits d’auteurs 2 à 3 fois plus faibles que ce que proposaient la plupart des éditeurs dans les mêmes conditions (il y en avait un ou deux qui proposaient la même chose, Harlequin, par exemple, cette boîte qui paie les correcteurs au tarif standard mais espaces non comprises au lieu d’espaces comprises, donc grosse arnaque en tout cas pour ce qui est des travaux de correction), ils voulaient garder les droits de ma série beaucoup trop longtemps, ce qui faisait que s’ils décidaient après deux ou trois tomes de ne pas publier le reste, je me retrouvais avec plusieurs livres sans possibilité de les placer car pas de possibilité de refaire publier les premiers, des trucs que j’avais faits préalablement en rapport avec le bouquin leur appartenaient subitement (donc, imaginons avec l’avocat « oh, c’est cool, tu t’es acheté une voiture ? Ce sera ta voiture de fonction le jour où on décidera de te la rendre éventuellement, mais pour l’instant, on la garde dans notre garage avec les autres et tu ne la touches plus, car tout ce que tu fais nous appartient »), le livre électronique allait être vendu trop cher à mon goût (et bizarrement, j’ai préféré garder le respect de mes lecteurs), ils voulaient que je sorte un tome tous les deux mois (900 000 sec, les tomes, hein)… Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais comme je l’ai dit (et tu as sans doute zappé), je TRAVAILLE dans le milieu de l’édition depuis PLUS DE DIX ANS, j’ai donc, outre ma connaissance dudit milieu, pas mal d’amis auteurs ou éditeurs, certains d’entre eux ont vu le contrat et m’ont dit sans plus de tact « tu ne signes pas cette merde ». Même celui qui m’avait dit : « oui, mais c’est Untel, donc à la limite, signe quand même » s’est rétracté à la vue du contrat en faisant « non, mais c’est une arnaque, tu ne signes pas ça ». Alors après, sans vouloir te vexer, mais entre mon avis plus ou moins éclairé + l’avis d’une demi-douzaine d’auteurs bien installés + l’avis de trois éditeurs, et ton avis à toi qui n’arrives même pas à imaginer que des contrats inacceptables puissent exister dans le monde merveilleux de l’édition, ben… Voilà.
        Ensuite, que tu y croies ou pas, moi je m’en fous un peu, hein. Après tout, c’est pas comme si j’avais le contrat chez moi avec le mail où l’éditeur me demande de le signer.
        Maintenant, j’ai gardé de bons rapports avec cet éditeur, je lui ai expliqué calmement mon refus, qui a été respecté, et je lui ai aussi dit que je serais prête à travailler avec eux sur un autre livre (mais pas à ces mêmes conditions, parce que quand même, je ne suis pas complètement débile non plus). Le contrat qui m’avait été proposé a ensuite été modifié (en gros, ils ont fait les modifications que j’avais demandées) des mois après, et les auteurs qui l’ont signé continuent à se faire avoir, mais un peu moins qu’avant, ce qui rend le contrat plus ou moins acceptable au vu de la visibilité que l’éditeur apporte au roman. Donc le nouveau contrat, je l’aurais probablement signé, même si certaines choses restaient assez tendancieuses. Mais de toute manière, c’était trop tard car j’avais déjà commencé mon projet d’autoédition, et après avoir payé mes couvs, créé la maquette et trouvé un imprimeur, je n’allais pas tout envoyer bouler pour avoir moins bien chez eux.

  7. Merci à tous pour vos commentaires.

    @J.P Vest : Effectivement, je ne le précise pas dans l’article, mais tous les livres présents dans le Top 100 ne sont bien entendu pas des magouilleurs. Il y a aussi des auto-édités qui y méritent leur place. Lors de mes recherches, je suis tombé sur plusieurs écrivains indépendants dont les livres avaient reçu des prix, ou qui apparaissaient dans des revues de presse régionales, ce qui explique leur succès.

    Les Top 100 « particuliers » comme tu dis, sont aussi impactés que le Top 100 général. Si un livre est bien placé dans le top 100 général, il est aussi très bien placé dans les Top de sa/ses catégorie(s).

    @Pédro Torres : Encore une fois, je précise ici que tous les livres présents dans le Top 100 ne sont pas issus de la magouille. Vous pensez que cette tactique ne peut pas apporter d’argent parce que vous l’imaginez d’un point de vue d’éditeur. En tant que tel, je suppose que vous avez des charges et accordez une grande partie de votre temps (et donc de votre argent) à votre activité.

    Maintenant imaginez un auteur frauduleux qui cherche uniquement à gagner de l’argent. J’ai trouvé dans le Top 100 un auteur édité qui vendait des livres numériques de 30 pages à 2,99€ (toute une collection). Pour les placer dans le Top 100, mettons qu’il doive en acheter 100. Il lui suffit de faire une « offre de départ » à 0,99€ (histoire qu’il n’ait pas trop à investir dans l’achat de ses propres livres) pour que son investissement initial soit de 100€.

    Par la suite, il passe le prix du livre à 2,99€. Il touchera (en enlevant la commission Amazon) un peu plus de 2 euros par vente. Mettons qu’il vende uniquement 1000 exemplaires (cinq fois moins que les ventes de l’ouvrage que vous avez édité), soit 2000 euros, moins les 100€ de départ : 1900€.

    A présent, notons que sans contrainte éditoriale ni exigence de qualité, il ne faut pas plus de trois jours pour écrire un livre de 30 pages. J’estime que gagner 1900€ pour trois jours de travail, c’est gagner beaucoup…

    Notons bien que les magouilleurs n’ont pas les mêmes contraintes qu’un éditeur. Leur but n’est pas de se créer une notoriété et de perdurer, mais de faire de l’argent vite et bien. Rien ne les empêche, par la suite, de retenter l’expérience sous un autre pseudonyme.

    Quand à la question de correction, il y a une grande différence entre laisser trainer quelques coquilles (ce que tous les éditeurs font, même les plus grands) et publier un premier jet truffé de fautes.

    @Thomas Galley : Effectivement, on peut trouver quelques perles, à la fois en auto-édition et en littérature numérique. Mais il est vrai que le Top 100 peut être considéré comme beaucoup comme un gage de qualité, et que les lecteurs qui fouillent le catalogue sont rares…

    @Raphael : Merci pour votre commentaire très élégamment avancé. Si, vous vous en doutez, je ne suis pas d’accord avec vous, je dois avouer que la notion de payer pour être mis en avant est proche de la publicité, et que l’on pourrait confondre ces deux pratiques.

    Néanmoins, ce qui me choque n’est pas l’idée que les auteurs paient pour intégrer le Top 100, mais qu’ils mentent sur leur marchandise. En intégrant le Top 100, ils font croire que leur œuvre et populaire et mérite son succès.

    D’ailleurs, nombre des auteurs qui utilisent la magouille se vantent de leur place dans le top 100 sur leur site perso ou sur les réseaux sociaux. C’est là qu’on ne parle plus de publicité, mais de publicité mensongère. Ces auteurs se font passer pour des bestellers alors qu’ils ont eux-même acheté leurs livres. Jamais un auteur ne se vantera d’avoir acheté une publicité dans un magazine ou payé pour être en tête de gondole !

    Si Amazon veut monnayer les entrées dans le Top 100, rien ne lui empêche d’installer un encart « livres sponsorisés » en haut du Top 100, à l’instar des annonces publicitaires googles, à condition de préciser que les auteurs de ces livres ont payé pour atteindre cette position. A ce moment là, l’auteur aura la même visibilité, mais le lecteur ne sera pas trompé sur la raison de sa présence ici. Et si vous trouvez cette solution moins enviable pour les auteurs, c’est que vous avez compris que la magouille Top 100 n’est pas un outil de promotion, mais bien un mensonge.

    Pour le reste, je ne remets pas en cause le choix du public mais les pratiques d’auteurs frauduleux qui profitent de la magouille pour écouler des livres écrits en quelques heures. Cela n’a plus rien à voir avec la qualité littéraire du bouquin, mais avec la qualité du produit. Pour reprendre votre exemple du box office, c’est comme si un réalisateur arrivait à faire passer un film enregistré avec un iPhone pour un blockbuster.

    @Tipram : Merci pour vos commentaires, comme toujours ! Notons simplement que l’entreprise citée précise bien ne pas vendre de faux commentaires (juste l’arrivée dans le Top 20), même si la présence de nombreux faux commentaires est évidente dans la boutique Kindle France…

    • Nous sommes tant d’éditeurs aussi valables les uns que les autres qu’avoir de la visibilité est très difficile, même si l’on est pointu.
      Pour Culture Commune, pour une visibilité à long terme, j’opte pour la qualité de mon travail (ça peut prendre un siècle 😉 et pour une visibilité à court terme, je commence juste une petite campagne de publicité sur FaceBook de quelques euros par jour.
      « Tête de Gondole » m’amuse car c’est justement le nom de la Sarl qui chapeaute Culture Commune et d’autres petites maisons d’éditions 🙂

  8. Pingback: Le top 100 d’Amazon est-il faussé ? | Paumadou

    • Bien sûr… Mais clairement pas sur ce blog. On m’accusera de vous censurer, mais je refuse simplement que le modeste public de ce blog -composé en grande partie d’écrivains- soit exposé à vos arguments publicitaires. Libre à vous de répondre sur vos propres espaces de communication. Vous devriez d’ailleurs en profiter pour répondre à Actualitté qui a, il me semble, publié un article plus chargé encore que le mien…

      • Ce n’est pas de la censure et il n’y a pas de droit de réponse qui tienne : l’article ne cite nommément personne… Pourtant, qu’est-ce que ça doit être tentant de parler de ces prestataires de services refoulés qui se prétendent éditeurs. ^^

  9. Je ne suis ni auteur ni éditeur ni arnaqueuse.
    J’ai découvert un auteur par Facebook, auto-édité Kindle uniquement.
    Il ne trouve pas d’éditeur !
    Il a diffusé aussi son livre numérique gratuitement.
    Si l’écriture a bien besoin d’une relecture humaine, il n’empêche que le livre est très bon.
    A force de garder contact avec ses lecteurs l’action de poster des commentaires allait de soi.
    Le livre a été au top 20 des Thriller pendant quelques jours. Et pourtant il n’y a pas d’arnaque.
    Mon avis de simple lectrice est que il ne faut surtout pas généraliser !
    Par contre l’arnaque dont vous parlez ne m’étonne pas du tout. Dans tous les domaines cela existe. Et il faut que cela se sache.
    Je lis beaucoup en numérique mais je n’ai pas de Kindle. Le format (moby) n’est pas prit en compte par mon reader Sony.
    Il y a beaucoup a dire sur les livres numériques …. mais ici n’est point le sujet.
    Je voulais simplement apporter mon humble témoignage.
    Fabe.

    • Merci pour votre commentaire. Votre précision est la bienvenue puisqu’elle manque dans mon article. Je ne voulais pas sous-entendre que l’essentiel du Top 100 (et encore moins l’essentiel de la boutique Amazon) était touchée, et il reste effectivement de nombreux auteurs indépendants méritants, qui font un travail de qualité. Ce que je déplore, c’est que l’attitude des magouilleurs déteindra sur ceux-là…

  10. Bravo pour cet article, qui a le mérite de ne pas pointer bêtement du doigt les auteurs auto-édités comme d’autres ne s’en privent pourtant pas. Après, il faut bien dire que ça fait un moment que les choses se passent ainsi et que tout le monde s’en fiche (cf. le scandale R.J. Ellroy, démasqué pour avoir encensé son propre livre) et qu’il n’y a guère plus que les lecteurs pour débarquer complètement vis-à-vis de ces pratiques – et encore, la plupart du temps, il ne faut pas être Columbo pour savoir qu’un ebook pue l’arnaque sur Amazon. Les auteurs, eux, sont hélas bien au fait du problème…

    • @ Ness
      Moi aussi, j’ai renoncé à signer avec un éditeur traditionnel parisien parce qu’il avait refusé de mentionner sur le contrat que deux personnes différentes effectueraient le travail de relecture/correction. Cette exigence de ma part m’avait été soufflée par l’amie éditrice qui m’avait mise en contact avec l’éditeur en question et qui connaît son laxisme à l’égard des « coquilles ».

      Tipram

      • Ah, ben tu penses, payer deux fois un correcteur… ^^ Déjà que quand ils en prennent un (ce qui n’est pas toujours le cas), ils le paient à coup de lance-pierres… (j’en sais quelque chose, je suis correctrice)

      • Je ne suis vraiment pas certain que refuser un contrat avec un editeur « classique Parisien » sous pretexte qu’il/elle a refuse de faire corriger votre manuscrit par deux personnes, soit une bonne idee. C’est meme assez etrange. Soit l’editeur est vraiment connu, et vous laisser passer l’occasion d’etre publie, soit c’est un petit editeur sans moyen, sans distributeur, et qui publie surtout « online » et dans ce cas vous imaginez certainement qu’il n’a pas suffisamment de personnel pour mettre 2 personnes sur les corrections!

  11. Merci pour cet article, qui parle enfin d’un sujet qui m’inquiète aussi depuis quelque temps. Cependant, j’ai quelques remarques/correctifs :
    Autant le titre de l’article est approprié, autant je trouve que tu tombes dans le sensationnalisme avec ton annonce sur Twitter, en qualifiant le top 100 de « vaste blague ». Dieu merci, ce n’est pas encore le cas, et on espère que ça ne le deviendra pas… :-\ J’ai un titre dans le top 100 depuis quelques jours, et c’est du 100% authentique ! Je pense que c’est encore le cas de la majorité des titres.
    Ensuite, tu confonds parfois dans ton article « top 100 » et « top 20 ». Actuellement, il suffit d’une vingtaine de ventes par jour pour intégrer le top 100 global d’Amazon (ce qui donne une idée de la taille minuscule du marché). 70 ventes en un jour, ça doit être pour accéder au top 20.
    Enfin, même si certains commentaires enthousiastes peuvent apparaître suspects à côté de commentaires très négatifs, et dans certains cas, le sont probablement, je trouve que tu généralises trop vite. Pour avoir consulté les commentaires de plusieurs livres récemment qui n’avaient rien à voir avec le top 100 français, il me semble qu’il y a toujours des avis violemment contradictoires dès qu’il y en a un minimum. Les gens ont le droit de ne pas être d’accord, d’être déçus par ce qu’une autre personne a adoré, et vice versa, sans que les opinions soient considérées fausses ou manufacturées. Je pense à Kushiel’s Dart, que je lis en ce moment : de la très bonne fantasy, à mon avis, mais que certaines personnes ont absolument détesté, y compris à cause du style d’écriture… Chacun ses goûts ! Ta façon de penser semble défendre l’idée qu’il existe une sorte de qualité objective que tout un chacun devrait pouvoir reconnaître. Rien n’est plus faux.

    • Merci pour ce commentaire, qui est comme toujours très juste. Effectivement, parler de « vaste blague » sur Twitter était un peu racoleur, et je n’ai pas assez souligné qu’il restait des auteurs et éditeurs honnêtes sur la boutique Kindle. Néanmoins, je continuerai de penser que le Top 100 est une blague jusqu’à ce qu’Amazon essaie de rectifier le tir quant à cette magouille.

      Dans une interview récente, le créateur de la fameuse entreprise dont je parle dans l’article déclarait détenir, avec les livres que son entreprise -et donc que la magouille- a propulsé : 10% du Top 100 Amazon et environ 20% du Top 20. En ajoutant à cela tous les auteurs/éditeurs qui utilisent la magouille à titre individuel, je pense qu’il est raisonnable de s’inquiéter quant à l’existence de cette astuce.

      Pour ce qui est des ventes et des Top 20/100, je me suis en effet emmêlé les pinceaux. Quand je parlais de 70 à 100 ventes, il s’agissait bien du nombre nécessaire pour arriver en Top 20. Merci pour ces infos supplémentaires ! 😉

      Je m’incline totalement face à ce que tu dis sur les commentaires. Sans parler des goûts de chacun, je sais que ma « qualité objective » se situe sur deux points : les coquilles et le rapport prix/nombre de pages. Je sais que les petits éditeurs et auteurs indépendants n’ont pas forcément les moyens de payer un correcteur, mais je ne parle pas d’un « objectif 0 coquilles », mais simplement d’un livre relu un minimum. Un livre bourré de coquilles propulsé grâce à cette magouille dans le Top 100, de même qu’un livre au rapport prix/nombre de pages excessif (2,99 pour 30 pages pour évoquer un exemple du Top 100 actuel) me donnent l’effet d’ouvrages écrits à la va vite pour encaisser rapidement le magot et partir sans demander son reste. Mais je peux me tromper.

      Si effectivement, rien ne prouve que la divergence d’opinion dans les commentaires cités dans l’article vienne de là, sache que ce sont des commentaires sur un livre qui a utilisé toutes les magouilles dont j’ai parlé. Ces gens ne sont pas des auteurs, mais des copywriters. Leur objectif est l’argent, pas les lecteurs.

  12. Bonjour,
    Je voulais juste laisser un petit message …. car en effet, je ne vois pas trop ce qui empêche un lecteur d’aller fouiller « outre » le top 100 …. pour y découvrir des ouvrages intéressants et les commenter positivement (ou non) suivant le plaisir qu’il a éprouvé à le lire !
    Rien n’oblige quiconque à acheter dans le top 100 ! C’est comme le top 50 muscial de mes 20 ans ! ;D …. je ne sais même pas si ça existe toujours ! ….. mais je ne me suis jamais sentie obligée d’écouter et d’acheter les morceaux qui y séjournaient des mois ! (dont certains sont partis aux oubliettes depuis longtemps ! )
    Et qui oblige à l’heure d’internet à hurler avec les loups, alors que les autres ouvrages sont tout autant à disposition et n’attendent que vous, lecteurs, pour être lus et connus !
    Vous êtes libres de créer votre top 100 ! selon vos goûts de lecteur.
    On peut aussi s’arrêter et acheter dans une librairie ou au rayon de son supermarché, ou ailleurs …. des ouvrages mis en avant (y compris quand ils sont mauvais ….. ou écrit par des « nègres » …. car qui croit encore que les stars écrivent eux même leur biographie). On peut se précipiter sur la vie des « people » de la téléréalité …. OU PAS !!!!
    On peut décider de choisir plutôt un ouvrage qu’on a pris le temps de dénicher au fond d’un rayon réel ou virtuel, après l’avoir feuilleté ou en avoir téléchargé l’extrait !
    Perso, j’achète dans le top 100 mais aussi régulièrement dans des ouvrages qui sont inconnus (d’auteurs contemporains ou non d’ailleurs, puisque l’on trouve quasiment tout ! j’ai ainsi eu le plaisir de relire Frédéric Mistral – certes pas un auteur inconnu, mais enfin assez peu connu du grand public). Et ce n’est qu’un exemple.
    Voilà ! Le marketing tente partout de nous orienter dans nos choix ! de nous influencer …. mais rien ne nous oblige à ne pas conserver notre propre liberté de penser ! ;D
    Quant aux commentaires négatifs ou positifs sur un même ouvrage ! Certes, on ne peut pas plaire à tout le monde. J’avoue n’avoir toujours pas lu les 50 nuances de Grey ! peut être à tort d’ailleurs ! Un soir d’orage où je n’aurais rien d’autre à faire, peut être le lirais ….. si tant est que je l’ai emprunté à ma bibliothèque (mais je ne sais même pas s’il y est ! ).
    Ce n’est d’ailleurs pas par snobisme ou dédain ! c’est juste que j’ai encore plein de livres papiers et numérique à déguster (connus et inconnus).
    Bonne soirée …. et bonnes lectures ! (et n’hésitez pas à vous faire rembourser sur Amazon si vous n’aimez pas un livre ! C’est un avantage à ne pas négliger).

    • Merci pour votre commentaire ! 🙂

      En effet, rien n’oblige à aller acheter dans le Top 100. Pour ma part, j’achète mes ebooks après en avoir entendu parler par des lecteurs ou par leurs auteurs/éditeurs, mais jamais en parcourant le catalogue. Néanmoins, utiliser le Top 100 est la manière de faire d’une grande majorité de lecteurs, et cela se comprend. Après tout, face à une catalogue de dizaines de milliers d’ebooks, le Top 100 peut être jugé comme un bon moyen de faire le tri. Ceux qui utilisent la magouille au Top 100 savent bien que la grande majorité des achats Kindle effectués sur Amazon le sont en fonction du Top 100, voilà pourquoi ils cherchent à tout prix à le manipuler : c’est la plus grosse force de ventes sur Amazon.

      Je pense qu’on pourrait comparer ça aux recherches Google. Rien ne vous empêche d’aller cliquer sur les liens présentés en deuxième, troisième ou centième page d’une recherche Google. Pourtant, il n’y a pas 10% de la population qui dépasse la première page d’une recherche.

      • Oui, on peut comparer ça à Google, sauf que ce n’est pas tout à fait pareil. Il y a sur Amazon un classement par thème et si on est intéressé par l’Histoire par exemple, on peut aller y faire un tour ! Mais bien sûr, on n’est plus là sur du grand public !
        Vous savez j’ai travaillé il y a des années en marketing …. et j’ai été très surprise de la manière dont cela fonctionne ! notamment dans les hypermarchés ….. pour être vus ! il faut payer ! on peut le regretter et le dénoncer mais c’est le cas.
        Là, certains auteurs donnent sans doute une chance à leur ouvrage d’être « vu » et consulté (en téléchargeant l’extrait). Ensuite si le livre n’est pas bon, on n’est pas obligé d’acheter. D’ailleurs si le livre est mauvais cela m’étonnerait qu’il reste en haut des ventes. Il va se prendre des commentaires incendiaires !
        Enfin, vous avez raison, il est toujours utile d’expliquer comment les choses fonctionnent. Mais relativisons ! il s’agit souvent d’un ebook à 0,99 € ou 2,99 ! pas d’une voiture à plus de 10 000 euros.

      • Merci de votre commentaire. Le moteur de recherche de livres Amazon a beaucoup à voir avec Google. Sur Google aussi, certaines recherches ne sont pas « grand public », et il est plus facile de s’y référencer, mais je m’éloigne du sujet.

        Comme je l’ai indiqué dans mon billet suivant, ce n’est pas le fait de payer qui me choque ici, mais la méthode (à savoir la manipulation du Top 100). Pour reprendre votre exemple, rien n’empêche à un industriel alimentaire de payer pour un placement en grande surface. En revanche, s’il indique une information mensongère sur son produit (par exemple : « Le meilleur [produit] du marché ! »), cela me dérange… Figurez-vous que derrière mes airs d’auteur naïf, je sors tout juste d’une école de commerce, si bien que je connais moi aussi le terme « marketing ».

        Nous n’avons clairement pas la même opinion sur ce service, et peut-être est-ce une obstination de ma part. Bien sûr, le lecteur n’est jamais obligé d’acheter, mais il n’est pas non plus censé deviner qu’un mauvais livre se cache dans le soi-disant « meilleur du meilleur ». Certes, un ebook à 2,99€, ce n’est pas la fin du monde, mais comme on le dit si bien « qui vole un œuf… ». Si cette méthode ne vous indigne pas sur un produit peu coûteux, j’espère qu’elle ne vous indignerait pas non plus sur un produit à 10 000 euros. Le contraire serait une preuve de malhonnêteté intellectuelle.

    • Exactement. Puisque les librairies « physiques » et les livres papier sont appeles a disparaitre, il sera de plus en plus difficile de feuilleter un roman avant de l’acheter pour verifier qu’il en vaut la peine. Aujourd’hui il existe plsuieurs millions d’ebooks simplement en francais, ce qui signifie qu’il est quasiment impossible de vendre son livre sans une astuce marketing. Les contre exemples sont rares, ou bien ce sont simplement des versions ebooks de roamns qui sont eja des best sellers papiers. Mais quel est l’alternative? Aujourd’hui aux USA un auteurs peut « outsourcer » ses livres. C’est a dire qu’il achete 20 livres sur un meme sujet (ou des sujets similaires) qui est un sujet « hot » a ce moment (par exemple: 52 facons de gagner £10000 par mois avec KDP). Ce sont des ebooks de 20-30 pages max, qui sont ecrits sur le meme modele, et achetes a des « ecrivains » fantomes pour $10-20. L' »auteur » qui les achete les revend ensuite sur Amazon (parce que d’une facon ou d’une autre il a deja quelques « fans » de base), puis surtout, revend une methode pour faire la meme chose. Cela semble tres vendance en ce moment, et c’est parfaitement legal. Les revenus par livres ne sont pas mirobolants, mais avec 20 ou 50 livres vendus en meme temps (sous parfois des pseudonymes) cela revient a un bon salaire mensuel.

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  14. Pingback: Vrais ou faux lecteurs : quel positionnement d’auteur avoir sur le top des ventes ? | Paumadou

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  16. Bravo pour l’article, aussi solide en argumentation qu’agréable à lire.
    Dès qu’on m’avait demandé (voici 4 ou 5 ans) si je voyais une « magnifique opportunité » dans le développement du numérique pour les auteurs, j’avais répondu qu’il s’agirait probablement d’une grande foire à tout dont il serait très difficile de faire émerger – pour chaque lecteur et selon son goût – les livres vraiment intéressants. Je n’avais pas imaginé l’explosion des magouilles alors que tout pourtant le laissait prévoir.
    Le modèle économique du numérique est donc encore à mettre en place, sans chercher à copier le modèle de l’économie réelle. Il me semble que des systèmes d’affectation volontaire d’une portion de taxe par chaque internaute « consommant » du contenu – du type Flattr (ici : http://flattr.com/) – permettrait à terme de lisser les effets pervers des magouilleurs. C’est une question politique d’organisation du Net, qu’il revient à chacun de défendre.
    En attendant, « L’Abri des regards » et « Aria des Brumes » (cherchez, vous trouverez) sont toujours en lecture gratuite, sans passer par Amazon. Rien d’autre à gagner que du plaisir partagé.

  17. Si je partage généralement votre avis sur ces systèmes, deux bémols :
    – je ne pense pas qu’Amazon ait intérêt au développement de ces systèmes de propulsion des ventes. Pour chaque livre « injustement » propulsé dans le top 100, il y a une ribambelle de clients frustrés qui ne feront plus confiance à ce classement à l’avenir. Garder la confiance de ses clients est un enjeu majeur pour Amazon, et elle le prouve avec sa censure des commentaires par exemple. Sur le long terme, Amazon a plus à perdre qu’à gagner avec de tels stratagèmes
    – accéder au top 100 n’est pas très compliqué (aujourd’hui), y rester est un tout autre défi. MyKindez (pour ne pas le nommer) peut se vanter d’être une rampe (qui ne sera bientôt plus accessiblee qu’à des auteurs fortunés), mais elle joue sur la naïveté d’auteurs qui pensent que cette visibilité artificielle donnera enfin à leur livre la reconnaissance qu’il mérite.MyKindex vend un peu de rêve, et pour pas si cher, et parfois (rarement) ça donne des résultats. Si on les condamne, autant condamner la Française des jeux en même temps 🙂

    • Merci pour votre commentaire. Je partage votre avis sur Amazon. A long terme, ils n’ont pas intérêt à laisser leur Top 100 squatté par de mauvais livres, d’où le besoin pour eux d’intervenir.

      Pour ce qui est du deuxième point, ma position reste ferme. J’irai plus loin que vous en disant que l’entreprise en question joue sur la vanité des auteurs, et non leur naïveté. Ce discours est vieux comme le monde, et a permis d’arnaquer des centaines d’auteurs trop sûrs de leurs œuvres, que ce soit par l’édition à compte d’auteur ou par tout autre moyen. Très franchement, je suis à moitié sûr que leur service donne des résultats plus souvent que vous ne le pensez, même si ces résultats risquent d’être de moins en moins bons sur le long terme, et le service de plus en plus couteux.

      Cette entreprise aura eu le mérite de faire penser à certains auteurs que cette visibilité artificielle est une preuve de succès, et les aura rendu ravis d’engraisser quelqu’un de plus malin qu’eux. Pour le reste, je suis persuadé que tous les articles qui critiquent le service en question, celui-ci y compris, ont poussé certains auteurs à l’essayer. A chacun de prendre ses responsabilités.

  18. Article très complet et détaillé auquel il faut que je réponde franchement.
    Je suis auteur autoédité et j’ai songé à utiliser ce service. Je ne l’ai cependant pas encore fait.
    Comprenez une chose. La visibilité est extrêmement difficile à obtenir sur le net. Les grosses maisons d’édition se contentent souvent de traduire les succès américains et inondent le marché avec. Pourriez-vous me citer de nombreux auteur de fantasy en France? Vous n’allez pas me faire croire qu’avec le passé de notre pays, nos régions et nos légendes, les écrivains français ne peuvent pas écrire l’imaginaire.
    Je comprend que l’autoédition n’ait pas bonne presse. Lorsqu’on est trompé sur la marchandise, on est furieux et rancunier. Cependant, j’ai lu des best-sellers qui ne marchaient que grâce au nom de l’auteur. à la lecture, je me sentais également trompé.
    Comment peuvent donc faire les jeunes talents français qui ne souhaitent pas se faire voler par les maisons d’édition. Voler ! le terme est dur, c’est vrai. mais songez qu’en France, les banques ont le pouvoir et nous avons l’argent. Ici, c’est identique : les maisons d’édition ont le pouvoir et ce sont pourtant les auteurs qui ont le talent.
    ces grosses maisons dominent le marché et beaucoup leurs obéissent, car leur réseau est vaste. Essayez de laisser simplement votre livre en dépôt vente dans l’espace culturel d’une grande surface ou demandez à ce qu’on vous intéresse à vous pour un salon. j’en ai fait la demande, ils n’ont même pas daigné me répondre. Pourtant, je fais partie d’une association d’écrivains et si vous taper mon nom sur le net, vous trouver articles de presse, blog professionnel…
    Les Français se plaignent que les politiciens crachent sur le peuple, mais dès que le peuple tente de reprendre un peu le pouvoir (comme nous avec l’édition), tout le monde se casse, préférant suivre les plus forts. Un senteur de lâcheté plane malheureusement dans les rangs et ce n’est visiblement pas prêt de changer.

    Pour finir, si mykindex truque un peu la donne, un mauvais livre redescendra rapidement alors qu’un vrai bon roman restera en tête.

    • Merci pour votre commentaire, Romain. Votre franchise est tout à votre honneur, et j’ai bien conscience que le service est vraiment attractif pour un auteur. D’ailleurs, Amazon est plus à blâmer qu’un autre dans cette histoire. Néanmoins, le choix de l’autoédition est un choix « risqué », et les auteurs doivent bien comprendre qu’il est aussi difficile de devenir un auteur indépendant best-seller que d’être signé chez Gallimard.

      Il me paraît incohérent de faire le choix audacieux de l’autoédition et de se plaindre de ne pas avoir la force de frappe d’un gros éditeur. Dès lors, on peut se dire que l’éditeur ne « vole » pas l’auteur dans le sens où il lui fait justement profiter de son vaste réseau. La question est de savoir si on préfère faire quelques dizaines de ventes en étant rémunéré à 70% ou quelques milliers en étant rémunéré à 10%. Vouloir la force de frappe de l’éditeur et la rémunération de l’auto-éditeur, c’est réclamer le beurre et l’argent du beurre.

      Je trouve personnellement que le côté « auteur indépendant contre les méchantes pratiques des grands éditeurs » a ses limites, notamment quand les auteurs indépendants utilisent des pratiques aussi peu louables que celles des éditeurs mais utilisent leur statut de « petit » pour justifier cela. Au final, entre le livre de Nabilla propulsé grâce au nom d’une célébrité éphémère ou le livre d’un indépendant propulsé grâce à une manipulation des Top, je ne vois pas vraiment la différence. Au moins, le livre de Nabilla aura été relu, corrigé et mis en page…

      Cette pratique n’aura finalement pour seul intérêt que de décrédibiliser définitivement le travail des auteurs auto-édités, bons ou mauvais, et ne me paraît en rien similaire à une lutte démocratique contre les monopoles.

    • PS : Ma réaction à votre commentaire peut paraître sévère, mais ne la prenez pas pour vous. Il s’agit simplement de mon avis personnel et je ne veux pas me placer en moralisateur. A chacun, lecteur, auteur et éditeur, de se faire son propre avis sur la question et je conçois tout à fait votre point de vue. Je comprends aussi que votre point de vue, tout comme le mien, est ferme et définitif.

      J’ai simplement tenu, avec ces deux articles, à donner mon avis personnel sur ce sujet en laissant à chacun le soin de réagir comme bon lui semble. Je n’ai aucune intention de polémiquer des années sur ce sujet, ce pourquoi je me suis contenté ici de deux articles, ce qui est déjà énorme. Merci encore d’avoir pris le temps de laisser un commentaire ici.

    • Bah, faut se bouger le derche.

      L’auteur qui d’autopublie et qui va ensuite se plaindre de la difficulté d’obtenir une visibilité, c’est déjà pas cohérent à la base… Quand on sait que sur le marché américain, où les autopubliés sont des professionnels, la règle dit qu’il faut construire sa visibilité sur le long terme, avec plusieurs bouquins.

      Pire encore, t’as des auteurs qui viennent de s’autopublier ou de publier en numérique et qui pensent que la visibilité leur est due. À quel titre exactement ? Quand j’ouvre une boîte, je ne vais pas exiger qu’on parle de cette boîte que je sache, je vais me bouger pour la faire connaître, je n’ai pas à exiger le droit que des clients viennent se renseigner et signer des contrats.

      Pour ce qui est de la comparaison « gros éditeurs vs autopubliés », j’oserais personnellement parler d’arnaque intellectuelle.

      Comment font les petits éditeurs pour survivre ?
      Comment se fait-il que les éditeurs, dans leur ensemble, publient de moins en moins de premiers romans ?
      Savez-vous ce qu’un auteur vend en moyenne en France ?
      Comment se fait-il que des auteurs signés par des gros éditeurs sont en galère de visibilité, comme n’importe quel autopublié ?
      Pourquoi des auteurs américains se sont ils autopubliés parce Ue leur éditeur n’arrivait pas lui offrir une visibilité suffisante ?

      C’est bien, les autopubliés découvrent le monde de l’édition, totalement saturé, pas rentable du tout, financé par l’État et même pas bien bankable niveau promo/médias une fois qu’on sort d’un cercle de 10 auteurs.

      Du coup, cette comparaison David contre Goliath pourrie, elle m’énerve beaucoup, et elle est le signe, pour moi, que l’auteur est un grand rêveur qui se retrouve là parce qu’écrire des bouquins, ça donne un certain cachet bourgeois.

      Faudrait déjà s’estimer heureux de voir que n’importe qui peut publier aujourd’hui vu qu’à une époque, c’était la prérogative des enfants de bonne famille. Alors la visibilité. Va falloir se bouger aussi un peu les mecs, et sans tromper les lecteurs comme avec les « services » comme myFuckex.

  19. Etant éditeur numérique, je ne peux qu’approuver cet article. En effet, les « petits éditeurs » comme dit dans l’article on beaucoup de mal face à ce système. A savoir qu’Amazon, sans notre bon vouloir, constitue une très grosse partie de notre chiffre d’affaire. Faire connaître un auteur demande énormément de temps, de chance et d’investissement et je connais plusieurs confrères qui sont tentés de se laisser séduire par ce système. La fameuse entreprise, tout le monde la connait dans le milieu, mais, heureusement, la majorité d’entre nous incendie directement le premier éditeur à en parler.

    Mais d’un autre côté, c’est le jeu. Le but de tout un chacun, sur kindle, est de faire de l’argent. Pour nous, éditeurs, c’est notre gagne pain. Les parades sont nombreuses, mais demandent énormément d’investissement. Et je pense, en toute honnêteté, que ce système perdurera et que, tant que les sites marchands comme Amazon (ou encore Kobo), ne permettront pas des propositions explicites et des contrôles approfondis de la qualité, ce système deviendra de plus en plus lucratif.

  20. Pingback: Que penser des auto-édités ? | La Bauge littéraire

  21. Très bon article…Etant auto éditeur moi même (Gortan Narog sur Amazon) , je suis très sensible au sujet et comme beaucoup de mes confrères, j’ai du mal à me faire connaitre. Après le problème est vieux comme le monde : on peut avoir le meilleur livre du monde si personne n’est au courant, il ne sert à rien. La communication est essentielle et au centre de tout. Les auto édités doivent passer 80 % de leur temps à communiquer sur leurs écrits et 20 % à écrire (citation d’une auteur auto édité américaine qui a réussit et dont j’ai oublié le nom).

    Après, aucun système est infaillible et qui des auto édités ne rêvent pas de vivre de sa plume ? Pour arriver à ce but précis, certains sont prêt à tout… Je ne vais pas faire de la philosophie de bas étage, en déclarant haut et fort que « le monde est ainsi » (ha si je l’ai fait) et prendre pour exemple le jeune marseillais mort poignardé pour son portable…Enfin, vous m’avez compris, l’argent domine tout.

    Cette affaire de fausses ventes et faux commentaires rappellent tout simplement les fausses vues sur Youtube. Il y a des sociétés à qui vous pouvez acheter des milliers de vues voir des millions, sans parler des likes et commentaires (et dois je préciser que certains artistes confirmés ont recours à ce genre de pratique ?)

    C’est juste de l’opportunisme, certes déplacé mais pas besoin de condamner tous les auto édités et les mettre dans un même panier. Comme vous dites, à qui profite le crime ? Amazon probablement mais je vois pas comment il pourrait faire agir à ce niveau et surtout je ne crois pas qu’ils veulent le faire….

  22. Je relance un petit peu le sujet, car si je me plains de la visibilité, je ne m’attends pas à ce qu’on fasse tout le travail pour moi. Je comprends tout à fait Danilo et Pierrick Messien. Entendre des auteurs autoédités se plaindre alors qu’ils se contentent juste de publier leur livre sur Amazon, ça m’énerve également énormément.
    J’aurais du préciser que je parlais des auteurs qui se bougeait justement le derche.
    J’ai participé à un salon ce week-end où les auteurs édités gagnaient 0,90€ par livre vendu alors que j’en gagnais 8 avec un livre bien moins cher à la vente.
    Quand un autoédité se donne les moyens, il peut y arriver sans tomber dans des pratiques peu correctes, comme le font certains à se commenter mutuellement avec des 5 étoiles sur Amazon.

    Malgré tout, je constate que la plupart des salons, blogs, sites…ne prennent même pas une minute pour répondre aux mails. C’est plus cette indifférence et ce manque d’ouverture qui chagrinent. Après, je dois reconnaître que je suis d’accord avec ce qui était dit plus haut à savoir qu’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

    Il faut bien garder à l’esprit que l’écriture reste une passion et rarement un métier à temps plein.

    • Merci pour votre commentaire. Effectivement, il faut garder à l’esprit que les auteurs à vivre de leur art sont rares, même parmi ceux édités chez les plus reconnus. En soit, l’auto-édition, et notamment numérique, peut être un moyen de gagner plus d’argent que chez un éditeur, mais offre rarement l’occasion d’en vivre ! Le problème est toujours le même : on entend davantage parler de LA success story plutôt que des milliers de « casual stories » ! 🙂

  23. Pour la qualité de l’article (et tout ce qu’on y découvre, bon en même temps, le ton et le style de certains commentaires sur Amazon sont à se plier quand même tant la ficelle est énorme, du genre je fais l’éloge l’air de rien car je suis un lecteur authentique si si absolument même si je pousse à l’achat aussi discrètement qu’un supporter du PSG au volant d’un bulldozer), mais aussi pour la tenue du débat et toutes les infos qu’on y trouve, j’ai partagé cet article sur mon blog. Merci à vous (tous), et bonne continuation.

      • Bonjour.
        Heureusement , je n’avais pas lu tous ces commentaires avant de publier mon dernier manuscrit sur Amazon Kindle.
        Comme lancement, j’ai eu deux amis qui ont beaucoup aimé mon histoire et qui ont eu la gentillesse de mettre un commentaire positif.
        J’ai commandé 2 livres. Un pour ma kindle afin de vérifier la présentation et un pour le kindle de ma femme (qui n’a toujours pas lu le livre… Ouf!)
        Quatre mois ont passé et je ne regardais pas les ventes.
        Et puis, un jour, ma femme m’a dit qu’elle avait reçu un chèque de 100 €.
        Ce fut le commencement.
        Mon livre est désormais dans le top100 de sa catégorie.
        Ceci pour dire que parfois la chance est avec nous.

        Par contre, le livre oscille entre la 9ème et la 45ème place presque du jour au lendemain. Comment est ce possible?
        Comme si l’analyse des ventes se limitait aux dernières 24h
        Pouvez vous m’éclairer à ce sujet?

      • Bonjour Curelli,

        Et merci pour ce petit retour d’expérience, très intéressant.

        Concernant le classement du livre, il évolue plus rapidement dans les sous-catégories que dans le Top 100 général. Et pour cause, il y a parfois très peu d’écart (en nombre de ventes) entre deux livres au classement. Comme le classement est mis à jour toutes les heures (je pense), quelques ventes à peine peuvent complètement changer les places. D’où ce petit jeu des chaises musicales ! 😉

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