10 conseils pour terminer un roman

L’écriture d’un roman est une tâche de longue haleine. Il faut avoir une idée, broder une histoire tout autour, mais aussi et surtout la rédiger de long en large. Et c’est souvent là que nous pêchons.

Les premières pages s’écrivent au fil de la pensée, on parvient à aligner les chapitres, jusqu’à ce jour où la motivation baisse, où le roman ne semble plus aussi prometteur que dans notre tête, où nos autres projets de romans nous paraissent infiniment plus brillants et porteurs de sens… et où la rédaction s’arrête.

Ce roman sur lequel nous avons passé tant d’heures retourne à l’état de vague projet, relégué aux oubliettes, tandis que de nouveaux projets viennent fleurir. Jusqu’au jour où, à force d’accumuler ces projets inachevés, on se pose enfin la question fatidique : comment puis-je terminer mes romans ?

Finir un roman : plus difficile à faire qu’à dire

Cela faisait un (long) moment que j’avais en partie déserté ce blog. En partie uniquement, puisque grâce à la magie de Google, de nouveaux lecteurs continuaient d’affluer et d’y déposer leurs commentaires à intervalles réguliers, et que je me faisais bien entendu un plaisir d’y répondre.

Il m’a donc paru intéressant d’axer mon « retour » ici en répondant à une question qui m’a récemment été posée : « comment terminer mes histoires ? ».

Et pour répondre à cette question, il me paraît intéressant de définir en premier lieu les principales barrières qui peuvent empêcher à un auteur d’avancer sur ses projets d’écriture :

  • Citons en premier lieu le temps. L’écriture d’un roman, ça prend du temps. Et moi qui n’ai pas rédigé une seule ligne de fiction depuis des mois, je peux vous dire que ce temps peut être difficile à trouver (ou plus honnêtement, qu’il peut être difficile de se forcer à consacrer son temps à un tel projet).
  • En second lieu, j’avancerais la lassitude. Passer des heures et des heures sur le même roman peut s’avérer lassant, en particulier si on n’a pas l’impression d’avancer. On peut alors être tenté de commencer quelque chose de différent : un projet qui serait plus rapide, plus intéressant, plus neuf…
  • Il ne faut pas non plus négliger l’impact du doute dans l’activité d’un auteur. Dans votre tête, l’idée paraissait formidable, mais vous avez l’impression de passer à côté, de ne pas être assez bon(ne) pour la traiter comme elle le mérite. Dans le pire des cas, cette idée géniale des départs peut désormais vous paraître passable, voire mauvaise.

Je suppose bien entendu qu’il doit exister une multitude d’autres raisons (que vous pouvez tout à fait citer dans les commentaires de cet article si cela vous intéresse), mais ces trois là me paraissent assez fondamentales et universelles.

Elles ont par ailleurs le mérite de se marier habilement : si j’ai peu de temps à consacrer à l’écriture, je ne vais pas le gâcher sur un roman qui ne me paraît plus si intéressant. Si l’écriture prend du temps, je ne vais pas le passer sur un projet qui ne suscite plus mon intérêt depuis des semaines… Et ainsi de suite.

Finir l'écriture d'un roman

Terminer un roman peut ressembler à un vrai parcours du combattant !

10 conseils pour terminer l’écriture d’un livre

Au risque de dénoncer une évidence, terminer un livre n’a rien de facile. Si le temps, le doute et la lassitude sont vos ennemis, vous allez donc avoir besoin d’implication, de confiance en vous et d’obstination pour mener à bien cette tâche.

Comme un peu d’organisation et de bon sens ne seront pas forcément néfastes à votre productivité, j’ai réuni ici quelques conseils qui peuvent vous aider à terminer enfin un premier roman, et à le marquer fièrement de son point final :

1) Travailler sur de courts projets

Pour commencer, et si nous trichions un peu ? Mon premier conseil pour réussir à terminer un livre rapidement est tout simplement d’écrire des romans courts.

Comme dirait le grand proverbe (que je viens d’inventer) : « si tu veux arriver vite, ne va pas loin. ». Il faut bien comprendre que plus votre projet est ambitieux, et moins il y a de chances pour que vous ne le finalisiez.

Si votre objectif premier est de finir l’écriture d’un livre, je vous conseille donc de vous atteler à l’écriture d’une nouvelle ou d’une novella, en travaillant sur une histoire simple, avec peu de personnages.

Certes, se forcer à écrire un roman court peut ressembler à de la fraude, mais c’est aussi une manière de vous entraîner à l’écriture d’un livre plus long, et d’augmenter progressivement la longueur et l’intensité de vos projets.

Croyez bien que Michel-Ange a dû faire pas mal de gribouillis à droite à gauche avant de s’attaquer au plafond de la chapelle Sixtine.

Un mini roman sera plus simple à terminer qu’une saga en 12 tomes !

2) Bien préparer l’écriture du roman

Seconde astuce, moins fourbe, pour terminer vos romans : préparez-les ! Plus vous avez une image précise du déroulement du récit, et mieux vous serez en mesure de finaliser votre texte.

Si vous écrivez les premières scènes d’un roman sans même savoir vers quoi il se dirige et comment il se terminera, il y a des chances pour que vous n’alliez nulle part. Au contraire, avoir une idée claire de la destination des personnages vous aidera forcément à aller plus loin.

Je ne dis pas forcément ici que vous devez préparer scrupuleusement chaque parcelle de votre futur récit, ou planifier sa rédaction des années en avance (sauf si c’est votre manière de travailler), mais simplement de bien penser votre roman avant d’en entamer la rédaction.

Il est certain que vous aurez plus de facilité à abandonner en route un début de roman gribouillé pour tuer le temps plutôt qu’un texte dont le scénario a été mûrement réfléchi depuis des semaines.

3) Donner un sens à votre roman

En relation directe avec le point précédent, je vous conseillerai également de donner un sens personnel à votre projet.

S’il est bon de connaître la destination vers laquelle se rendent vos personnages, il est aussi intéressant de déterminer votre propre but, en tant qu’auteur. Quel est le sens de votre texte ? Quel message cherchez-vous à faire passer ? Pourquoi écrivez-vous ce roman ?

L’intérêt de chercher un sens à votre projet est que vous allez mieux pouvoir vous l’attribuer, et lui offrir un plus grand intérêt à vos yeux. Il ne s’agit plus, par exemple, d’écrire une banale histoire d’amour, mais d’écrire une histoire d’amour telle que vous la conceptualisez, loin des clichés de roman à l’eau de rose.

Ce sens personnel que vous attribuez à votre projet peut vous aider à ne pas l’abandonner en cours de route. Quand vous commencerez à douter de votre projet, vous ne penserez pas « à quoi bon, tout le monde a déjà écrit cette histoire ! », mais plutôt « non, je dois m’en tenir à mon projet et exprimer ce que je voulais exprimer !».

4) Se donner des objectifs

Le meilleur moyen de ne pas se perdre durant un long voyage est de suivre des repères réguliers. Vous fixer certains objectifs peut être une bonne manière de vous pousser à avancer.

Vous pouvez par exemple vous fixer l’objectif d’un chapitre par mois, d’une page par jour, d’un roman par semestre… ou que sais-je encore !

Ne vous y trompez pas : je ne dis pas forcément qu’il faut respecter ces objectifs à 100 %, puisqu’il y a des chances que vous soyez trop pressé(e) ou trop ambitieux au moment de les fixer… mais même des objectifs non atteints peuvent vous aider à mieux jalonner votre parcours !

Vous fixer un objectif clair et mesurable facilitera grandement votre avancée !

5) Écrire de manière régulière

En parallèle du point précédent, il paraît essentiel de se forcer à écrire de manière régulière. Travailler régulièrement sur un projet reste le meilleur moyen de ne pas l’abandonner en cours de route.

En effet, la lassitude de l’écriture vient souvent du fait que les résultats tardent à venir. Or, moins on écrit, et moins les résultats sont évidents. Vous vous retrouvez donc dans une situation où vous avez l’impression que votre projet est interminable, alors que c’est tout simplement vous qui ne lui accordez pas assez de votre temps.

En parallèle de ce fait, vous avez plus de chances à abandonner un projet si vous en avez perdu le fil. Si vous écrivez toutes les deux semaines, ou à une fréquence encore moindre, vous allez perdre à chaque fois de précieuses dizaines de minutes à essayer de vous remettre dans le bain, à vous rappeler où vous en étiez et où en étaient vos personnages.

Si vous tardez trop à reprendre votre ouvrage, il faudra peut-être le relire intégralement pour que vous puissiez vous y remettre dans les bonnes conditions, ce qui peut tout simplement vous décourager de le continuer.

6) Ne pas travailler sur plusieurs projets à la fois

Toujours en continuité des conseils précédents, il est recommandé de focaliser toute votre attention sur un seul et même projet.

Comme tout conseil donné sur ce site, il s’agit d’une suggestion, pas d’un ordre. Je suis persuadé que certains auteurs se débrouillent très bien à jongler entre les projets. Cependant, force est de constater que plus vous aurez de projets en cours, et plus vous mettrez de temps à en terminer un.

Par ailleurs, chaque nouveau projet sera un obstacle ou une tentation de plus qui pourrait vous empêcher de terminer les précédents.

7) Avoir confiance en son projet

J’aurais pu aussi appeler ce point « balayez vos doutes ! ». Nous avons vu que l’écriture d’un livre est une activité qui peut laisser une large place au doute.

Mieux vaut donc d’entrée de jeu avoir la plus grande confiance possible dans votre projet. Si avant même de débuter l’écriture, vous n’êtes pas sûr de votre idée ou de votre scénario, réfléchissez-y plus en détail pour être certain de la qualité du projet.

Une fois le texte lancé, tâchez de garder cette confiance et de ne pas flancher. Si vous vous surprenez à vous dire que telle ou telle partie vous semble peu cohérente ou avait l’air plus intéressante dans votre tête, faites taire vos doutes !

Cela ne veut pas dire que vous ne devez avoir aucun recul critique sur vos textes, mais simplement qu’il ne faut pas que le manque de confiance vous empêche d’écrire. Il sera toujours le temps de fignoler les détails à la relecture/réécriture, une fois le texte terminé.

8) Ne pas se mettre inutilement la pression

Une bonne manière de limiter vos doutes et de ne pas subir de blocage à l’écriture est tout simplement de minimiser les enjeux.

Au risque de paraître un peu cru, le roman sur lequel vous travaillez actuellement n’est probablement pas votre chef d’oeuvre. Il y a des chances pour que le prochain soit meilleur, et celui d’après meilleur encore… et ainsi de suite !

Il n’y a donc pas à avoir d’angoisse au moment de l’écrire, ni à chercher un perfectionnisme absolu, qui pourrait vous empêcher de lui accoler un point final. Vous n’écrivez pas le roman de votre vie, juste un roman… et c’est déjà très bien !

9) Ne pas corriger le roman en cours de route

Vous aurez compris que le perfectionnisme n’est pas le meilleur ami à avoir quand on souhaite boucler son roman. Vous êtes perfectionniste dans l’âme ? Dites-vous bien que vous aurez tout le temps de devenir tatillon quand sera venu le moment de corriger votre texte.

Mais avant de l’avoir terminé, il est inutile de chercher à entamer sa correction, et encore moins sa réécriture. Je suis persuadé que la plupart des auteurs célèbres sont tentés de réécrire leurs livres publiés lorsqu’ils les relisent, ou si on les forçait à les relire.

Et pour cause, un roman ne sera jamais parfait, et il n’y a aucunes limites aux petites retouches qu’on peut lui faire ! Dès lors, chercher à entamer la correction d’un projet qui n’est même pas terminé sera toujours contre-productif.

Cela ne fera que retarder l’avancée de l’ouvrage, et double les chances que vous abandonniez le texte en cours de route.

Correction d'un roman

Ne faites pas l’erreur de vouloir corriger un roman qui n’est pas encore terminé !

10) Se forcer (un peu) face à la page blanche

Un dernier conseil pour la route ? Ne vous laisser jamais intimider par une page blanche ! Si vous prenez le temps de bien planifier le synopsis de votre roman, et réfléchissez fréquemment au déroulement de l’intrigue, les risques de page blanche seront probablement réduits…

Mais comme un auteur n’est jamais à l’abri d’une panne d’inspiration, il convient de tout faire pour que la page blanche ne devienne pas un frein !

Plutôt que de réfléchir plusieurs semaines à la suite de l’intrigue sans écrire une ligne, forcez-vous ! Faites survenir un élément inattendu (accident, nouveau personnage, révélation inattendue,…) qui pourrait pousser vos personnages à se bouger, ou l’intrigue à avancer.

Dans le pire des cas, le roman paraîtra un peu tarabiscoté à certains endroits, ce qu’une bonne relecture ne manquera pas de corriger. Dans le meilleur des cas, votre intrigue n’en paraîtra que plus naturelle et surprenante.

Angoise de la page blanche

Le manque d’inspiration ne doit pas bloquer l’avancée de votre projet…

Faut-il vraiment finir ses romans ?

Pour conclure sur ce point, il paraît intéressant de se poser la question : « mais est-ce que finir mon roman en vaut vraiment la peine ? ».

Si vous lisez cet article, il y a des chances pour que, comme tout auteur qui se respecte, vous aviez accumulé un bon nombre de projets inachevés. Il paraît dès lors essentiel de bien gérer vos projets d’écriture et de déterminer lesquels vaillent la peine, ou non, d’être finalisés.

Il faut bien comprendre que vous n’avez pas forcément vocation à terminer les romans que vous avez entamés. Écrire le début d’un roman de 100 pages et s’arrêter là ne doit pas nécessairement être considéré comme une perte de temps ou un échec.

Après tout, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, et croyez bien que n’importe quel forgeron a probablement jeté nombre d’épées complètement tordues ou des boucliers trop fins de sa création dans ses premières années d’activité !

Au fil de l’écriture des pages de votre projet inachevé, vous vous êtes forcément amélioré dans votre écriture. Vous en avez appris un peu plus sur vous, et fait des erreurs qui vous aideront à progresser pour vos prochains projets. Le temps passé à écrire n’est donc jamais perdu !

Mais si l’un de ces projets inachevés vous titille, et que vous y repensez régulièrement, c’est peut-être le moment de vous atteler à nouveau à la tâche…

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13 réflexions sur “10 conseils pour terminer un roman

  1. Bonjour à tous

    « L’angoisse de la page finale »
    Ce problème se pose quand on écrit en commençant par le début et en finissant par la fin.
    Or plus on avance, plus la structure de l’œuvre se consolide. Trouver une fin devient une contrainte.
    Si au lieu d’écrire du début vers la fin on écrivait en commençant par une ébauche de la totalité et en ajoutant des détails au fur et à mesure (du général au particulier), la tâche devient plus simple et le livre prend plus de cohérence, car le style risque d’évoluer avec son auteur si l’ouvrage prend plusieurs mois.
    De cette façon l’angoisse de la page blanche disparait, parce que l’auteur commence avec une idée génératrice.
    Je donne comme exemple « Google démocratie » de Laurent Alexandre qui donne l’impression d’être commencé par étudiant coréen à l’Alliance française et se termine dans un style plus raffiné.
    C’est parce l’auteur à écrit son livre en suivant la chronologie et ça lui a pris assez longtemps pour évoluer dans son écriture.
    A reflechir
    Sylvain

    • Quand on y pense, 6 mois, ce n’est pas si long… Combien d’auteurs mettent des années avant de terminer leur livre ? Si vous pensez que votre manuscrit gagne à être écrit, je vous souhaite de reprendre rapidement son écriture. Dans le cas contraire, pourquoi ne pas en commencer un autre ? Courage pour tous vos projets ! 😉

  2. Bonsoir, tout d’abord votre article est très bien rédigé et aide beaucoup ! Le syndrome de la page blanche est ce qui me bloque le plus dans la poursuite de mon roman, je suis également très perfectionniste ce qui n’aide pas.. j’ai déjà réécris plusieurs fois mon « oeuvre » sans jamais l’avoir terminée (toujours du à mon « perfectionnisme »). La fin et la trame principale reste toujours les mêmes mais mes « pics » de créativités sont de plus en plus rares et de plus en plus éloignés. Je suis décourager bien que je veuille poursuivre son écriture et enfin l’achever !
    Merci pour vos conseils je tâcherais de les appliquer et de me remettre dès que possible au boulot !

    • Merci pour votre commentaire ! 🙂 Ravi s’il a pu vous aider à avancer, ne serait-ce qu’un minimum. Mon conseil serait vraiment de vous « forcer » à terminer le roman, même si vous trouvez que ce que vous écrivez est nul. Vous aurez toujours l’occasion de tout peaufiner lors de la correction. Je vous souhaite de terminer votre roman le plus vite possible ! 😉

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